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Au jour le jour #15

XV

Le clapotement de l’eau sur une barque, une odeur de crème à bronzer, on se retrouve propulsé dans le Berry. Sur le Bassin de la Villette, prendre un café avec Caroline. La chaleur du soleil sur ma peau. Une petite fille traine les pieds sur le sable. Sa mère l’engueule tandis que je lui souris devant le nuage qui m’aveugle. Dans notre jardin, le lilas est en fleurs. Coupe de cheveux.

Pâques à la maison. Je prépare ma valise. Avant je n’aimais pas ça. Je prends mon temps désormais. Sur mon lit je dispose toutes mes affaires, vêtements d’un côté, matériel technique de l’autre. Derniers préparatifs pour le workshop sur les nouvelles pratiques d’écritures artistiques à Troyes. Prévoir l’imprévisible. Accueillir l’inattendu.

Réveil en sursaut. Les livres de Caroline livrés par Colissimo. Départ Gare de l’Est pour Troyes. Je rejoins l’hôtel des Comtes de Champagne à pied. Le bruit de la valise sur les pavés inégaux des trottoirs. Bus pour rejoindre l’IUT en sortie de ville. Présentation de mon travail aux étudiants pour introduire mon workshop de création numérique. Dîner avec les autres intervenants. Annabelle Verhaeghe, Serge Bouchardon et Roderick Coover chez Marine et Guillaume. Retour sous la pluie. À l’hôtel, les messages des étudiants se mêlent à ceux des achats du Comanche Caroline.

Atelier d’écriture autour d’Autoportrait d’Édouard Levé. Surpris par les textes des étudiants. Un portrait se dégage. Enregistrement sonore dans le studio de l’IUT. Je rentre en bus avec Serge. Promenade dans les rues ensoleillées de Troyes. L’air semble plus léger, c’est indéfinissable. Les cloches de la cathédrale sonne. Un homme s’approche de moi pour me dire que le Musée des Arts contemporains ferme. Le soleil semble ne pas vouloir se coucher. Je rentre à l’hôtel. Moi non plus je n’ai pas sommeil.

Réveillé par les bruits dans l’hôtel. Les portes claquent, les pas lourds des voisins, le parquet recouvert de lino grince et craque. Nouveau jour de grève. Nouveau jour d’atelier. J’aime avancer dans l’incertitude. Montrer aux étudiants le potentiel de ces errances, ce qu’on construit à partir du doute. Dans l’expérience de la recherche. Soirée au restaurant La Barge avec Marine, Annabelle, Serge et Rod. Marc Jahjah, Gaëlle Théval et Anthony Rageul qui interviennent au colloque demain, nous y rejoignent. Averse sur le retour.

Colloque La parole au corps. Rendus des étudiants dans l’amphi devant une salle comble. Fierté du résultat. Joie des partages, des découvertes, des discussions avec les intervenants, avec les étudiants. Retour en train. Fatigue.

De retour au travail. Je marche sous la pluie. Dans une discussion, cette phrase qui surgit sans crier gare : Le chat c’est la cerise sur le gâteau. Jour de la gomme. Je pense à Erased - Traité de l’effacement d’Isabelle Pariente-Butterlin paru chez Publie.net : « L’écriture est entremêlée d’effacement comme la musique ne s’entend que par les silences ».

Au jour le jour : bloc-notes quotidien

San Francisco, le 15 avril 2012

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