Dimanche 4 janvier 2026
Le jour entre les jours
Contacts successifs #136

Dans la résille du rêve

Un rêve est une réponse à une question qu’on ne se pose pas encore, et je le comprends trop tard, toujours trop tard, quand je me réveille avec cette sensation de réponse perçue avant de la comprendre, une évidence sans formulation, quelque chose qui a parlé avant moi, à ma place, pendant que je dormais, et je cherche la question en marchant, en parlant, en regardant les visages croisés en chemin, mais elle se dérobe, elle reste en arrière, comme un mot oublié au bord de la langue, et pourtant la réponse insiste, elle pèse, elle éclaire sans élucider, elle agit comme une direction sans panneau, et je vis avec elle, je la transporte, je m’y conforme peut-être, sans le savoir, car le rêve n’explique rien, il déplace, il ouvre une brèche, il dépose une forme dans l’obscurité, et c’est à moi, plus tard, beaucoup plus tard, de découvrir la question qui justifiait cette forme, si jamais je la découvre.

Place Rhin-et-Danube, Paris 19ème, 26 décembre 2025

Et devenir ce qui advient

Demander au téléphone à quelqu’un d’entrer dans son ordinateur pour ajouter un fichier sur un article publié dans un autre site que le sien. Ainsi, on n’a pas accès à distance à ce fichier, le document manquant se trouvant dans la mémoire de notre ordinateur et que, de là où l’on se trouve, au travail, on n’y a pas accès. En indiquant le chemin à suivre le plus précisément possible (ouvrir l’ordinateur, se rendre sur le site en question, retrouver l’article, y ajouter le fichier sonore en parcourant les dossiers sur le bureau de l’ordinateur, et l’ajouter à l’article avant d’enregistrer ce dernier. Se concentrer afin de décrire le plus précisément possible le chemin à suivre pour parvenir à réaliser cette opération que nous faisons habituellement, les yeux fermés, pour que la personne ne se perde pas, perturbée par toutes les sollicitations visuelles et techniques de l’ordinateur (icones, dossiers, mots de passe, etc.). Une impression similaire à celle qu’on pourrait ressentir en accompagnant un aveugle qui nous demanderait de décrire en détail le chemin parcouru, en essayant de restituer au mieux le trajet visuel, en écho à ce qu’il perçoit.

Plus rien n’est à prendre

C’est la première année depuis très longtemps que je n’accorde aucune valeur particulière au passage d’une année à l’autre, où se moment de la fin de l’année et l’arrivée de la suivante, qui est souvent une période compliquée, difficile à vivre depuis l’adolescence, ne représente rien, ni intérêt ni regret, sans impatience ni résignation. Ces dernières années, je devançais l’embarras de cette phase de transition, de franchissement d’un seuil, en débutant régulièrement de nouveaux projets d’écriture et de création Anima Sola, l’Abécédaire des prépositions (le film des films), ou des versions alternatives de mon journal (Au jour le jour, Contacts successifs) le Journal du Combat. Si certains de ces projets, se poursuivent en 2026, je n’ai pas cherché cette fois-ci à en créer de nouveaux. Ni bilan, ni résolutions (en dehors des bifurcations à multiplier). Ces jours sont des jours comme les autres. À ceci près que le 1er janvier est la date anniversaire de Caroline.

Osaka, Japon, 11 novembre 2019

Un reflet et c’est l’aube

On ferme un peu les yeux et c’est déjà le soir. Ça recommence. La nuit tombe le jour. La patience nous connaît. C’est l’ivresse dans le sommeil qu’elle veut. Ce n’est ni l’ennui ni le plaisir. L’air tellement bleu, ce soir. Lumière dans l’air de la lumière. C’est assez loin, tout ça. Et même la première neige. On ne l’a pas rêvée, on l’a vraiment vue. Le froid vient trop vite, son piège se referme sur ses ombres. C’est venu tard, mais c’est venu. Tous les chemins se perdent.

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