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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>Po&#233;tique de l'obscurit&#233;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Recours &#224; la nuit de Virginie Gautier se d&#233;ploie &#224; la crois&#233;e du journal intime, de l'essai po&#233;tique et de l'enqu&#234;te sensible. Loin de chercher &#224; percer les secrets de l'obscurit&#233;, l'autrice s'y immerge pour en &#233;prouver la mati&#232;re, les textures et les r&#233;sonances. Elle d&#233;plie l'espace nocturne pour en r&#233;v&#233;ler les multiples dimensions po&#233;tiques, g&#233;ographiques, mais aussi &#233;minemment politiques. Le livre se pr&#233;sente ainsi comme une invitation vivifiante &#224; se d&#233;prendre d'un monde domin&#233; par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54726475218_3b1c4035db_k_1_-552df.jpg?1769157722' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Recours &#224; la nuit&lt;/i&gt; de Virginie Gautier se d&#233;ploie &#224; la crois&#233;e du journal intime, de l'essai po&#233;tique et de l'enqu&#234;te sensible. Loin de chercher &#224; percer les secrets de l'obscurit&#233;, l'autrice s'y immerge pour en &#233;prouver la mati&#232;re, les textures et les r&#233;sonances. Elle d&#233;plie l'espace nocturne pour en r&#233;v&#233;ler les multiples dimensions po&#233;tiques, g&#233;ographiques, mais aussi &#233;minemment politiques. Le livre se pr&#233;sente ainsi comme une invitation vivifiante &#224; se d&#233;prendre d'un monde domin&#233; par le visible et la ma&#238;trise pour retrouver, dans l'exp&#233;rience de la nuit, une relation &#224; la fois plus intense et plus humble au monde. Un appel &#224; une nouvelle &#233;cologie de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sonder la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; de &lt;i&gt;Recours &#224; la nuit&lt;/i&gt; r&#233;side d'abord dans sa structure polyphonique, choix strat&#233;gique qui conditionne toute la d&#233;marche de l'ouvrage. En alternant les formes (journal de bord, r&#233;flexions th&#233;matiques, transcriptions de r&#234;ves et recueil de t&#233;moignages), Virginie Gautier refuse une approche unique ou r&#233;ductrice de la nuit. Elle lui pr&#233;f&#232;re une exploration par fragments, par touches successives, qui &#233;pouse la nature m&#234;me de l'exp&#233;rience nocturne. La nuit, par essence, r&#233;siste &#224; la d&#233;finition singuli&#232;re et &#224; la vision totalisante, la forme &#233;clat&#233;e n'est donc pas un simple choix stylistique, mais une n&#233;cessit&#233; &#233;pist&#233;mologique pour demeurer fid&#232;le &#224; l'exp&#233;rience de l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre s'articule autour d'une colonne vert&#233;brale constitu&#233;e d'entr&#233;es de journal, dat&#233;es et situ&#233;es. Ces fragments ancrent l'exp&#233;rience dans un r&#233;el sensible, un temps et un lieu pr&#233;cis. Autour de ce fil chronologique viennent se greffer des sections th&#233;matiques plus r&#233;flexives qui approfondissent les intuitions n&#233;es de l'exp&#233;rience directe. Cette construction hybride permet un va-et-vient constant entre l'&#233;prouv&#233; et le pens&#233;, le corps et l'esprit, tissant une trame o&#249; l'intime et l'universel dialoguent en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/crewdson.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/crewdson-2cdff.jpg?1769156335' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Fireflies&lt;/i&gt;, de Gregory Crewdson&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses voix externes sont convoqu&#233;es pour enrichir la propre exploration de l'autrice. Elle dialogue avec des artistes (photographes, peintres) et rapporte les t&#233;moignages de celles et ceux qui vivent ou travaillent la nuit. En faisant r&#233;sonner ces autres voix, Virginie Gautier montre que la nuit est un patrimoine commun, un lieu de relations multiples qui exc&#232;de de loin l'exp&#233;rience individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se d&#233;centrer du regard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sensorielle constitue le c&#339;ur de la d&#233;marche de Virginie Gautier. Pour elle, entrer dans la nuit n'est pas tant une exploration visuelle qu'un apprentissage de l'effacement du sens souverain, la vue, au profit d'une perception qui n'est plus frontale et distanci&#233;e, mais enveloppante et haptique. Il s'agit de d&#233;sapprendre &#224; voir pour apprendre &#224; sentir autrement, en mobilisant l'ensemble du corps comme un organe perceptif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re r&#233;v&#233;latrice, l'autrice consacre une section &#224; la myopie qu'elle ne pr&#233;sente pas comme un handicap mais comme une m&#233;thode. Elle revendique ce &lt;i&gt;d&#233;faut&lt;/i&gt; comme un outil pour court-circuiter la tyrannie du regard et acc&#233;der &#224; une autre forme de connaissance, plus tactile et plus intime : &#171; J'ai clairement fond&#233; mon rapport &#224; la cr&#233;ation sur le grain de l'&#233;toffe, et prends mon parti d'une d&#233;faillance du regard qui continue de s'accentuer. Cette myopie &#8212; que je revendique comme une modalit&#233; de la rencontre &#8212; m'ouvre &#224; un contact sensible. &#187; Cette myopie volontaire devient le modus operandi de son enqu&#234;te. Pr&#233;f&#233;rer le trouble &#224; la nettet&#233;, le t&#226;tonnement &#224; la certitude, pour entrer non plus en face mais dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'abscence de la vue, les autres sens prennent le relais et se r&#233;organisent. Le toucher et l'ou&#239;e deviennent les instruments privil&#233;gi&#233;s de la perception nocturne. Le corps apprend une nouvelle grammaire du monde, comme l'illustre magnifiquement la description d'une marche en for&#234;t les yeux ferm&#233;s. On sent &#171; l'ombre froide des troncs des arbres s'interposer devant la lumi&#232;re avant la rencontre avec leurs &#233;corces &#187;. Le passage de la perception visuelle &#224; une perception thermique et tactile y est saisissant : &#171; Dans cette lenteur, dans cette absence de vue, les mains ouvrent le chemin. Elles cherchent &#224; pr&#233;venir tout obstacle, pianotent &#224; la recherche d'indices, de sensations. &#187; Le corps, guid&#233; par les mains et une ou&#239;e affin&#233;e qui capte les &#171; infimes gr&#233;sillements &#187; ou le &#171; crissement doux des escargots &#187;, d&#233;couvre un paysage d'une richesse insoup&#231;onn&#233;e, accessible uniquement par ce r&#233;agencement sensoriel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/54726656165_ac6068dc7d_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54726656165_ac6068dc7d_k-6b8dd.jpg?1769156335' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Nuit &#224; la Villa Deroze, &#224; La Ciotat&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&#171; Nuit d'arbres. C'est un morceau de montagne tout autour de la maison, avec pin&#232;de et v&#233;g&#233;tation de garrigue sous les pieds que j'ai foul&#233; avant la fin du jour. Un jardin s'y m&#234;le dont on ne sait quand il commence o&#249; il s'arr&#234;te, mais qui, de lui-m&#234;me, &#224; mesure que l'ombre l'envahit, se rend tout &#224; fait &#224; son origine sauvage. &#187;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit comme territoire po&#233;tique et g&#233;ographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obscurit&#233; n'est pas un simple intervalle temporel entre deux jours, mais bien un espace &#224; part enti&#232;re, un &#171; pays qui gagne &#224; rester largement &#233;tranger &#187;. Virginie Gautier cartographie ce territoire en montrant comment la nuit redessine les paysages familiers, leur conf&#232;re une &#233;tranget&#233;, une profondeur et une mat&#233;rialit&#233; nouvelles. Elle devient une g&#233;ographie alternative, r&#233;gie par d'autres lois que celles du monde diurne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entr&#233;es de journal regorgent d'exemples de cette m&#233;tamorphose. Le jardin, la for&#234;t ou les champs, lieux connus et ma&#238;tris&#233;s le jour, deviennent la nuit des espaces incertains et spectraux. Les rep&#232;res s'effacent, les formes se dissolvent et le r&#233;el semble basculer dans une autre dimension, &#224; la fois plus archa&#239;que et plus vibrante : &#171; Au jardin on voit comme des os. Des phosphorescences d'os, qui &#233;taient des troncs, qui &#233;taient des marches, des seuils, des encadrements de fen&#234;tres. Chaque chose, auparavant solide, devenue blancheur sans contour, corps enflant et d&#233;senflant. Corps qui &#233;taient des pierres, qui &#233;taient des branches ou de simples poteries. Avec des &#233;tranget&#233;s et des craquements qu'on ne sait reconna&#238;tre. Rien qui rassure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perception, qui transforme les arbres en squelettes et le jardin en &#171; n&#233;gatif du r&#233;el &#187;, t&#233;moigne de la puissance de la nuit &#224; d&#233;faire nos certitudes et &#224; r&#233;v&#233;ler l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; du monde que l'on croyait conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L473xH600/960px-rembrandt_harmensz__van_rijn_145_1_-306ba.jpg?1768599173' width='473' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;La Pri&#232;re de Sim&#233;on&lt;/i&gt;, Rembrandt&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pour approfondir son exploration du territoire nocturne, Virginie Gautier convoque des artistes qui ont fait du sombre la mati&#232;re de leur art. Rembrandt, en particulier, n'est pas une simple r&#233;f&#233;rence mais une figure tut&#233;laire : &#171; On dit de Rembrandt que c'est avec la nuit qu'il fait du jour &#187;. La technique du peintre, sa mani&#232;re de partir du noir, d'avancer par t&#226;tonnements dans la mati&#232;re, de pr&#233;f&#233;rer l'&#233;paisseur &#224; la lisse surface, devient le miroir de sa propre &#171; &#233;criture du sensible &#187;. La &#171; peinture d'ombres et de t&#233;n&#232;bres &#187; de l'artiste, qui privil&#233;gie la vibration lumineuse au contraste net, est une mani&#232;re de sonder la nuit non pour l'&#233;claircir, mais pour en habiter la densit&#233; et y faire sourdre la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dimension