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J’ai su que je ne savais rien de rien sur rien le jour où j’ai rencontré ces quelques lignes lentes et fermes, m’éclairant avec douceur et ironie du fond des âges :

« Avant d’étudier le Zen, je croyais que les fleuves étaient des fleuves et les montagnes des montagnes. Tandis que j’étudiais le Zen, j’ai su que les fleuves n’étaient pas des fleuves et les montagnes pas des montagnes. Maintenant que j’ai étudié le zen, je sais que les fleuves sont des fleuves et les montagnes des montagnes. »

Si un jour ce trésor fait d’ornements et d’ombres m’était donné en partage, je sais que sur l’heure les figures qui l’habitent s’en iront, si légères, avant me revenir, indicibles, presque autres, intactes pourtant, en cet état d’accueil sans terme où la flèche et la cible pourraient ne faire qu’un, pour que l’attente soit de tous et l’oubli de personne.

André Rougier


LIMINAIRE le 24/09/2018 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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