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Loin de l’équilibre
Vivre est une chose, découvrir le langage afin d’exprimer la vie en est une autre. Cette merveille étonnante entre toute, douleur parfois. C’est encore de la disparition dont il est question. On ne peut s’empêcher de souligner, encore, l’absurdité du mot. On n’est pas seul dans sa tête. Lambeaux de pensée, expressions, bouts de phrases désordonnées en (...)
Jamais la mer ne se retire
À l’arrière de l’église, un cimetière à l’abandon, où les herbes envahissent discrètement les rares tombes des habitants du village de Barbaggio, dispersés dans l’enclos en friche. Des vagues qui déferlent sur la plage de Nonza, dans le Cap Corse, dont le mouvement ininterrompu se répète infiniment au rythme du balancement des flots qui caressent le (...)
Si c’est une île, c’est la Sicile
Ici, on vous demande de vous couvrir les épaules et les jambes avant d’entrer dans les églises. Ici, les chauffeurs de taxi souffrent d’une mauvaise réputation, mais il y en a qui vous conduisent à l’aéroport par des raccourcis si ingénieux qu’on s’y retrouve en un rien de temps en évitant tous les embouteillages, et d’autres qui vous emmènent où vous (...)
C’est assez bien d’être fou
Au volant d’un vieux camion, Zoo Project alias Bilal Berreni, street artiste, et Antoine Page, réalisateur, qui partagent la même passion pour l’art et la société, se mettent à rêver d’un voyage à travers la Russie où pendant que l’un dessinerait, l’autre filmerait. Ce film raconte l’histoire de leur projet, leur voyage de quatre mois jusqu’en Sibérie. Un (...)
Apprendre à regarder nos pensées
Au-dessus du fleuve la lumière retient le regard, le soleil joue son rôle. Sur les rides de l’eau. L’air immobile ombre les arbres bleus. D’où il est aucun seuil ne s’ouvre – un miroir inverse la scène. La présence ne se peut brider : la traverser, c’est la contraindre, saisir combien près l’on sera. Cette impression de finitude, cette épiphanie du (...)
Suivez mes pas que nous restions ensemble
Le travail de Janet Cardiff s’inscrit d’une façon particulière dans ces rapports complexes et instables qu’entretiennent la narration et le paysage (urbain). Née en 1957 à Brussels, Ontario, cette artiste canadienne travaille depuis le début des années 80 sur le son. Elle produit parfois avec George Bures Miller des installations autour du son, des (...)
L’invitation au voyage avec Charles Baudelaire
L’Hôtel de Lauzun, anciennement Hôtel Pimodan, est un hôtel particulier du XVIIe siècle, situé au 17 quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis à Paris. Pendant la première moitié du XIXe siècle, l’hôtel passe entre les mains de plusieurs propriétaires. Il est loué par des alchimistes, des teinturiers (il prend d’ailleurs un temps le nom d’hôtel des Teinturiers) mais (...)
L’angle du hasard
Pont Saint-Louis Paysage ouvert, accueillant, semblable à une main montrant de son index un but ou un exemple. Vent sifflotant entre les étroits barreaux du pont métallique. Harpe improvisé, malhabile. Cheveux en bataille. Robe volante et frisson dans le cou, le col relevé. Veston, manteau, suivant la saison, bien remontés. Le froid glaçant dans (...)
Un cadre agréable
Quand je vais voir un film au cinéma, plus ou moins bien installé au fond du fauteuil en tissu rouge, le cadre qui se découpe sous mes yeux m’obsède, il s’anime d’images et de sons au moment où les lumières s’éteignent, signe que la projection du film commence enfin, par le générique le plus souvent, les gens n’y prêtent guère attention, pourtant c’est (...)
New York vide, de Duane Michals
Duane Michals est un photographe américain connu pour ses séquences, séries de photographies à l’influence surréaliste où des histoires fictives se mêlent à des légendes manuscrites au dessous. Au début de sa carrière dans les années 60, Duane Michals est passé par une image plus classique, entre photos de reportage, portraits et prises de vue urbaines. (...)
Le désir de vie devant la mort
Personne ne saura jamais ce qu’il lui dit. Personne ne saura ce qu’elle lui répond. Personne ne peut comprendre, ne peut imaginer ce qui se jouait entre nous. Personne. Pourtant sur les murs de la ville l’histoire était écrit en toutes lettres. Elle était revenue depuis longtemps, marchant à mes côtés sans que je m’en rende compte, me frôlant, me (...)
Dites-moi où, n’en quel pays ?