politique de l'obscurit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre d&#233;ploie une r&#233;flexion politique subtile sur notre rapport contemporain &#224; la lumi&#232;re et &#224; l'obscurit&#233;. Virginie Gautier interroge la lumi&#232;re artificielle non comme un simple progr&#232;s, mais comme un outil de contr&#244;le, d'appauvrissement du sensible et d'exclusion. Habiter la nuit devient alors un acte de r&#233;sistance face &#224; une soci&#233;t&#233; qui vise &#224; tout &#233;clairer, tout surveiller et tout ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autrice m&#232;ne une critique acerbe de la &#171; pollution lumineuse &#187; et de l'&#233;clairage public omnipr&#233;sent. Dans &#171; R&#234;veur de flammes &#187;, elle oppose la flamme vivante de la bougie &#224; la lumi&#232;re froide de l'ampoule. Reprenant Bachelard, elle note que le &#171; on/off &#187; nous prive de &#171; l'&#233;paisseur de l'acte &#187;, de ce geste qui nous constituait comme &#171; les sujets du verbe allumer &#187;. L'&#233;clairage moderne, en nous raccordant &#224; un &#171; flux commun &#187; abstrait, nous d&#233;poss&#232;de d'une relation fondamentale au monde, tandis que la bougie, elle, cr&#233;e un &#171; cercle fragile &#187; et rend &#224; nos maisons leurs &#171; profondeurs secr&#232;tes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/FNGh9V6TJvI&#034; title=&#034;Nuit Blanche avec Marie-Ange Guilleminot &#224; la Monnaie de Paris&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce constat, le livre propose un geste politique et philosophique : &#171; d&#233;s-&#233;clairer &#187;. Il ne s'agit pas d'un simple retour en arri&#232;re, mais d'une proposition radicale pour r&#233;apprendre &#224; habiter le monde, rendre l'espace aux autres vivants et retrouver une puissance perdue dans le confort et la sur-visibilit&#233; : &#171; Ce qu'on perd, on le gagne pour trouver dans le ralentissement, dans la nuit, dans le moindre, quelque chose de plus puissant. D&#233;s-&#233;clairer est et n'est pas qu'une m&#233;taphore pour se rapprocher du monde. &#187; C'est une invitation &#224; accepter une part d'ombre et d'inconnu, &#224; la fois en nous et hors de nous, comme condition d'une relation plus juste au vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Virginie Gautier utilise la nuit comme un v&#233;ritable r&#233;v&#233;lateur politique. Loin d'&#234;tre un grand &#233;galisateur, le noir amplifie les dynamiques de pouvoir qui structurent notre soci&#233;t&#233;. Que ce soit &#224; travers la surveillance urbaine o&#249; &#171; les lampadaires connect&#233;s deviennent les yeux et les oreilles d'une ville &#187;, la pr&#233;carit&#233; des migrants dans les &#171; corridors d'obscurit&#233; &#187; ou l'exp&#233;rience genr&#233;e de l'espace public, la nuit devient un test de v&#233;rit&#233;. Elle distingue violemment celui qui surveille et celui qui est surveill&#233;, celui qui est &#224; l'abri et celui qui est expos&#233;, le pr&#233;dateur et la proie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La qu&#234;te de la puissance dans &lt;i&gt;le moindre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des axes philosophiques majeurs du livre est la notion du &#171; moindre &#187;. Pour Virginie Gautier, se d&#233;prendre du spectaculaire, du visible et du confort n'est pas une asc&#232;se ou un renoncement, mais une voie d'acc&#232;s &#224; une forme de puissance et de r&#233;sonance plus profonde. Cette puissance se trouve dans ce qui est petit, discret, t&#233;nu, et souvent ignor&#233; par un regard habitu&#233; &#224; chercher l'&#233;vidence. Le &#171; moindre &#187; est ce qui nous relie &#224; l'essentiel lorsque nous acceptons de ralentir et de r&#233;adapter notre perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autrice inscrit explicitement sa d&#233;marche dans la lign&#233;e du cin&#233;aste Nicolas Philibert (&lt;i&gt;La Moindre des choses&lt;/i&gt;) et surtout du p&#233;dagogue et penseur Fernand Deligny (&lt;i&gt;Le Moindre geste&lt;/i&gt;). Elle partage avec eux cette &#171; attention &#224; ce qui ne fait pas imm&#233;diatement sens, et qui serait justement ce qui a de l'importance &#187;. Il s'agit de valoriser le geste infime, la pr&#233;sence discr&#232;te, la trace &#224; peine visible, non pour leur insignifiance mais pour la richesse de monde qu'ils contiennent et r&#233;v&#232;lent &#224; qui sait regarder.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/dessin-22nuits22-n.2-mai-2024-1024x726.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/dessin-22nuits22-n.2-mai-2024-1024x726-4cadf.jpg?1769157722' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Nuits&lt;/i&gt;, s&#233;rie de dessins de Virginie Gautier (encre sur papier 19X26 cm)&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le texte est parsem&#233; d'illustrations concr&#232;tes de cette attention au d&#233;tail. Ce peut &#234;tre le son presque inaudible d'un escargot, la texture d'une &#233;corce rencontr&#233;e dans le noir, ou la lueur fragile d'un ver luisant. &#171; Lampyre, si modeste soit-elle, sauve ce soir par sa pr&#233;sence de tr&#232;s petite lanterne, par sa vie minuscule, le jardin tout entier. &#187; Dans cet &#233;clat minuscule, c'est tout un monde qui est sauv&#233; de l'indiff&#233;rence et de l'obscurit&#233; totale. La puissance ne r&#233;side pas dans l'intensit&#233; de la lumi&#232;re, mais dans le simple fait de sa pr&#233;sence, si infime soit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, c'est en se concentrant sur le &#171; moindre &#187; que l'on parvient &#224; approcher la &#171; d&#233;mesure du monde &#187;. C'est en se faisant &#171; tout petit &#187;, en cherchant &#224; &#171; s'all&#233;ger de l'omnipr&#233;sence humaine &#187;, que l'on peut v&#233;ritablement ressentir le vertige de l'immensit&#233; &#233;toil&#233;e. L'attention au d&#233;tail n'est pas un r&#233;tr&#233;cissement du champ de perception, mais au contraire une mani&#232;re d'entrer en r&#233;sonance avec l'immense sans l'hubris de le ma&#238;triser, trouvant dans cet all&#232;gement un profond &#171; r&#233;confort &#187;. Cette philosophie du &#171; moindre &#187; n'est pas une simple posture, mais l'aboutissement de toute la d&#233;marche de l'ouvrage : une proposition concr&#232;te pour habiter le monde autrement, en y cherchant non pas la ma&#238;trise, mais la relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Virginie Gautier d&#233;ploie dans son livre une &#233;criture du d&#233;centrement, nous invitant &#224; quitter la souverainet&#233; du regard pour nous ouvrir &#224; une perception plus tactile et plus humble du monde. Elle nous incite &#224; consid&#233;rer la nuit non plus comme une absence, mais comme un territoire foisonnant, un espace de r&#233;sistance et le lieu d'une qu&#234;te philosophique de la puissance dans le &#171; moindre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force principale du livre r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; transformer une exp&#233;rience intime et personnelle en une r&#233;flexion universelle sur notre rapport &#224; la nature, au temps et &#224; la modernit&#233;. Port&#233;e par une &#233;criture d'une grande pr&#233;cision, &#224; la fois charnelle et &#233;vocatrice, l'enqu&#234;te de Virginie Gautier nous touche par sa justesse et sa profondeur. Elle ne cherche pas &#224; imposer une v&#233;rit&#233;, mais &#224; ouvrir des pistes, &#224; partager des sensations et &#224; susciter des questionnements. Plus qu'une simple exploration de la nuit, Virginie Gautier nous offre une v&#233;ritable &#233;thique de la perception. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.virginiegautier.com/recours-a-la-nuit/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Recours &#224; la nuit&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un appel vibrant &#224; &#171; r&#233;adapter notre &#339;il &#187;, &#224; accueillir le sombre, le sauvage et l'incertain. C'est une invitation &#224; retrouver, dans l'ombre volontairement choisie, une libert&#233; et une intensit&#233; d'&#234;tre face &#224; un monde qui, en cherchant &#224; tout &#233;clairer, risque de nous laisser aveugles &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>F comme Fugue : Polyphonie de voix au milieu du fracas</title>
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		<dc:date>2026-01-09T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Silence</dc:subject>
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&lt;p&gt;Bruits, le roman d'Anne Savelli est une lecture immersive. Une exp&#233;rience sensorielle intense, une travers&#233;e litt&#233;raire qui nous fait entendre la ville comme une &#233;preuve permanente. Le texte nous plonge, minute par minute, dans un tumulte o&#249; le fracas du monde ext&#233;rieur se confond avec le vacarme int&#233;rieur de ses habitants. