Les derniers jours de février correspondent à la fin du chantier de la place du Colonel Fabien. Il a commencé il y a près d’un an, en janvier 2025. Ces derniers jours, tout s’est accéléré.
Les barrières de sécurité, qui entouraient la place, ont été enlevées dans la nuit. Pendant les cinq prochains jours, d’ailleurs les travaux vont se dérouler pendant la nuit, de 21h à 6h, interdisant totalement la circulation sur la place.
Les zones de terre qui formaient les monticules sur lesquels ont été plantés arbres et arbustes ont été recouvertes de bandes de gazon. À peine la zone centrale était-elle ouverte aux piétons, qu’on pouvait apercevoir des personnes s’emparer du lieu, et de nombreuses personnes s’asseoir sur les bancs.
La satisfaction de la fin du chantier est un peu contrebalancée par la déception liée à certains choix d’aménagements urbains et paysagers. Le choix de la circulation, notamment. Réduire l’impact de la circulation automobile sur la place partait d’une bonne intention. On a assisté, pendant les travaux, à de nombreux embouteillages se formant régulièrement aux heures de pointe, le matin et le soir. Les barrières de sécurité en béton empiétant un peu sur l’espace de circulation, rendaient la circulation moins fluide qu’elle devrait l’être à l’issue du chantier. Le trafic va progressivement se résorber. Les sens de circulation viennent d’être modifiés, il faudra du temps aux conducteurs pour s’y habituer.
On peut tout de même regretter la double circulation sur une route désormais de taille plus réduite. Les voitures ralentissent là où, auparavant, elles avaient tendance à accélérer et à filer à vive allure jusqu’aux feux de signalisation.
Le déplacement de l’arrêt du bas (en amont du côté de l’avenue Claude Vellefaux) évite les arrêts fréquents et bruyants au niveau des cafés de la place, côté 19ᵉ arrondissement.
Les traversées de la place sont plus faciles qu’avant, de nombreuses entrées ouvrent le lieu à la circulation pédestre. Elles incitent à une plus grande mobilité transversale, ce qui était compliqué jusqu’à présent, la place formant avec la route l’entourant une forme d’île inaccessible. Il n’est pas impossible cependant que les vélos, pour gagner du temps, l’empruntent comme raccourci.
Cette mobilité des piétons est sans hésitation la grande réussite de ce réaménagement. On a désormais envie de traverser la place, même si, en l’état, à part s’y installer sur un banc ou jouer à la pétanque, on n’imagine guère ce qu’on peut y faire d’autre.
La superficie de la forêt urbaine n’est pas aussi grande qu’on pouvait l’espérer en observant les simulations artistiques qui annonçaient le chantier. La bande réduite de végétation du côté du Generator, séparant le trottoir longeant d’un côté la cité de la Grange aux Belles et de l’autre côté le terre-plein central, est réduite. Les deux bosquets séparant le trottoir du côté du siège du Parti communiste jusqu’à la rue de Meaux ne suffisent pas à végétaliser suffisamment l’endroit. À ce titre, la forêt urbaine est en deçà de la promesse initiale.
On a en effet du mal à comprendre pourquoi avoir préservé cette grande surface bétonnée au centre, entourée par des zones d’un matériau ressemblant au sable, prévu pour ne pas retenir l’eau de pluie, qui passera au travers de sa matière pour se résorber. De nombreux bancs aux formes variées ont été installés (l’été, les grands arbres centenaires apporteront la fraîcheur de leur ombre). La forêt urbaine de la place de l’Hôtel de Ville a réservé un large espace sans arbre ni végétation, afin de continuer à accueillir les animations, spectacles et concerts qui sont régulièrement organisés à cet endroit de la ville. Mais ce n’est pas le cas sur la place du Colonel Fabien, en tous cas rien n’est prévu dans ce sens pour l’instant.
Un espace accolé à la 2ᵉ piste cyclable aménagée de l’autre côté de la route, afin de permettre une circulation dans les deux sens, est dédié au jeu de boules. Il s’agit de trois petits terrains de pétanque. Une manière de rappeler que la place a longtemps été le lieu de rendez-vous des joueurs de pétanque du quartier.
On peut supposer que rien n’a été planté ou construit au centre de la place, à cause de la faible épaisseur de la surface au-dessus du métro parisien. La ligne 2 passe en effet juste en-dessous de la place. On aperçoit d’ailleurs la perspective du métro qui file, d’un côté avec le métro aérien, en direction de Stalingrad, et de l’autre côté, en souterrain, vers Belleville. Même si on comprend cette contrainte spécifique du lieu, on aurait espérer un peu plus de verdure au centre de la place, des espaces gazonnés notamment auraient été binevenues.
Mais il faut reconnaître que malgré ces réserves, dès que les barrières du chantier ont été enlevées, les passsants sont revenus sur place, traversant la place de part en part, s’asseyant sur les bancs qui manquent tant par ailleurs en ville. On en a même vu quelques-uns s’essayer à la pétanque.
Photographies du chantier (de janvier à février 2026)
La place ne sera pas inaugurée avant l’issue des élections municipales qui se tiennent les 15 et 22 mars prochain.
Vidéo du chantier (de janvier à février 2026)
Pour se faire une idée plus nette de la place après transformation, le mieux est sans doute d’attendre l’arrivée du printemps, avec la floraison des arbustes, l’apparition des feuilles des arbres, les usages des passants, des habitants du quartier, des touristes du Generator, qui s’empareront chacun à leur manière de l’espace dans sa nouvelle configuration.