« Un jeune homme de cette ville est éperdument amoureux de vous ; depuis un mois entier, il cherche vainement l’occasion de vous l’apprendre. » Musset, Les Caprices de Marianne, acte I, scène 1 Cette musicalité d’un poème entendu dans ton enfance, tu la croyais totalement oubliée, effacée, comme le sens de ce poème lui-même, dans ce flux de la mémoire, (...)
Les Voix du tocsin
Du 11 mars au 7 mai, la Fondation Taylor en partenariat avec le Musée de Picardie présente Dans l’atelier d’Albert Maignan, une exposition dédié à cet artiste de la fin du XIXème siècle. Albert Maignan, artiste surtout connu pour ses compositions historiques, a légué à la Fondation Taylor, [5] qu’il présida, sa maison-atelier de la rue La (...)
La profondeur se cache à la surface
En réaction à mon article sur le son dans le cinéma de John Smith, Ne pas croire les mots sur parole et le travail sonore d’Aki Onda Gabriel Franck me signale en écho le film Café lumière de Hou Hsiao-hsien. « On arrive en train, comme souvent chez Hou Hsiao-hsien, écrit François Gorin dans Télérama. On est au Japon, comme à la fin du nocturne et (...)
Dans les rues d’Osaka
Marché typique de la ville. Nous arrivons à la fin du marché, les commerçants rangent leurs étals. Visages, sourires, devantures, boutiques en désordre, réduits, accumulation d’objets, de paperasses, de dossiers, dans un désordre maîtrisé, une optimisation maximale de la place disponible, à l’étroit ils semblent à leur aise. Poissonneries, marchands de (...)
Dans les rues de Kyoto
Le lieu de rendez-vous avait été fixé devant notre maison, dans un quartier résidentiel très calme, entre les jardins du Palais Impérial de Kyoto et la Teramachi Dori. Notre guide était venu nous chercher et nous attendait dans la ruelle, juste devant chez nous. Nous sommes remontés avec lui jusqu’à la rivière Kamo. Au Budo-Center qu’il nous fait (...)
Ne pas croire les mots sur parole
En réaction à mon article sur les œuvres interactives de Kyle Mc Donald, et notamment Exhausting a crowd et Neural Talk, Gabriel Franck me signale en écho le film The Girl Chewing Gum de John Smith. John Smith, né à Londres en 1952, est l’une des grandes figures du cinéma expérimental britannique. Dans The Girl Chewing Gum, film réalisé en 1976, une (...)
Les installations interactives de Kyle Mc Donal
De retour du festival documentaire IDFA qui s’est déroulé fin novembre à Amsterdam, Joël Ronez a dressé une liste des œuvres et des artistes les plus innovants de la sélection interactive, une source d’inspiration pour comprendre les lignes de force créatives en production numérique : « Suivre le travail de Kyle Mc Donald (@kcimc) artiste américain qui (...)
Dans les rues de Tokyo
Avant de se retrouver sur notre lieu de rendez-vous, le Parc Ueno à Tokyo, nous traversons Ameyoko (ou Ameya Yokocho) qui peut se traduire par l’allée des confiseurs ou des sucreries, le produit que l’on trouvait sur place à l’époque de la création du marché. Petite ruelle étroite très animée sous les arcades bruyantes de la voie de chemin de fer. (...)
Bloomsday, de James Joyce
« I want to give a picture of Dublin so complete that if the city one day suddenly disappeared from the earth it could be reconstructed out of my book. » James Joyce, Ulysse Le héros en est Léopold Bloom, et l’action se déroule sur la journée du 16 juin 1904, de 8 heures du matin à 3 heures dans la nuit. Le roman raconte la journée du 16 juin (...)
Dear Esther
Dear Esther est un jeu narratif à la première personne (merci à Coline Sidre de me l’avoir fait découvrir) où le joueur est un explorateur naufragé sur une île britannique, dans les Hébrides, errant sans but précis. Le jeu ne suit pas les protocoles traditionnels du jeu vidéo, proposant une interaction minimale au lecteur qui n’a qu’assez peu de choix à (...)
Se perdre pour mieux se retrouver
Sur la place de la Grande Mosquée, le bruit de l’océan dont les déferlantes se brisent dans un nuage brumeux qui surplombe la jetée. Coups de sifflets répétés. Il y a un langage du sifflet comme une langue des coups de klaxon, mais parfois l’erreur se glisse dans les propos et leur compréhension par les autres. Le gardien à l’abri dans sa guitoune en (...)