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers la fugue d'une tr&#232;s jeune enfant nomm&#233;e F, le roman tisse une polyphonie de voix qui luttent pour exister au milieu du chaos. La fugue de F comme fil narratif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_30_1_-bc20b.png?1767945921' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, le roman d'Anne Savelli est une lecture immersive. Une exp&#233;rience sensorielle intense, une travers&#233;e litt&#233;raire qui nous fait entendre la ville comme une &#233;preuve permanente. Le texte nous plonge, minute par minute, dans un tumulte o&#249; le fracas du monde ext&#233;rieur se confond avec le vacarme int&#233;rieur de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers la fugue d'une tr&#232;s jeune enfant nomm&#233;e F, le roman tisse une polyphonie de voix qui luttent pour exister au milieu du chaos. La fugue de F comme fil narratif d'une qu&#234;te de silence, la ville en tant que personnage sonore et oppressant, et la conqu&#234;te du langage comme un acte de survie qui, d'individuel, deviendra finalement collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8625 spip_document spip_documents spip_document_video spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure narrative de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; s'articule autour de la fuite de son personnage principal, F, une enfant dont l'errance devient le point de convergence de toutes les tensions du roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman s'ouvre sur une sc&#232;ne d'une brutalit&#233; assourdissante : une descente de police dans l'immeuble de F. Cet &#233;v&#233;nement, marqu&#233; par la confusion et la violence, est le d&#233;clencheur de sa fuite. L'intrusion fracasse non seulement une porte, mais aussi le fragile &#233;quilibre de l'enfant, la projetant hors de chez elle. La description de la sc&#232;ne est s&#232;che, factuelle, et n'en est que plus percutante : &#171; Une matraque, un b&#233;lier ? C'est all&#233; en avant, en arri&#232;re, &#231;a a fait une bascule, a fracass&#233; la porte et la masse est entr&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage de F est celui d'une tr&#232;s jeune fille dont la fuite n'est pas une aventure, mais une recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;e de silence. Elle fuit une agression sonore constante, que ce soit la violence polici&#232;re, les disputes des voisins ou le grondement incessant de la circulation. Face &#224; ce vacarme, son premier refuge est son imagination, un espace int&#233;rieur o&#249; elle peut construire des abris et inventer des r&#233;cits pour &#233;chapper au r&#233;el. Depuis le placard o&#249; elle tente de se cacher, elle se raconte d&#233;j&#224; une autre vie, loin du bruit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors, je partirai en for&#234;t, racontes-tu depuis le placard. J'entrerai dans une grotte, j'apprendrai le feu, la cueillette. Plus loin, plus tard peut-&#234;tre, je trouverai un chalet, inhabit&#233; bien s&#251;r, avec volets aux fen&#234;tres et bo&#238;tes de conserve align&#233;es sur des &#233;tag&#232;res. Et s'il n'y a rien de tout &#231;a, je fabriquerai une cabane au fond d'une clairi&#232;re, dans un arbre, en hauteur, sans mulots ni rats ni chasseurs ni ogres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, la ville n'est pas un simple d&#233;cor. Elle est une entit&#233; vivante, un personnage &#224; part enti&#232;re dont la voix est une cacophonie constante qui agresse et fa&#231;onne l'existence de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/49403919118_cf74ee353c_k_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49403919118_cf74ee353c_k_1_-9e6d5.jpg?1767945921' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Casque anti-bruit d'Anne Savelli&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli cartographie un paysage urbain satur&#233; de stimuli, mais le &#171; bruit &#187; y rev&#234;t des formes multiples et complexes. Il y a bien s&#251;r la cacophonie du quotidien (circulation, travaux, commerces) qui constitue une &#171; &#233;preuve permanente &#187;. Mais aussi, paradoxalement, un silence oppressant, comme celui qui d&#233;soriente le voisin dans le v&#233;hicule de police, un vide sonore plus angoissant que le vacarme familier. Le bruit peut &#233;galement &#234;tre une technologie, un son activement militaris&#233;, comme la musique et les lumi&#232;res assourdissantes du flex office, con&#231;ues pour &#171; am&#233;liorer l'exp&#233;rience &#187; mais v&#233;cues comme une v&#233;ritable &#171; torture &#187;. Enfin, le bruit s'int&#233;riorise jusqu'&#224; devenir organique, &#224; l'image du &#171; pchit-pchit-pchit &#187; acouph&#233;nique du battement de c&#339;ur dans l'oreille, &#233;tudi&#233; par un jeune m&#233;decin. La ville d'Anne Savelli est une machine hostile qui agresse les sens de toutes les mani&#232;res possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retranscrire ce chaos, le roman adopte une structure polyphonique. La narration ne se limite pas au point de vue de F, mais s'infiltre dans de multiples &#171; bo&#238;tes cr&#226;niennes &#187;. Bien que ces consciences soient isol&#233;es, leurs luttes parall&#232;les contre l'agression acoustique forment un r&#233;seau implicite, une communaut&#233; fragment&#233;e par la souffrance partag&#233;e. Parmi ces voix, on retrouve notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelly, la caissi&#232;re et ancienne danseuse, qui lutte contre le bruit du supermarch&#233;. Dans sa t&#234;te, ses gestes de mise en rayon redeviennent une &#171; chor&#233;graphie &#187;, son imagination agissant comme un ultime rempart.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voisin, arr&#234;t&#233; lors de la descente de police. Dans le silence de la voiture, il n'est pas seulement d&#233;sorient&#233; ; il tente activement d'&#171; anticiper les questions qui viendront &#187;, pr&#233;parant le r&#233;cit qu'il devra livrer, illustrant parfaitement la th&#233;matique de la narration comme survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vieux locataire, dont l'obsession matinale est le vacarme du camion-poubelle qui le r&#233;veille chaque jour sans espoir de r&#233;pit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernex (Le policier). Officier de police hant&#233; par les images de violence et le bruit incessant de son travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cin&#233;aste, une femme brune &#224; m&#232;che blanche qui, de retour de voyage, r&#233;fl&#233;chit &#224; la difficult&#233; de raconter les autres, les invisibles, et se demande comment r&#233;aliser un autoportrait quand son regard est toujours tourn&#233; vers l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elisa Day / Sybille (La patiente X), une femme hospitalis&#233;e, initialement inconsciente et sans identit&#233;. &#171; Cette femme qui parle dans ses r&#234;ves. &#187; Elle est renomm&#233;e Elisa Day par le Docteur W en r&#233;f&#233;rence &#224; la chanson de Nick Cave qui la fait r&#233;agir. Elle per&#231;oit le monde par une &lt;i&gt;&#233;coute panoramique&lt;/i&gt; depuis son lit et finit par s'&#233;veiller sous le nom de Sybille pour quitter l'h&#244;pital avec F.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/lDpnjE1LUvE&#034; title=&#034;Nick Cave &amp; The Bad Seeds ft. Kylie Minogue - Where The Wild Roses Grow (Official HD Video)&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un r&#233;el insupportable et &#224; un monde satur&#233; de bruits, l'imagination, la narration et les mots deviennent des outils de r&#233;sistance. C'est par le langage que les personnages, et F en particulier, trouvent une voie d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les personnages de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, survivre signifie &#171; inventer des r&#233;cits &#187;. Que ce soit F qui r&#234;ve d'une cabane en for&#234;t, Kelly qui transpose son travail en ballet, ou le voisin qui &#233;labore une narration pr&#233;ventive pour son interrogatoire, la cr&#233;ation est une strat&#233;gie pour donner un sens au chaos, pour se construire un espace mental o&#249; le r&#233;el peut &#234;tre ma&#238;tris&#233;, ou du moins, support&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je le r&#233;p&#232;te : imaginez que vous ne puissiez plus ni parler, ni jouer, ni lire, ni apprendre, ni regarder un film. Que vous n'ayez plus acc&#232;s aux r&#233;cits d&#233;j&#224; formul&#233;s de vos semblables. Que votre seule possibilit&#233; soit d'attendre, allong&#233;e, inchang&#233;e, sans aucune certitude sur la suite &#224; venir. Sachant que vous &#234;tes capable d'entendre ce qui vous entoure, que feriez-vous, alors, pour ne pas devenir folle ? Comment, je vous le demande, penser par soi-m&#234;me &#224; nouveau et retrouver un fil pour d&#233;crypter le monde ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/frise_9-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/frise_9-10-a4242.jpg?1767945921' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Frise de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, photographie d'Anne Savelli prise &#224; la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon, Paris 10&#232;me&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La fugue de F qui grandit et devient une femme au fil du r&#233;cit, se double d'un parcours initiatique vers l'autonomie par le langage. Une &#233;tape cl&#233; de son &#233;mancipation est le moment o&#249;, pour la premi&#232;re fois, elle parvient &#224; d&#233;chiffrer l'heure sur une horloge num&#233;rique. Ce n'est plus un simple clignotement de chiffres, mais un message qu'elle peut lire et nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est marqu&#233; [09:09]. [09:09] &#231;a clignote, [09:09] &#231;a insiste. Il est [09:09] pour tout le monde sauf pour toi, et soudain, toujours &#224; [09:09], [09:09] devient neuf-heures-neuf. Tu r&#233;p&#232;tes &#224; voix haute : NEUF HEURES NEUF. Voil&#224;, tu sais lire [09:09]. Victoire. Si ce n'est que d&#233;j&#224;, &#224; peine le temps de le dire, il est [09:10]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re victoire sur le chaos est fondamentale. Elle est un microcosme de la d&#233;marche m&#234;me du roman : imposer un ordre linguistique &#224; un tumulte insens&#233;. Plus tard, cette conqu&#234;te s'&#233;tendra &#224; la lecture des murs de la ville, o&#249; elle d&#233;chiffre les fant&#244;mes d'anciennes inscriptions (&#171; Chi-ffo-nnier, Mar-chan-d'vin, Foi-ra-nnuelle &#187;). Elle n'y voit pas des messages secrets, mais apprend &#224; lire les strates temporelles de la cit&#233;, son histoire. En apprenant &#224; lire le monde qui l'entoure, F cesse d'en &#234;tre seulement la victime ; elle commence &#224; se l'approprier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_244.