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LIMINAIRE

À Pierre Michon, à ce qu’il fut, à ce qu’il est, où qu’il soit

Frêle noyau, livrant ses choix aux vents, aux carrefours, aux brins d’herbe, pierres gisantes où ne demeure que ce qui devient deux, s’innocente, s’incurve, s’abaisse à ses propres poussières... Ici le lieu n’est plus enclos ni territoire, don d’emblée saisi, lest de chance, dépouille des lois. Comment condamner ou pardonner lorsque l’on est comme l’eau qui va partout où aller se peut, fin sevrant ses moyens plutôt que les plier à ses offices ?

Climat de la lisière, accueillant sans peser, conviant au passage, pas au séjour... En lui, l’ombre même s’allège, dénude et sépare, en appelle aux orées du jeu qui mène, haies valant énigmes, à découvert dans le champ qui s’éloigne sans bouger, mûrit le serpent dans la soudaineté embuée où, comme à jamais, fond le regard, et ses doubles...

Le réel n’est énigmatique que pour ceux qui y croient, mais qu’importe ?

L’adolescent de toujours marche, veille, soupèse. Il est seul. Ce qui vaut, et vaudra, ne se mesure qu’à son aune.

RIMBAUD, LE FILS
Publié le 12 septembre 2009
- Dans la rubrique ENTRE LES LIGNES
Écriture
Photographie : André Rougier






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