Images de la ville en négatif
« Je fais des photographies pour savoir de quoi auront l’air les choses une fois photographiées. » Garry Winogrand. Déambuler dans la rue, de manière frénétique, armé de son appareil photo, l’endroit permet de se confronter de manière plutôt intrusive, décomplexée, un large choix de situations, de figures différentes, d’origines culturelles et de (...)
Le clavier bien tempéré
Lundi matin, alors qu’il ne restait que quelques minutes avant la fin de l’atelier sur la ville que je mène à Sciences Po, j’ai entendu la lecture du texte d’une étudiante qui a laissé une impression durable en moi. À la fin de l’atelier j’ai juste eu le temps de lui dire qu’elle devrait lire Un homme qui dort de Georges Perec, que son texte s’y (...)
Dans la zone d’écriture
Découvrir cette ville que je ne connais pas en voiture, cela fausse forcément l’impression qu’elle nous laisse en l’abordant à pieds, en l’arpentant physiquement, les mesures en sont perturbées. Les perspectives tronquées. Les distances raccourcies et remaniées. Revenir sur ses pas pour retrouver l’endroit qui, sur le chemin, a attiré notre attention, (...)
Instructions pour lendemains de fête
Tout le monde a certainement remarqué que les lendemains de fête, qu’il pleuve ou qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse beau, même en ce cas de figure assez rare à Paris, on n’a guère envie d’aller se promener en ville, même bien couvert, même à l’abri d’un parapluie ou en compagnie d’une amie chaleureuse ou d’une compagne aimante. Les lendemains de fête on (...)
Les années ont été pour nous, pas contre nous
Retourner dans cette ville de mon enfance dans laquelle je ne viens pas très souvent, dans cette partie ancienne de la ville que je n’ai plus arpentée depuis très longtemps, où j’ai vécu toute une partie de ma jeunesse, de 1978 à 1993, mais dont je ne garde pas que d’excellents souvenirs. À chaque visite, c’est un autre endroit que j’emprunte. Arrivée à (...)
La chute du mur de Berlin
Pour célébrer avec légèreté à cet événement lourd de sens l’anniversaire des vingt-cinq ans de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, la capitale allemande a vu les choses en grand. 8000 ballons gonflés à l’hélium sont installés sur 15 km de long, suivant l’ancienne frontière que délimitait le mur. Une installation conçue par deux artistes allemands, (...)
Le point d’orgue
Je voudrais avoir la capacité d’arrêter le temps, ce pouvoir d’immobiliser les êtres, les animaux, tout ce qui est en mouvement, les voitures, les vélos, les trains. Voir les choses sous tous les angles en même temps, modeler ainsi leur image dans mon esprit, avoir d’eux une vue complète, autour de laquelle je puisse tourner, dans une vision giratoire (...)
Dans ma rue
La Ville de Paris invite les Parisiens à recenser les lieux qui pourraient accueillir de la végétalisation au plus près de chez eux grâce à l’application mobile Dans ma rue. Murs, trottoirs, placettes, façades... 200 lieux publics proposés par les citoyens seront choisis et végétalisés. La nouvelle version de l’application qui s’inspire de l’application (...)
Tokyo Station
Afin de célébrer le 100ème anniversaire de la gare de Tokyo, véritable symbole de la capitale japonaise, et véritable joyau d’architecture, un court film d’animation de cinq minutes vient d’être réalisé par le studio d’animation A-1 Pictures. Intitulée Passage of Time - Tokyo Station, le film met en scène la gare, il suit l’histoire de Misaki, qui se (...)
La vision du jardin
« Qu’est-ce qu’un jardin à Rome ? se demande Pascal Quignard dans Le sexe et l’effroi. L’âge d’or revisite le présent. Il s’agit de retrouver quelque chose de l’inactivité divine. Se tenir immobile comme les astres dans les cieux. Entouré d’un nimbe. Se tenir immobile comme le fauve se tient immobile avant de bondir sur la proie. Se tenir immobile comme (...)
En train de rêver
Le roulis des wagons du train, bercé par la vitesse constante, la monotonie des images qui défilent derrière la vitre, du mal à les fixer, la chaleur ambiante, étouffante, le bruit par toutes les fenêtres ouvertes pour laisser entrer l’air, tout nous invite à somnoler, les yeux deviennent lourds, il faut les fermer, et l’on s’endort rapidement. Les (...)
In Situ Art Festival en plein air
L’année dernière j’ai visité et rendu compte sur ce site de ma visite de la Tour Paris 13 avant sa destruction. Un tour du monde de l’art urbain. Depuis quelques jours, quarante artistes urbains, de renommée internationale qui ont eu carte blanche pendant sept semaines, pour exprimer leur art, exposent dans la friche industrielle de deux hectares du (...)