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH280/media_file_244-41c0c.jpg?1767945922' width='500' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Stanza, Multi-Composition de Catherine Gfeller&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La forme m&#234;me du roman d'Anne Savelli est une r&#233;flexion sur son sujet. La structure &#233;clat&#233;e du texte sous forme d'ondes successives qui se d&#233;ploient dans le temps, est la transcription litt&#233;raire de l'exp&#233;rience du bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est un texte fragment&#233;. Chaque extrait est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un horodatage et d'indications de lieu ([06:02] [cit&#233;] [troisi&#232;me &#233;tage] [palier]). La narration saute d'une conscience &#224; une autre, m&#234;lant dialogues, pens&#233;es et descriptions en un flux continu et saccad&#233;. Cette &#233;criture imite le bombardement de stimuli du monde contemporain et la perception psychologique d'un environnement satur&#233;. La fragmentation n'est pas synonyme de d&#233;sordre, elle est au contraire la forme la plus juste pour dire un monde qui a perdu son centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais pas ce que nous faisons l&#224;, toi et moi, ce que le bruit fait l&#224;, entre nous, dans nos corps, ni com&#173;ment il entre dedans et transforme le monde, et nous transforme, nous. Je ne sais pas si ce que je vis, ce sont des images mentales, une forme r&#234;v&#233;e, mouvante, tourbillonnante, un cauchemar, si je d&#233;r&#233;alise, si je per&#231;ois au plus pr&#232;s, au contraire, si je suis tout enti&#232;re fix&#233;e dans la mati&#232;re, un corps ou le frottement d'un drap, de la peau et des os ou un rideau qui flotte &#224; la fen&#234;tre entrav&#233;e. Je ne sais pas si mon corps se d&#233;forme, &#224; quoi il ressemble, quel est son &#226;ge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_266.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH125/media_file_266-dc03e.jpg?1767945922' width='500' height='125' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Elle ne sait pas o&#249; la ville s'arr&#234;te&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_265.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH161/media_file_265-1af9d.jpg?1767945922' width='500' height='161' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Elle garde en elle toutes ces voix diff&#233;rentes &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8614 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_267.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH131/media_file_267-297be.jpg?1767945922' width='500' height='131' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Elle r&#234;ve sur ce qui n'a pas eu lieu&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Visages de villes, de Catherine Gfeller&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le texte poss&#232;de une forte dimension m&#233;ta-litt&#233;raire, r&#233;fl&#233;chissant &#224; ses propres r&#232;gles au moment m&#234;me o&#249; il les met en &#339;uvre. Cette conscience de soi se manifeste &#224; plusieurs niveaux. D'abord, par une ironie formelle, lorsqu'une voix &#233;nonce des consignes narratives classiques avant de les dynamiter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Consigne : Respecter le niveau de lan&#173;gue des personnages. Une caissi&#232;re ne d&#233;clame pas de vers dans le vestiaire d'un supermarch&#233;. Une fillette ne parle pas en po&#232;te, pas plus qu'un vieux de cit&#233; qui jacte. Au mieux, elle conna&#238;t des comptines. Au pire, il &#233;ructe, se plaint, balance des phrases probl&#233;matiques. On se m&#233;fiera du style oralis&#233;, qui devra de&#173;meurer fluide, et des questions pos&#233;es. On ne m&#234;lera pas les voix, les bruits, les sons, les formes, les noms, les onomatop&#233;es. | Ah | F comme fuck. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transgression est l'acte de naissance du roman, qui s'arroge le droit de forger ses propres r&#232;gles pour dire le chaos. &#171; Briser les habitudes. D&#233;tourner les r&#232;gles. Quitter la m&#233;canique des r&#233;flexes conditionn&#233;s. &#187; Mais cette autor&#233;flexion va plus loin en int&#233;grant la figure de Constance, la doctorante qui analyse, dans une sc&#232;ne saisissante, la vid&#233;o d'une rencontre litt&#233;raire. Son monologue int&#233;rieur d&#233;cortique avec une lucidit&#233; f&#233;roce les dynamiques de pouvoir &#224; l'&#339;uvre. L'universitaire homme qui monopolise la parole, l'&#233;crivaine femme contrainte au sourire, les marqueurs de classe dans le langage. Le roman int&#232;gre ainsi sa propre critique, se pensant non seulement comme objet litt&#233;raire mais aussi comme acteur au sein d'un champ culturel et social. La conqu&#234;te des mots par F trouve ici son &#233;cho critique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande force de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est de ne pas &#234;tre seulement le r&#233;cit d'une oppression sonore. C'est avant tout celui d'une &#233;mancipation par le langage, qui passe de la survie individuelle &#224; la possibilit&#233; d'une action collective. Le parcours de F, de sa victoire solitaire sur les chiffres, &#224; sa lecture des strates de la ville, est la graine d'une conscience qui germe. Cette &#233;mancipation individuelle trouve son aboutissement dans les derni&#232;res pages du roman, qui d&#233;laissent les &#171; bo&#238;tes cr&#226;niennes &#187; isol&#233;es pour mettre en sc&#232;ne un rassemblement. Dans un geste coordonn&#233;, des femmes sont &#171; &#233;veill&#233;es &#187; par des signaux sonores et sortent dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [20:25] Elles sont toutes hors de chez elles, maintenant. Gr&#226;ce &#224; celles qui &#233;clairent les abords des gares, les recoins, les ruelles en allumant, dans un geste coordonn&#233;, leurs guirlandes &#233;lectriques et leurs lampes de po&#173;&#173;che, la ville peut s'&#233;tendre, enfin. Ne plus avoir peur de la nuit, ne plus s'inqui&#233;ter de la rue dont les dangers s'&#233;loignent, des trottoirs qu'elles arpentent &#224; coups de talon, com&#173;me dans les films de la brune &#224; m&#232;che blanche, ou en baskets, &#224; petites foul&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles reprennent possession de l'espace nocturne, transformant le bruit subi en un langage choisi, en une pr&#233;sence collective. &#192; partir du chaos, de la fragmentation et de la violence, Anne Savelli ne fait pas seulement &#233;merger une voix singuli&#232;re, elle tisse les fils d'un ch&#339;ur et rend &#224; la litt&#233;rature sa puissance politique : celle de construire, au c&#339;ur m&#234;me du tumulte, un refuge et un avenir communs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour accompagner l'&#233;criture de son livre, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://annesavelli.fr/bruits/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; a &#233;labor&#233;, avec Joachim S&#233;n&#233; pour la cr&#233;ation du site web et Jean-Marc Montera pour la musique, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/bruits/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une cr&#233;ation propos&#233;e sur le site de L'aiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en partenariat avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/663-anne-savelli-a-marseille.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/bruits-d-anne-savelli&#034;&gt;Lecture d'un extrait du texte dans le podcast &lt;i&gt;en lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;criture &#224; l'&#232;re de sa reproductibilit&#233; photographique</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/l-ecriture-a-l-ere-de-sa-reproductibilite-photographique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/l-ecriture-a-l-ere-de-sa-reproductibilite-photographique</guid>
		<dc:date>2025-12-12T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Jeu</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Sens</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique, d'Allan Deneuville, publi&#233; en 2025 chez UGA &#201;ditions est &#233;galement publi&#233; sur OpenEdition Books. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 novembre 2025, Sylvain Bourmeau recevait Allan Deneuville, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne et auteur de Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique (UGA &#201;ditions, septembre 2025), dans son &#233;mission La Suite dans les id&#233;es sur France Culture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Anatomie d'un geste invisible (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/jeu" rel="tag"&gt;Jeu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/sens" rel="tag"&gt;Sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/francois-bon" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/te_tie_re_copier-coller_01_1_-a8658.jpg?1765526986' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L120xH184/couv_copie_-colle__02b_final_1_-00225.jpg?1764930178' width='120' height='184' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.uga-editions.com/menu-principal/collections-et-revues/collections/humanites-et-medialites/copier-coller-le-tournant-photographique-de-l-ecriture-numerique-1562658.kjsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique&lt;/i&gt;, d'Allan Deneuville, publi&#233; en 2025 chez UGA &#201;ditions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est &#233;galement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/ugaeditions/49972&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233; sur OpenEdition Books&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre 2025, Sylvain Bourmeau recevait Allan Deneuville, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne et auteur de &lt;i&gt;Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique&lt;/i&gt; (UGA &#201;ditions, septembre 2025), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr//franceculture/podcasts/la-suite-dans-les-idees/le-geste-de-copier-coller-un-nouveau-paradigme-pour-la-creation-3003463&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans son &#233;mission &lt;i&gt;La Suite dans les id&#233;es&lt;/i&gt; sur France Culture&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anatomie d'un geste invisible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste est si quotidien qu'il en devient invisible. On copie, on colle, un morceau d'article, une ligne de code, une phrase qu'on veut garder sous la main. Une action trop machinale pour qu'on y pr&#234;te attention, sauf quand tout se bloque et qu'on r&#233;alise soudain combien elle nous est devenue indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre, Allan Deneuville montre que le copier-coller n'est ni un appauvrissement de l'&#233;criture ni un plagiat facilit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le plagiat est une copie qui a comme objectif de s'invisibiliser. Tout (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est un geste neuf, un geste de capture, qui transforme notre mani&#232;re de produire et de faire circuler les textes. En retra&#231;ant son histoire, l'auteur r&#233;v&#232;le non seulement une &#233;volution technique, mais aussi des changements culturels et mentaux qui accompagnent nos vies en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce geste ? Pourquoi s'est-il impos&#233; si vite ? Et que dit-il de notre &#233;poque ? Deneuville esquisse la r&#233;ponse : derri&#232;re sa simplicit&#233; apparente, le copier-coller fa&#231;onne une nouvelle mani&#232;re d'&#233;crire, faite de fragments, d'emprunts et de recompositions. Une &#233;criture typique de notre monde num&#233;rique, discr&#232;te mais profond&#233;ment structurante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Red&#233;finir le geste : De la main qui &#233;crit &#224; l'&#339;il qui capture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tournant photographique de l'&#233;criture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut comprendre ce que fait vraiment le copier-coller, il faut cesser de le regarder comme un simple outil d'&#233;criture. Certes, d&#233;placer des morceaux de textes, les r&#233;assembler, les faire tenir ensemble par une couture plus ou moins visible n'a rien de neuf, Paul Val&#233;ry accumulait notes et bribes de textes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mon travail d'&#233;crivain consiste uniquement &#224; mettre en &#339;uvre (&#224; la lettre) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais quelque chose s'est d&#233;plac&#233; avec les technologies num&#233;riques. Le geste n'est plus seulement une mani&#232;re de composer, c'est une mani&#232;re de saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'hypoth&#232;se d'Allan Deneuville devient &#233;clairante, pour lui, le copier-coller est un geste photographique. L'id&#233;e peut surprendre, mais elle nous convainc tr&#232;s vite. La photo, &#233;crivait Andr&#233; Bazin dans &lt;i&gt;Qu'est-ce que le cin&#233;ma ?&lt;/i&gt;, a lib&#233;r&#233; les arts plastiques de leur obsession de l'imitation. &#192; l'inverse, le copier-coller, geste &lt;i&gt;photographique&lt;/i&gt; dans son principe, rappelle &#224; l'&#233;criture sa puissance d'imitation, non plus du monde mais d'autres textes. On n'&#233;crit plus seulement pour d&#233;crire, mais on pr&#233;l&#232;ve, on isole, on capture des formes d&#233;j&#224; existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette capture n'a rien d'anodin. Elle donne au texte copi&#233; une valeur d'empreinte. Roland Barthes parlait dans &lt;i&gt;La chambre claire&lt;/i&gt; du fameux &#171; &#231;a-a-&#233;t&#233; &#187;, qui garantit que l'image atteste un instant du r&#233;el. Copier-coller un passage (&#224; condition d'indiquer d'o&#249; il vient) produit un effet comparable, il signale qu'un ensemble pr&#233;cis de mots a exist&#233; ailleurs, avant, dans un autre contexte. Ce n'est plus simplement un &#233;nonc&#233;, c'est une trace, un pr&#233;l&#232;vement r&#233;alis&#233; dans le flux incessant des textes num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la port&#233;e de ce geste, il faut aussi revenir &#224; son histoire, une histoire industrielle, machinique, o&#249; le manipuler, le r&#233;p&#233;ter, le dupliquer sont devenus des op&#233;rations aussi fondamentales que lire ou &#233;crire. Le copier-coller dit quelque chose de profond sur la mani&#232;re dont nous transformons aujourd'hui les mots, les id&#233;es et le r&#233;el lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arch&#233;ologie d'un geste industriel : vitesse et fid&#233;lit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La g&#233;n&#233;alogie de l'outil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le copier-coller s'inscrit dans une longue histoire de la copie. Depuis le XIX&#7497; si&#232;cle, on a cherch&#233; &#224; reproduire les textes toujours plus vite et plus fid&#232;lement. Cette double exigence a fa&#231;onn&#233; quantit&#233; d'inventions qui, d'&#233;tape en &#233;tape, ont fait glisser la copie de la main du copiste vers l'&#339;il de la machine, jusqu'&#224; ce geste devenu aujourd'hui presque r&#233;flexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on remonte cette g&#233;n&#233;alogie, on retrouve d'abord le scribe, premier artisan de la reproduction, dont le travail restait lent, co&#251;teux, fragile. L'imprimerie de Gutenberg a &#233;videmment tout chang&#233;. Le texte s'est mis &#224; se multiplier &#224; l'identique, mais avec des moyens lourds et r&#233;serv&#233;s &#224; quelques sp&#233;cialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le XIX&#7497; si&#232;cle ouvre un autre chapitre, plus intime et prosa&#239;que. Les presses &#224; copier, les papiers carbone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La machine de Pellegrino Turri a &#233;t&#233; mise au point pour permettre &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis une s&#233;rie de machines &#224; dupliquer qui accompagnent l'essor administratif et commercial. Vient ensuite la photocopieuse, qui fait basculer la copie dans un r&#233;gime proprement visuel. Ce n'est plus un texte qu'on reproduit, mais l'image d'un texte. Les r&#233;dactions en savent quelque chose : &lt;i&gt;couper&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;coller&lt;/i&gt; viennent litt&#233;ralement des ciseaux et de la colle utilis&#233;s pour monter les pages ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au moment o&#249; tout cela bascule dans le num&#233;rique. Dans les ann&#233;es 1970, au Xerox PARC, Larry Tesler imagine un geste qui deviendra universel : le copier-coller. Avec lui na&#238;t aussi l'id&#233;e du &lt;i&gt;presse-papier&lt;/i&gt;, cet espace minuscule, temporaire, o&#249; transitent aujourd'hui des milliards de fragments. &#171; Qu'elle est la permanence temporelle de cette m&#233;moire volatile ? Est-elle vraiment volatile si elle peut durer des heures ? Que fait-elle pendant des heures dans mon ordinateur ? Ne pouvons-nous pas en trouver, n'en serait-ce qu'une infime trace, dans une autre couche de l'ordinateur ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire rappelle &#224; quel point ce geste, si simple en apparence, est le produit d'une longue ing&#233;nierie. Rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est un geste con&#231;u, optimis&#233;, affin&#233;. Son &#233;vidence actuelle masque la complexit&#233; de son pass&#233; et les effets immenses de sa diffusion dans nos mani&#232;res de lire, d'&#233;crire, de penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux d'une pratique : Du geste individuel &#224; la construction du r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hypergeste collectif et l'&#233;ditorialisation du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il s'accomplisse seul, le copier-coller agit comme un geste collectif &#224; grande &#233;chelle. Des milliards de personnes l'ex&#233;cutent chaque jour, sans se conna&#238;tre, et pourtant leurs actions s'additionnent, se r&#233;pondent, s'influencent. C'est ce que le math&#233;maticien, musicien et th&#233;oricien du jazz suisse Guerino Mazzola appelle un &lt;i&gt;hypergeste&lt;/i&gt;. Une force commune n&#233;e de gestes minuscules et dispers&#233;s, comme une improvisation collective o&#249; chacun joue sa note sans entendre l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement d'ensemble, le copier-coller devient un outil central de ce que Marcello Vitali-Rosati nomme l'&lt;i&gt;&#233;ditorialisation&lt;/i&gt; : toutes ces op&#233;rations visibles ou invisibles qui fa&#231;onnent l'espace num&#233;rique, qui d&#233;cident de ce qui circule, de ce qui s'impose, de ce qui dispara&#238;t. Copier-coller un fragment n'est donc jamais une op&#233;ration neutre. C'est un acte qui produit du r&#233;el, qui d&#233;place des contours, qui fabrique des &#233;vidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode de la fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonn&#232;s, en 2019, l'a montr&#233; de mani&#232;re in&#233;dite. Une information erron&#233;e, relay&#233;e de r&#233;daction en r&#233;daction, copi&#233;e, recopi&#233;e, a suffi pour construire en quelques heures une r&#233;alit&#233; m&#233;diatique. &#171; Cette anecdote permet de rendre compte de certaines dynamiques de construction du r&#233;el par l'&#233;ditorialisation et le copier-coller. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette puissance du copier-coller r&#233;v&#232;le une tension profonde, particuli&#232;rement visible &#224; l'universit&#233;. On continue de voir dans ce geste un raccourci moralement condamnable (le plagiat), sans toujours percevoir qu'il traduit aussi une collision entre deux r&#233;gimes de savoir, celui du livre imprim&#233;, o&#249; l'on valorise la propri&#233;t&#233; intellectuelle, la signature, l'original, et celui du num&#233;rique, qui privil&#233;gie le flux, le m&#233;lange, la recomposition. Entre ces deux mondes, les &#233;tudiants naviguent comme ils peuvent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous le plagiat, le pav&#233; de l'authenticit&#233; : vieux mot d'ordre, qu'on aurait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/chapitre_2_figure_2_4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH666/chapitre_2_figure_2_4-0d548.png?1765526987' width='500' height='666' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Nicolas Aiello, dans son &#339;uvre &lt;i&gt;Drawing as Epistemological Tool&lt;/i&gt;, recopie sur des feuilles de 50 &#215; 70 cm, &#171; fragment d'une expression &#187; de l'historien de l'art Aby Warburg