Dimanche m’attend
Difficile de savoir la meilleure piste à suivre, s’il vaut mieux raconter son trajet le jour même, dans la foulée de la promenade ou préférer attendre, laisser passer quelques semaines, voire plusieurs mois, avant d’en faire le récit. La carte est dessinée, le parcours noté, c’est ce qui est le plus difficile de retrouver avec le temps, il est préférable (...)
La Halle Pajol, Paris 18ème
Un lieu, c’est d’abord son nom. Une origine qui se lit au fil du temps, dans ce nom, où s’inscrit durablement son histoire. Ici, l’esplanade a pris le nom de Nathalie Sarraute, écrivaine française d’origine russe. La bibliothèque, emprunte le sien à Václav Havel, dramaturge, homme d’état tchèque, à côté l’auberge de jeunesse se nomme Yves Robert, (...)
Nous travaillons actuellement pour l’Europe...
Les guerriers Bantou de l’artiste Kouka Ntadi sur un immeuble abandonné du Boulevard Saint-Martin. L’artiste y voit plusieurs significations. « Le guerrier bantou est à mon sens un symbole de retour à notre nature humaine. Bantou signifie humain en langue Kongo. Ce terme désigne également un ensemble de peuples vivant entre le Cameroun et l’Afrique (...)
La nostalgie de l’infini
C’est un privilège, une chance inouïe, une occasion à ne pas rater, entrer dans ce repli du monde, cette cache soigneusement protégée, cachée, dissimulée, qu’on ne peut atteindre en ville qu’accompagné, guidé, par une personne avec ses entrées, le code à la clé. Je suis resté un long moment derrière les grilles, souhaitant entrer mais ne le pouvant pas, (...)
Villas en ville
La nécessité de s’éloigner du point de départ le plus vite possible, d’échapper aux terrasses accueillantes des cafés, à l’activité commerçante du jour et du lieu, Place d’Italie, sur le terre-plain juste à quelques volées de marches du Centre commercial Italie Deux et de ses 130 magasins et restaurants, où de nombreuses personnes se sont donné rendez-vous, (...)
Minute papillon !
Quand je me promène avec mes parents, anciens habitants du 12ème arrondissement, où ils s’y sont rencontrés, mariés, ma mère y est née, y a vécu toute sa jeunesse, rue Beccaria, avant de partir vivre en banlieue, j’aime les entendre décrire à chaque coin de rue ce qu’il y avait avant, à la place de telle échoppe, dans cet immeuble, à l’angle de ce (...)
La ville entre parenthèses
J’ai le secret dessein de découvrir Paris, sous toutes ses facettes, la variété de ses quartiers aux atmosphères changeantes. Depuis plusieurs mois j’arpente la ville, dès que je le peux, et surtout, dès qu’il fait beau, un peu de soleil, en hiver une lumière plutôt rasante malgré sa timidité en fin de journée. Je me suis fixé quelques points de repères, (...)
Instructions pour marcher en ville
Dans le cadre de l’atelier que je mène à Sciences Po pour la deuxième année : Récit sonore collectif : La ville à l’écoute, j’ai demandé à mes étudiants d’écrire une série d’injonctions urbaines qui s’inspire des Instructions pour monter un escalier de Julio Cortàzar et du jeu de cartes conçu par Brian Eno et Peter Schmidt, Stratégies obliques (Oblique (...)
Le paysage comme carte
En l’absence de communication radio ou de radar, les pilotes engagés dans les années 20 dans la traversée des États-Unis de nuit pour la poste aérienne, devaient utiliser des avions de surplus de la Première Guerre mondiale, et s’appuyer, pour se guider dans leur plan de vol, sur des cartes de navigation souvent imprécises, inutiles de nuit, et (...)
Décors de façade
Dans l’article que j’avais consacré aux Dents creuses, et plus généralement à l’entre-deux urbain, j’avais cherché à saisir comment, en construisant dans l’espace de ces dents creuses, on contribuait « à construire la ville sur la ville » ce qui créait une zone en transition, un entre-deux passager. J’ai découvert à ce sujet le mémoire de Quentin Roux (...)
A Free Replay (notes sur Vertigo) par Chris Marker
À l’occasion de la rétrospective de Chris Marker à la Bpi, du 16 octobre au 22 décembre, je me permets de diffuser ce magnifique article de Chris Marker sur Vertigo, d’Alfred Hitchcock, paru initialement dans la revue Positif n°400, en juin 1994. On peut trouver d’autres textes de Chris Marker sur le site Dérives.tv. L’image de San Francisco se (...)