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La po&#233;sie comme d&#233;sautomatisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie contemporaine, et en particulier tout ce qui gravite autour de l'&lt;i&gt;uncreative writing&lt;/i&gt; de Kenneth Goldsmith&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;criture sans &#233;criture - du langage &#224; l'&#226;ge num&#233;rique, Kenneth Goldsmith, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'est empar&#233;e du copier-coller pour en faire tout autre chose qu'un simple r&#233;flexe pratique. Arrach&#233; &#224; son usage utilitaire, ce mouvement r&#233;p&#233;titif devient un geste po&#233;tique, mais aussi un outil critique, capable de faire surgir ce qui reste habituellement enfoui dans le flux num&#233;rique. Les po&#232;tes, en r&#233;cup&#233;rant des morceaux d'Internet (commentaires YouTube, tweets perdus, messages de forums), se bricolent de nouveaux dispositifs et protocoles pour regarder autrement notre monde connect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cory Arcangel, par exemple, rassemble tous les tweets contenant &#171; working on my novel &#187; (Je travaille sur mon roman). Une simple phrase r&#233;p&#233;t&#233;e par des inconnus devient un portrait d'&#233;poque, fait d'inqui&#233;tudes et de projets suspendus. Il fait appara&#238;tre ce qu'on ne remarquait plus. Il choisit des fragments minuscules qu'il met en lumi&#232;re. Ici, choisir, c'est d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Leibovici assemble des &lt;i&gt;documents po&#233;tiques&lt;/i&gt; qui, mis bout &#224; bout, forment des archives de nos pr&#233;sences num&#233;riques. Il explore les communaut&#233;s en ligne comme on observerait des fa&#231;ons de vivre. Il s'y emploie lorsqu'il r&#233;cup&#232;re des discussions de forums pour comprendre les rituels de la s&#233;duction &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;marches montrent bien que la v&#233;ritable habilet&#233; du copier-coller ne tient pas &#224; la facilit&#233; du geste (tout le monde sait appuyer sur deux touches), mais &#224; ce qui pr&#233;c&#232;de et suit ce geste : regarder, choisir, d&#233;placer, recomposer. Elles nous invitent &#224; consid&#233;rer le copier-coller non comme une facilit&#233;, mais comme une autre fa&#231;on d'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser avec le copier-coller&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le copier-coller, ce n'est pas seulement deux touches qu'on presse sans y penser. C'est un geste qui tient presque de la prise de vue. On pr&#233;l&#232;ve, on cadre, on d&#233;place. H&#233;ritier de toute une culture industrielle de la reproduction, il a peu &#224; peu transform&#233; notre mani&#232;re d'&#233;crire en un travail de capture et de montage. En le rapprochant de la photographie, on ne cherche pas une image commode. On se donne une mani&#232;re plus juste de comprendre ce qu'il fait, ce qu'il ouvre et ce qu'il trouble. Son c&#244;t&#233; &lt;i&gt;indice&lt;/i&gt;, sa capacit&#233; &#224; organiser des fragments et sa r&#233;cup&#233;ration par la po&#233;sie montrent &#224; quel point ce geste anodin structure notre rapport au num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives amplifie encore cette dynamique. On pourrait presque voir des outils comme ChatGPT comme un &#171; JPEG flou de tout le texte du Web &#187;, car on est face &#224; des machines &#224; pr&#233;lever, &#224; compresser et &#224; r&#233;agencer des quantit&#233;s immenses de textes. Une sorte de copier-coller d&#233;multipli&#233;, devenu syst&#232;me. Dans cette situation, il devient essentiel d'apprendre &#224; regarder de pr&#232;s ce geste si banal : comprendre ce que signifie choisir un fragment, le sortir de son contexte, lui en donner un autre. &#171; D&#233;plier le fonctionnement du copier-coller, &#233;crit Allan Deneuville en conclusion, aide &#224; la compr&#233;hension des dispositifs avec et par lesquels nous communiquons aujourd'hui, dans des rapports croisant le scripturaire et le photographique. &#187; Apprendre &#224; penser avec le copier-coller, c'est finalement apprendre &#224; circuler plus lucidement dans le monde num&#233;rique o&#249; l'on vit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le plagiat est une copie qui a comme objectif de s'invisibiliser. Tout plagiat est une copie, mais toute copie n'est pas un plagiat. Le plagiat est une notion &#224; caract&#232;re axiologique, l&#224; o&#249; la copie est une pratique d'&#233;criture parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mon travail d'&#233;crivain consiste uniquement &#224; mettre en &#339;uvre (&#224; la lettre) des notes, des fragments &#233;crits &#224; propos de tout, et &#224; toute &#233;poque de mon histoire. Pour moi, traiter un sujet, c'est amener des morceaux existants &#224; se grouper dans le sujet choisi bien plus tard ou impos&#233;. (Val&#233;ry, 1977, p. 245-246)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La machine de Pellegrino Turri a &#233;t&#233; mise au point pour permettre &#224; la comtesse Carolina Fantoni da Fivizzano, devenue aveugle, &#171; d'&#233;crire de mani&#232;re priv&#233;e &#224; ses amis &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous le plagiat, le pav&#233; de l'authenticit&#233; : vieux mot d'ordre, qu'on aurait pu croire d&#233;finitivement rendu caduc par les courants esth&#233;tiques modernes. Mais l'authenticit&#233; fait un beau retour en force, avec sa doublure : l'originalit&#233; et son pendant id&#233;ologique : l'indicible. Ces discours de l'origine, aussi vieux que Platon, s'assoient aujourd'hui sur un nouveau discours du je, riche des exp&#233;rimentations de l'autofiction. (Darrieussecq, 2010, p. 21)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jbe-books.com/products/lecriture-sans-ecriture-by-kenneth-goldsmith&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;criture sans &#233;criture - du langage &#224; l'&#226;ge num&#233;rique, Kenneth Goldsmith, traduit par Fran&#231;ois Bon, Jean Bo&#238;te &#201;ditions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ces soirs rang&#233;s dans mon tiroir</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/ces-soirs-ranges-dans-mon-tiroir</link>
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		<dc:date>2025-09-19T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
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		<dc:subject>Fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de notre r&#233;sidence de cr&#233;ation &#224; La Marelle, pour le projet d'&#233;criture Autour, avec Caroline nous avons eu le plaisir de partager les espaces de la Villa Deroze &#224; La Ciotat avec Jiwon Lee, jeune autrice originaire de Cor&#233;e du Sud. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jiwon Lee est une artiste pluridisciplinaire, dont le premier recueil, Les graines se souviennent des douleurs des plantes, issu de son m&#233;moire de master aux Beaux-Arts de Bordeaux, marque un tournant dans sa pratique. Un texte entre po&#233;sie et r&#233;cit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2025-09-16_a_01.11_13-6c1c9.png?1758265311' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de notre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;sidence de cr&#233;ation &#224; &lt;i&gt;La Marelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour le projet d'&#233;criture &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt;, avec Caroline nous avons eu le plaisir de partager les espaces de la Villa Deroze &#224; La Ciotat avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1553-jiwon-lee-a-marseille-et-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jiwon Lee, jeune autrice originaire de Cor&#233;e du Sud&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiwon Lee est une artiste pluridisciplinaire, dont le premier recueil, &lt;i&gt;Les graines se souviennent des douleurs des plantes&lt;/i&gt;, issu de son m&#233;moire de master aux Beaux-Arts de Bordeaux, marque un tournant dans sa pratique. Un texte entre po&#233;sie et r&#233;cit qui, &#224; travers une &#233;criture &#224; la fois brute et sensible, d&#233;licate et poignante, explore la pauvret&#233;, la violence de genre, l'exploitation et les h&#233;ritages historiques du traumatisme. Une mosa&#239;que d'exp&#233;riences o&#249; dialoguent douleur et m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier jour de notre r&#233;sidence, j'ai demand&#233; &#224; Jiwon de lire quelques extraits de son choix du livre de po&#232;mes de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Han_Kang&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Han Kang, Prix Nobel de litt&#233;rature 2024&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Ces soirs rang&#233;s dans mon tiroir&lt;/i&gt;, qu'elle lisait lors de notre s&#233;jour &#224; La Ciotat. J'ai enregistr&#233; ensuite ma lecture de la version traduite en fran&#231;ais associ&#233;e &#224; un montage d'images tourn&#233;es en Asie et de vid&#233;os film&#233;es &#224; La Ciotat. Les images dialoguent avec le texte comme nos deux voix naviguent vibrent dans les &#233;chos de nos deux langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ces soirs rang&#233;s dans mon tiroir&lt;/i&gt; est le premier recueil de po&#232;mes de Han Kang traduit du cor&#233;en par Choi Mikyung et Jean-No&#235;l Juttet. Il vient d'&#234;tre publi&#233; aux &#233;ditions Grasset, en 2025. Dans ses textes l'autrice explore les th&#232;mes de la fragilit&#233; du corps, de la m&#233;moire, de la mort. Son &#233;criture est &#233;pur&#233;e et sensible. Entre douleur intime et r&#233;sonances universelles, la po&#233;tesse cor&#233;enne fait dialoguer nature et exp&#233;riences personnelles. L'ombre et l'espoir se m&#234;lent dans ce recueil &#171; en s'affranchissant de la pesanteur &#187; comme dans ses romans qui interroge la condition humaine.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;700&#034; height=&#034;455&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/eonkJ_kNjNM&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quand je me mets &#224; pleurer, mon corps se vide comme une jarre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai pleur&#233; en plein milieu de la rue, cachant [mon &lt;br class='autobr' /&gt;
visage dans mes mains&lt;br class='autobr' /&gt;
Incroyable, il me restait donc encore des larmes &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je me mets &#224; pleurer, mon corps [se vide &lt;br class='autobr' /&gt;
comme une jarre&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai attendu immobile le temps d'&#234;tre &#224; nouveau&lt;br class='autobr' /&gt;
[remplie &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne saurais dire combien de personnes sont pass&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
[&#224; c&#244;t&#233; de moi&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou plut&#244;t combien se sont &#233;coul&#233;es par les rues et &lt;br class='autobr' /&gt;
[les ruelles &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque aurait frapp&#233; &#224; mon corps aurait &#233;t&#233; [surpris&lt;br class='autobr' /&gt;
Quiconque m'aurait pr&#234;t&#233; l'oreille aurait &#233;t&#233; surpris&lt;br class='autobr' /&gt;
Car l'eau noire bouillonnait&lt;br class='autobr' /&gt;
Car l'eau profonde grondait&lt;br class='autobr' /&gt;
Formant un tourbillon&lt;br class='autobr' /&gt;
Une ronde&lt;br class='autobr' /&gt;
Tournant en rond &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incroyable, il me restait donc encore des larmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, myst&#233;rieusement, je n'avais plus peur de rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je d&#233;ambulais seule au milieu des rues&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es mort &#224; jamais dans mon c&#339;ur &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je d&#233;ambulais seule au milieu des rues&lt;br class='autobr' /&gt;
Une vie s'est r&#233;veill&#233;e dans mon c&#339;ur
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le trente mai deux mille cinq, la mer de Jeju &#233;tait &lt;br class='autobr' /&gt;
inond&#233;e d'un soleil printanier. Offrant mon corps au &lt;br class='autobr' /&gt;
vent marin au go&#251;t de sel, je me suis dit : ta vie est &lt;br class='autobr' /&gt;
un cadeau. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune oiseau volait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des larmes encore humides sur mes joues.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Jour paisible&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premi&#232;res gouttes de la pluie&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis all&#233;e fermer la fen&#234;tre du balcon &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Laissez-moi tranquille) &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A dit l'escargot en sortant de sa coquille. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avan&#231;ait doucement&lt;br class='autobr' /&gt;
Laissant derri&#232;re lui une tra&#238;n&#233;e luisante et visqueuse &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tirant de sa coquille son corps mollasse&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avan&#231;ait insensiblement&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le ch&#226;ssis d'aluminium tranchant &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne me brisez pas &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne m'&#233;crabouillez pas &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne m'&#233;crasez pas&lt;br class='autobr' /&gt;
Subitement
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#192; ce moment-l&#224;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je croyais me battre, corps &#224; corps, [de fa&#231;on &lt;br class='autobr' /&gt;
tragique avec ma vie&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je frappais, &#224; bout de souffle, [ce n'&#233;tait qu'un &lt;br class='autobr' /&gt;
fant&#244;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Un fant&#244;me qui suait &#224; grosses gouttes [Il m'a laiss&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
deux yeux au beurre noir [et des bleus au ventre&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand enfin j'ai pu saisir la main d'un pan de ma vie &lt;br class='autobr' /&gt;
[elle a serr&#233; si fort que mes phalanges se sont [bris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.grasset.fr/livre/ces-soirs-ranges-dans-mon-tiroir-9782246834991/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ces soirs rang&#233;s dans mon tiroir&lt;/i&gt; : Po&#232;mes de Han Kang (traduits du cor&#233;en par Choi Mikyung et Jean-No&#235;l Juttet), Grasset, 2025 &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>(in)visibilit&#233;(s)</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/in-visibilite-s</guid>
		<dc:date>2025-09-09T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Revue</dc:subject>
		<dc:subject>Absence</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;TINA, revue publi&#233;e par les &#233;ditions JOU, se veut un espace d'exp&#233;rimentation o&#249; se croisent &#233;critures, r&#233;flexions et cr&#233;ations. Elle met en lumi&#232;re des auteur&#183;e&#183;s et des artistes qui osent sortir des sentiers battus, refuser la facilit&#233; et s'aventurer vers des formes nouvelles, impr&#233;visibles. &#192; la fois laboratoire litt&#233;raire, politique et artistique, TINA s'affirme comme un terrain de recherche critique et inventif, en mouvement permanent. Accessible gratuitement en version num&#233;rique tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54860198106_b1cb5e3efa_k_1_-1018b.jpg?1760770082' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/tina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TINA, revue publi&#233;e par les &#233;ditions JOU&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, se veut un espace d'exp&#233;rimentation o&#249; se croisent &#233;critures, r&#233;flexions et cr&#233;ations. Elle met en lumi&#232;re des auteur&#183;e&#183;s et des artistes qui osent sortir des sentiers battus, refuser la facilit&#233; et s'aventurer vers des formes nouvelles, impr&#233;visibles. &#192; la fois laboratoire litt&#233;raire, politique et artistique, TINA s'affirme comme un terrain de recherche critique et inventif, en mouvement permanent. Accessible gratuitement en version num&#233;rique tout au long de l'ann&#233;e (&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/revue_tina_online/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TINA online&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;), elle prend la forme d'une &#233;dition papier annuelle, publi&#233;e au mois d'octobre. La revue se prolonge par des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/evenements-tina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;v&#233;nements r&#233;guliers&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, rencontres et actions, qui font de TINA un lieu vivant, collectif et &#233;volutif.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.53_18.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH270/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.53_18-ebc26.png?1757401293' width='500' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/tina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouveau num&#233;ro de la revue TINA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'articule autour d'un th&#232;me central, la dialectique entre invisibilit&#233; et visibilit&#233;, envisag&#233;e comme enjeu de pouvoir, mais aussi comme ressource critique et strat&#233;gique. L'invisibilit&#233; peut &#234;tre impos&#233;e, lorsqu'elle d&#233;coule de structures sociales, &#233;conomiques ou linguistiques qui effacent certaines cat&#233;gories d'individus, ou choisie, lorsqu'elle devient tactique de r&#233;sistance face aux logiques d'exposition et de marchandisation. La revue met ainsi en lumi&#232;re comment les pratiques artistiques, sociales et politiques jouent avec cette fronti&#232;re pour inventer d'autres mani&#232;res d'exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier ensemble de contributions s'int&#233;resse &#224; la tyrannie de la visibilit&#233;. Dans une soci&#233;t&#233; satur&#233;e par l'&#233;conomie de l'attention et l'injonction &#224; se montrer, la surexposition devient norme et contrainte. Les auteurs s'appuient notamment sur les travaux de Harcourt, Haroche ou Auber pour souligner que cette &#171; soci&#233;t&#233; d'exposition &#187; convertit toute &#339;uvre et tout individu en produit. Jean-Charles Massera ajoute que la langue elle-m&#234;me est un outil d'invisibilisation : ses structures patriarcales et colonialistes rendent invisibles les femmes, les minorit&#233;s sexuelles ou les migrants, reproduisant des hi&#233;rarchies sociales &#224; travers des distinctions terminologiques apparemment neutres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue s'attache &#233;galement &#224; critiquer des syst&#232;mes techniques et institutionnels qui produisent de l'effacement ou du silence. Olivier Auber d&#233;crit l'Internet comme une &#171; maison en bois &#187;, une architecture fragile et inflammable, parce que le protocole unicast s'est impos&#233; historiquement, il a favoris&#233; la centralisation et la domination des GAFAM, au d&#233;triment d'alternatives plus d&#233;mocratiques comme le multicast. Christian Salmon aborde la disparition progressive de la nuit &#224; travers le ph&#233;nom&#232;ne de pollution lumineuse : cette &#171; colonisation du continent nocturne &#187; affecte gravement la biodiversit&#233; et modifie notre rapport au monde, r&#233;v&#233;lant une autre facette de l'Anthropoc&#232;ne. S&#233;bastien Biniek et Elizabeth Hale livrent, quant &#224; eux, un t&#233;moignage sur la fermeture de l'&#201;cole d'art de Valenciennes, cons&#233;quence des politiques d'aust&#233;rit&#233;. Cette disparition institutionnelle n'est pas seulement celle d'un lieu d'enseignement, mais d'une m&#233;moire collective et d'un ancrage territorial.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.23_28.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH284/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.23_28-6a208.png?1757401293' width='500' height='284' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Noctalgie&lt;/i&gt;, par Christian Salmon&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Un autre axe majeur de la revue est consacr&#233; aux pratiques artistiques qui inventent d'autres formes de pr&#233;sence et d'action. Christophe Leclercq s'int&#233;resse aux artistes qui, comme Duchamp ou Raivo Puusemp, choisissent la discr&#233;tion, refusent la visibilit&#233; institutionnelle ou produisent des &#171; &#339;uvres sans &#339;uvre &#187;. Cette posture critique d&#233;fie l'h&#233;g&#233;monie du march&#233; de l'art. Aur&#233;lia Zahedi d&#233;crit la &lt;i&gt;Maison Auriolles&lt;/i&gt;, espace communautaire et laboratoire de recherche artistique, qui rejette les logiques de rentabilit&#233; et cultive le lien, l'exp&#233;rimentation et la convivialit&#233;. Elle &#233;voque aussi le &lt;i&gt;Ch&#339;ur de showmeuses&lt;/i&gt;, un collectif qui use du chant pour rendre audible le travail invisible des femmes et questionner le ch&#244;mage, faisant de la voix un outil &#224; la fois po&#233;tique et politique. Dans une veine proche, Cl&#233;ment Bleu &#8212; Pays d&#233;veloppe des interventions discr&#232;tes dans l'espace marchand, o&#249; il ins&#232;re photographies et monochromes sans chercher la reconnaissance : ses &#339;uvres agissent comme antidotes &#224; l'anesth&#233;sie culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.26_14.