Typographies urbaines
La nuit, les enseignes lumineuses qui hantent nos espaces urbains mobilisent et nourrissent nos imaginaires, elles nous informent sur la ville et ses habitants. Elles racontent l’histoire d’un quartier, d’une communauté, d’une zone commerciale. Elles illuminent la ville. Dans l’essai Les enseignes lumineuses – Des écritures urbaines au XXe siècle (...)
Heritage Experience
Heritage Experience est un service numérique culturel innovant dédié à la valorisation du territoire et du patrimoine. Basé sur une application iPhone innovante, déclinaison d’un projet de recherche, Walking the Edit entamé en Suisse en 2008 par Ulrich Fischer, Heritage Experience permet d’explorer de manière sensible un territoire et d’accéder en (...)
Je marche dans mes traces
Cinquième semaine de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pendant 10 semaine dont vous trouverez sur tiers livre les propositions d’écriture développées, avec exemple basé sur un texte d’auteur. Pour cette semaine, c’est à partir du monologue de La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès. Je vais tenter de profiter de cet été et de ces (...)
Invitation au voyage
Deuxième semaine de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pendant 10 semaine dont vous trouverez sur tiers livre les propositions d’écriture développées, avec exemple basé sur un texte d’auteur. Pour cette semaine, c’est à partir du Château de Franz Kafka, de Dire I/II de Danielle Collobert. Je vais tenter de profiter de cet été et de ces ateliers (...)
L’émotion du déplacement
« Last night I dreamt I went to Manderley again... » « J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley. J’étais debout près de la grille devant la grande allée, mais l’entrée m’était interdite, la grille fermée par une chaîne et un cadenas. J’appelai le concierge et personne ne répondit ; en regardant à travers les barreaux rouillés, je vis que la (...)
Au petit bonheur la chance
Pendant 10 semaines, à partir du dimanche 30 juin 2013, François Bon lance un atelier d’écriture dont vous trouverez sur tiers livre les propositions d’écriture développées, avec exemple basé sur un texte d’auteur. Cette première semaine, c’est à partir de L’été 80 de Marguerite Duras, que j’ai relu pour l’occasion (quel beau livre). Je vais tenter de (...)
Arrête ton cinéma
« En marchant, se fait le chemin / et tournant le regard en arrière / on voit le sentier que jamais / on ne foulera à nouveau / Marcheur, il n’y a pas de chemin. » Antonio Machado. Arrête ton cinéma, la tentation de dire cela à celui qui en fait trop, qui exagère, forçant le trait. Un peu comme s’il faisait l’acteur ou jouait une pièce de théâtre, (...)
La ville uniforme
Tous les commerces sont fermés à cette heure matinale, grillage en fer baissée, porte close. Le sol pavé glisse dangereusement, la pluie de la veille le rend luisant et prolonge la perspective des ruelles fuyantes, reflétant au sol l’image tremblante des bâtisses. Il est encore tôt, les passants sont rares et pressent le pas, visage fermé, regard (...)
Improvisation urbaine
Partir de chez soi, sans savoir avec précision où aller, commencer à marcher, à remonter les rues, longer les trottoirs, se faufiler entre les passants, regarder ce qui se passe autour de soi tout en marchant, être à l’écoute de la ville, les bruits des voitures, les conversations feutrées dont je ne capte que certaines bribes ou au contraire ces cris, (...)
Street : un temps jamais vu
J’étais parti à New York avec l’idée contradictoire d’y ralentir le temps là-bas. Je ne sais pas pourquoi, c’était juste une envie, qui répondait sans doute à un besoin de changement de rythme, pour entamer un nouveau cap. Bien sûr là-bas, tout a été très vite. Nous avons beaucoup marché, arpenté les rues, les avenues, les parcs, les places, les métros, les (...)
Harlem Shake
Harlem, comme le Bronx, a longtemps été considéré comme un ghetto en raison de sa forte criminalité et son imposante communauté noire. Mais le quartier n’a pas toujours eu ce visage. En traversant le quartier ce jour-là, nous avons certes vus quelques bâtiments fermés, aux fenêtres murées de parpaings en vue d’être détruits, ou réhabilités, comme cette (...)
Night and Day : Times Square
Un homme était assis près de la fontaine de Bethesda, au cœur de Central Park, quand nous sommes allés nous y promener dimanche. Il écoutait Night and Day chantée par Franck Sinatra. Il était assis là, sur le banc en pierre, immobile, son lecteur CD à ses côtés, volume monté au maximum, lisant, un léger sourire de contentement ravi aux lèvres, dans ce (...)
Dreamland : un voyage dans le temps
Curiosité du calendrier, il y a trois ans, Daniel Bourrion et moi échangions textes et photographies pour les vases communicants de mai 2010. Je recevais son texte Ruines écrit à partir de photographies prises en Normandie, à Édenville, dans la Vallée des peintres, tandis qu’il accueillait mon texte Présence active du vide, écrit à partir de deux de (...)
Regarder l’horizon
Buying some vintage records in Williamsberg stores Playing paper boats on east river shores Meeting mermaids and lobsters in Coney Island Puking our deep fried Oreos in Astroland Spending our days watching skylines from rooftops On independance day, Manhattan fireworks Life is easier where the walls are red Brooklyn is a place stuck in my head (...)
Ici même si : Paris façon puzzle
Les vidéos géolocalisées de la playlist « Ici même si » montrent les places de Paris recomposées façon puzzle, selon le principe du jeu sérieux des Situationnistes. « Aux quat’ coins d’Paris qu’on va l’retrouver éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. » Chaque film propose en effet à voir une place d’une manière nouvelle, inédite, il invite à la déambulation, (...)
Le costume est une écriture
Lorsque nous étions à Londres pour passer les fêtes de fin d’année en famille, nous avons visité l’exposition Hollywood Costume qui s’était installée au Victoria and Albert Museum de Londres jusqu’au 27 janvier 2013. Une rétrospective qui examinait le rôle du costume dans l’écriture cinématographique pour mettre en lumière le processus créatif du costumier, (...)
Description-notation ambulatoire à partir d’instantanés
Delphine Regnard avait lancé la semaine dernière un appel à participation collective ce mardi, de 14h30 à 16h30, pour accompagner en ligne le travail de ses élèves de première L. : Les L du désir. « Dans le cadre de notre Séquence 3 Exercices de listes et à la suite de la lecture des Pâques à New York de Cendrars et de Il y a d’Apollinaire, nous nous (...)
D’un lieu à l’autre : la ville des villes
J’ai suivi François Bon dans son court périple à Brooklyn, et sa traversée du bruit, dans le métro et ses tambours, pour son intervention à la New York University avec Olivier Barrot, puis profitant de son séjour pour visiter la librairie Barnes & Noble Brooklyn ou essayer le Kindle Fire dans son lit. À son retour, (...)
Oublier et se souvenir
Le doute et ses mirages s’effacent. La lumière par une ouverture. L’un n’est-il pas de l’autre bord ? Je voulais aller loin, entrer ailleurs. La nuit qui nous a suivis pas à pas a le souffle court. Moments miroitants, dangereux. Je cherche le plan que j’ai gardé de la ville. Les mots, les tracés se reforment comme d’anciens chemins qu’aurait mal (...)
Notre tour du monde
À l’occasion du concours lancé par la médiathèque de l’Astrolabe à Melun sur les carnets de voyage, dans le cadre de son festival annuel, en novembre 2010, mes filles Nina et Alice (10 et 12 ans) y ont participé en proposant un voyage imaginaire : Notre tour du monde. Nina travaille sur son carnet de voyageDessin de Nina En partant d’une phrase de (...)
Réduction des restes
Samedi, je suis parti me promener un peu au hasard des rues du 11ème arrondissement, et, remontant la rue du Chemin Vert, je me suis retrouvé devant l’entrée du Cimetière du Père-Lachaise. Des années que je n’y étais pas venu. Je suis entré dans le cimetière et je me suis promené dans les allées, montant, descendant, cherchant les endroits les moins (...)
Nuages de sons et d’images
Hier soir, je découvre une série de tweets de Joël Ronez au moment où je m’apprête à rédiger le récit de ma promenade avec Caroline, remontant jusqu’à chez nous depuis la Gare de Lyon, où nous étions venus accompagner notre fille Alice pour son départ une semaine en colonie de vacances. Joël Ronez commence le livetweet de ce qu’il nomme avec humour son (...)
Vertigo à San Francisco
L’image de San Francisco se confond pour moi avec celle de Vertigo, chef-d’œuvre d’Alfred Hitchcock tourné sur place du 28 février au 15 octobre 1957. La ville n’y joue pas un rôle central, mais elle constitue l’arrière-plan caractéristique de ce drame interprété par l’envoûtante Kim Novak et le tourmenté James Stewart. Lors de notre séjour à San (...)
Les Bains Sutro à San Francisco
Des ruines modernes au bord du Pacifique. Les vagues de l’océan viennent s’écraser sur les rochers et nous rappellent celles qui scellèrent le baiser de Scottie et Madeleine dans Vertigo. Les structures labyrinthiques des anciens Bains Sutro gisent à nu sous un ciel éclatant, les lys sauvages fleurissent sur les falaises coiffées de cyprès dont le (...)
Vous êtes ici
Sens unique
Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose Mais s’égarer dans une ville comme on s’égare dans une forêt demande toute une éducation. Il faut alors que les noms des rues parlent à celui qui s’égare le langage des rameaux secs qui craquent, et des petites rues au cœur de la ville doivent lui refléter les heures du jour aussi (...)
Vous êtes ici
Cet homme, je le croise dans la rue, familiarité passagère avec lui, les traits de son visage, son expression. Je le connais, mais je ne parviens pas à mettre un nom sur son visage, identifier d’où nous nous connaissons. J’essaye de me repérer par rapport à l’endroit où je le croise. Cet endroit, c’est la même chose. J’ai confondu avec une autre (...)
Attention flottante
Mieux envelopper, marcher. Sans devanture et sans relief il va falloir se projeter. Comment dire, dedans ? Ce n’est pas comme dans l’attention flottante, le monde continue de se produire, les bruits agacent, les odeurs ondulent. On ne peut pas tous intervenir à chaque instant. Pendant ce temps, les corps en suspens, autour de nous tout continue à (...)
Trajets à travers la ville
Dans le cadre de ma résidence d’écrivain soutenue par la Région île-de-France à la librairie Litote en tête, j’ai commencé l’écriture d’un texte intitulé Les lignes de désir, récit à lecture aléatoire, résulte de la contrainte d’une écriture en ligne, réalisée directement sur Internet, en 2010 et 2011. Ce projet d’édition est protéiforme. J’imagine au-delà de la (...)
Le train-train quotidien
C’est un lieu que je connais bien, tous les matins le même rituel pour aller prendre mon train, remonter la rue à l’ombre écrasante du bâtiment de la SNCF. Le mur nous soutient, nous guide, avec la ligne de soutènement qu’il trace à nos côtés. Je parviens finalement tout en haut de la rue. Là, tout s’ouvre, se dégage à ma vue. Attendre avant de (...)
À l’ombre
Dans ce passage guère accueillant, qui conduit au parking de cet immeuble sans charmes, ce lieu qui n’est pas un lieu, lieu de transition plus qu’un lieu de passage, tout en longueur, on n’y traîne guère. L’immeuble est au bout, en retrait de la rue, assurant la relative tranquillité de ses habitants. Une fois passé le porche d’entrée, dans le mur, (...)
Tokyo Haïku #2
Vérifier, de mes yeux vérifier. Combien de silhouettes croisées et recroisées au hasard des rues, des dizaines et des dizaines de fantômes de cette sorte ? Se souvenir de ces visages, de ces silhouettes, les extirper, le plus souvent, c’est une rue, une station de métro, un café qui nous aident à ressurgir du passé, de la matière sombre comme en (...)
Contraintes directionnelles
La forme la plus simple de la carte géographique n’est pas celle qui nous apparaît aujourd’hui comme la plus naturelle, c’est-à-dire la carte qui représente la surface du sol telle que vue par un œil extraterrestre. Le premier besoin de fixer les lieux sur la carte est lié au voyage : c’est le mémento de la succession des étapes, le tracé d’un parcours. (...)
Tokyo Haïku #1
À un moment ou à un autre tous hésitent. Nous lançons des messages qui s’effacent. Le monde, le réel n’existent que vus, perçus. Rêvés à travers notre regard. Ne vous laissez pas impressionner. Manière fragmentée de se donner corps. Une idée d’abord lointaine et floue. Fragilement, intensément. Surtout, ne pas définir, ne pas tracer de contours. (...)
Suivre sa ligne (de conduite)
Nous entrons en contact avec l’étrange mystère des espaces qui nous entourent. À aucun moment nous ne doutons de ce que nous ressentons, pourtant rien n’y est moins changeant et mobile que nulle part ailleurs. C’est un endroit qui se transforme à mesure qu’on y avance. Sa métamorphose ne l’empêche pas de craindre d’être un jour ou l’autre démasqué. Le (...)
Zoner
Zoner, c’est au fond accepter que nous avons renoncé à observer d’autres sujets comme on observe des fourmis ou des myosotis. Et que nous sommes avec les fourmis, les myosotis et les autres humains à la fois sujets et objets d’observation, nous regardant les uns les autres avec la stupéfaction des voyageurs à pied qui n’ont pas réservé à l’auberge. (...)
Fiction Shuffle
Une trouvaille : la visualisation du canon 1 à 2, dit « canon cancrizans » (c’est-à-dire en crabe), issu de L’Offrande musicale, de Jean-Sébastien Bach, sous forme de ruban de Möbius. En effet, sur Parcours étranges on découvre que « le manuscrit montre une seule portée dont le début est joint avec la fin. Cet espace est topologiquement équivalent à un (...)
Observer l’émergence
Voir sans regarder, toucher sans saisir : la mesure des choses Observer l’émergence du monde, c’est observer à la fois ce qui est en train de disparaître et ce qui n’est pas encore manifesté. C’est-à-dire observer un entre-deux subtil dont nous n’avons pas toujours conscience et que notre regard discerne mal, entravé par des formes de pensée et des (...)
Promenade géolocalisée
Pour un rendez-vous de travail avec l’équipe de Mélico (Hélène Clemente, Pierre Cohen-Hadria, Émilie Hache et Jean-Noël Orengo), je suis parti de chez moi (rue Eugène Varlin, Paris 10ème) pour me rendre au Café de Pierre, à l’angle de la Place de la République et du boulevard Magenta, puis de là, retour chez moi en longeant le Canal Saint-Martin. Mélico (...)
Shuffle City / Mix Cité
Écoutez le récit d’un voyage dans la ville, des pas sous la neige avancent au hasard. Au coin d’une rue le marché, dans ce quartier c’est tous les mardis. On enregistre tout ce qu’on entend autour de soi, ce que l’on voit, ce que l’on devine. Avancer avec l’idée d’inventer sa ville et le parcours qu’on y dessine forme quelque part le visage de chacun (...)
Twentative d’épwisement d’un lieu parisien, par Thomas Baumgartner
Pendant deux heures ce samedi 13 juin, de 14h. à 16h., j’ai suivi en ligne, sur le site de micro-blogging Twitter, l’expérience initiée par Thomas Baumgartner de Twentative d’épwisement d’un llieu parisien qui s’inspire directement du texte de Georges Perec : Tentative d’épuisement d’un lieu parisien. En octobre 1974 Georges Perec s’est installé pendant (...)
Profession reporter
Extrait du film Profession : reporter de Michelangelo Antonioni. « C’est l’histoire d’un homme qui va en Afrique pour tourner un documentaire. Il se trouve un jour devant l’opportunité de prendre la personnalité d’un autre et, pour des raisons personnelles qui lui ont provoqué une profonde frustration, il se jette dans cette aventure avec enthousiasme (...)
Au fil des bancs
Dimanche, à 15 heures, au jardin d’Eole, le 104, a proposé une déambulation littéraire autour des bancs du Jardin d’Éole en faisant lire divers textes sur le thème de la ville (Victor Hugo, François Bon, Anne Savelli... ) aux participants volontaires. Il s’agissait d’une visite du jardin assis. La déambulation durait une heure trente et était suivie (...)
Places de Paris en vidéos localisées
Lancé à l’été 2008 par le collectif Microtruc le projet DCODD se propose d’apporter un regard nouveau sur les lieux familiers de la capitale. DCODD est un projet de playlists vidéos localisées. Des nuages de codes 2D sont tagués sur les trottoirs de carrefours parisiens (Carrefour de l’Odéon, Place de la Bastille, Place du Châtelet, Place de Clichy, (...)
Les routes captives, de Philippe Berthaut
Strates Route captive Strates de terre, de pierres, de goudron Une tartine d’épaisseur. Soudain cassée. Ruban de bande magnétique rompu au ban des routes Mis de côté. On n’y touche plus. On le laisse au temps. Le temps y travaille son délit de délitement. Puis il y a la crevasse, la faille et l’écart On saute d’une rive à l’autre, d’une lèvre (...)
Les routes américaines, par le photographe Jeff Brouws
Après plus de vingt ans à parcourir les routes américaines, le photographe Jeff Brouws se décrit sur son site comme un « anthropologue visuel avec appareil photo ». Drive-in, vieux panneaux de signalisation et bâtiments abandonnés, il a développé un goût pour les lieux transitoires et les paysages désolés comme dans la série Approaching nowhere. Il (...)
Graffitis
Sur les murs de San Francisco, le pavé de Brooklyn, les trottoirs de Londres, fleurissent des graffitis un peu spéciaux. Des mots écrits en bleu, soulignés. Un indice familier pour les internautes, suggérant un lien hypertexte. De fait, il suffit de cliquer dessus en envoyant avec son téléphone portable ou son email le mot en question assorti du (...)
LIMINAIRE le 19/08/2018 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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