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH259/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.26_14-bee11.png?1757401293' width='500' height='259' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;La question de l'archive&lt;/i&gt;, entretien avec Fran&#231;ois Deck par DeYi Studio.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La revue insiste aussi sur le r&#244;le de la m&#233;moire et de l'archive comme processus vivant. Fran&#231;ois Deck, par sa pratique des &lt;i&gt;banques de questions&lt;/i&gt;, pr&#233;f&#232;re l'&#233;change &#224; la documentation syst&#233;matique : il rappelle que chaque individu est une archive pr&#233;cieuse. &#201;ric Arlix imagine, dans ses &lt;i&gt;Extractions&lt;/i&gt;, des personnages qui &#233;chappent &#224; leur &#171; texte fant&#244;me &#187;, concept emprunt&#233; &#224; Shoshana Zuboff pour d&#233;signer la pr&#233;diction algorithmique de nos comportements, afin de retrouver une vie impr&#233;visible et affranchie. C&#233;line Domengie analyse quant &#224; elle l'&#339;uvre de Bernard Ollier, &lt;i&gt;Le livre qui n'existe pas&lt;/i&gt;, installation en librairie qui rend visible l'absence m&#234;me, interrogeant la mat&#233;rialit&#233; du livre et la valeur de ce qui &#233;chappe &#224; l'exposition mus&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.29_44.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH315/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.29_44-63f61.png?1757401293' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Michel Baggi et Bernard Ollier installent l'exposition du &lt;i&gt;livre qui n'existe pas&lt;/i&gt;.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Certains textes introduisent des notions particuli&#232;rement frappantes. Le &#171; syndrome du r&#233;verb&#232;re &#187;, d&#233;crit par DeYi Studio, illustre la d&#233;pendance des artistes &#224; l'exposition. Comme quelqu'un cherchant ses cl&#233;s sous un lampadaire parce que c'est le seul endroit &#233;clair&#233;, beaucoup d'&#339;uvres ne sont reconnues que dans le champ institutionnel visible, au d&#233;triment de pratiques situ&#233;es en dehors, consid&#233;r&#233;es comme marginales. La revue recense aussi des initiatives &#8220;furtives&#8221; ou &#8220;compatibles&#8221;, comme celles de Fabrice Gallis ou du Bazaar Compatible Program de Shanghai, qui inventent des formes d'art invisibles mais actives dans d'autres contextes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.36_41.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH377/capture_d_e_cran_2025-09-06_a_22.36_41-4a087.png?1757401293' width='500' height='377' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Le syndrome du r&#233;verb&#232;re&lt;/i&gt;, par DeYi Studio.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/tina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce num&#233;ro de la revue TINA (in)visibilit&#233;(s)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; montre, sans opposer frontalement le visible et l'invisible, comment leur tension ouvre un espace de cr&#233;ation, de critique et d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revue TINA&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; para&#238;tre le 15 octobre 2025&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
192 pages &#8211; format 13 x 20 cm&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Acte d'image en litt&#233;rature</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/l-acte-d-image-en-litterature</link>
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		<dc:date>2025-07-11T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Acte d'image en litt&#233;rature, dirig&#233; par Servanne Monjour &amp; Anne Reverseau est n&#233; d'un d&#233;sir partag&#233; de repenser l'&#233;criture scientifique en lui donnant une forme visuelle et interm&#233;diale, en coh&#233;rence avec ses objets d'&#233;tude. &lt;br class='autobr' /&gt; S'inspirant du mur d'images d'&#233;crivains, cet ouvrage revendique une approche collective et exp&#233;rimentale, entre exposition et publication savante. Issu d'un colloque, il rassemble des contributions courtes centr&#233;es sur une image, assembl&#233;es comme un parcours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/capture_d_e_cran_2025-07-07_a_00.12_26-a04e3.png?1752217234' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Acte d'image en litt&#233;rature, dirig&#233; par Servanne Monjour &amp; Anne Reverseau&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est n&#233; d'un d&#233;sir partag&#233; de repenser l'&#233;criture scientifique en lui donnant une forme visuelle et interm&#233;diale, en coh&#233;rence avec ses objets d'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8417 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L187xH300/l-acte-d-image-en-litterature-couverture-1-55b42.webp?1751839844' width='187' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;S'inspirant du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/murs-d-images-d-ecrivains&#034;&gt;mur d'images d'&#233;crivains&lt;/a&gt;,&lt;/strong&gt; cet ouvrage revendique une approche collective et exp&#233;rimentale, entre exposition et publication savante. Issu d'un colloque, il rassemble des contributions courtes centr&#233;es sur une image, assembl&#233;es comme un parcours d'exposition autour de grandes th&#233;matiques (Braconnages, Bricolages, M&#233;tamorphoses, R&#233;v&#233;lations, T&#233;moignages d'auteurs et d'autrices). Servanne Monjour et Anne Reverseau, directrices de cet ouvrage collectif, ont travaill&#233; avec des outils num&#233;riques collaboratifs pour produire une version hybride, imprim&#233;e et en ligne, et explorer de nouveaux formats &#233;ditoriaux. Ce projet manifeste ainsi une volont&#233; de casser les cadres traditionnels, de relier texte et image autrement et de valoriser les circulations inattendues entre donn&#233;es, id&#233;es et formes. V&#233;ritable laboratoire, l'ouvrage exp&#233;rimente une autre mani&#232;re de faire de la recherche et de la partager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Braconnages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jocelyn Brooke, &#233;crivain anglais passionn&#233; de flore, b&#226;tit toute sa &lt;i&gt;Trilogie de l'Orchid&#233;e&lt;/i&gt; autour de cette fleur rare, symbole de d&#233;sir et d'obsession. L'orchid&#233;e, &#224; la fois motif botanique et image litt&#233;raire, traverse ses r&#233;cits comme un signe actif qui relie souvenirs d'enfance, fantasmes guerriers et &#233;chos de la guerre. Cette plante, expos&#233;e, dessin&#233;e, r&#233;interpr&#233;t&#233;e, circule d'un livre &#224; l'autre. Elle entrelace fiction et savoir naturaliste. L'orchid&#233;e agit comme un fil conducteur qui nourrit l'&#233;criture et refl&#232;te le trouble du narrateur, tout en renouvelant sans cesse sa puissance po&#233;tique et &#233;vocatrice.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Flower Power : Les orchid&#233;es de Jocelyn Brooke, Sophie Aymes&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Clio&lt;/i&gt;, Charles P&#233;guy m&#233;dite sur la valeur des images grav&#233;es illustrant &lt;i&gt;Les Ch&#226;timents&lt;/i&gt; de Victor Hugo, notamment celles de Schuler qui font surgir un peuple oubli&#233; par l'histoire officielle. Fascin&#233; par la l&#233;gende sous l'image, P&#233;guy y voit une tension entre texte et visuel : la lumi&#232;re divine qui d&#233;voile tout mais laisse aussi place &#224; l'ombre, signe de libert&#233; humaine. Pour lui, l'image peut r&#233;parer l'injustice de la fiction historique qui n&#233;glige les anonymes. Schuler, en r&#233;v&#233;lant la coexistence de lumi&#232;re et d'obscurit&#233;, illustre la puissance de l'image &#224; remettre l'humanit&#233; ordinaire au centre. P&#233;guy c&#233;l&#232;bre ainsi l'alliance paradoxale entre gravure et parole : l'image r&#233;v&#232;le ce que le texte seul ne peut saisir.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au bas de l'image : La l&#233;gende comme objet litt&#233;raire chez Charles P&#233;guy, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agust&#237;n Fern&#225;ndez Mallo, connu pour m&#234;ler texte et visuel, approfondit dans &lt;i&gt;Trilog&#237;a de la guerra&lt;/i&gt; son usage du &#171; geste photographique &#187; inspir&#233; de la notion d'acte d'image de Bredekamp. Partant de photos d'archives prises sur l'&#238;le de San Sim&#243;n durant la guerre civile espagnole, le narrateur rephotographie ces lieux, aujourd'hui vid&#233;s de leurs figures humaines, et y superpose une r&#233;flexion sur la m&#233;moire collective, la trace et la fa&#231;on dont le pass&#233; ressurgit. Ce geste, document&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fernandezmallo.megustaleer.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ne se limite pas &#224; l'illustration mais devient un moteur de pens&#233;e qui nourrit l'&#233;criture. En confrontant images d'hier et d'aujourd'hui, l'auteur interroge l'empreinte des lieux et la mani&#232;re dont l'image peut transformer la narration historique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Photographic Gesture as Response to the Image Act : Agust&#237;n Fern&#225;ndez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/michel-butor&#034;&gt;Michel Butor&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, c&#233;l&#232;bre pour ses romans et ses collaborations artistiques, a discr&#232;tement pratiqu&#233; la photographie entre 1951 et 1962, utilisant son appareil comme outil d'exploration pour mieux comprendre les lieux qu'il visitait. Ses clich&#233;s, souvent pris avec soin et conserv&#233;s, l'ont aid&#233; &#224; structurer son regard et ont nourri sa mani&#232;re d'&#233;crire, m&#234;me s'il &#233;crivait parfois bien apr&#232;s avoir pris les photos. Butor voyait dans l'acte photographique un moyen de capturer des angles, des lumi&#232;res, et de prolonger sa r&#233;flexion litt&#233;raire. Sa pratique dialoguait ensuite avec les images d'autres artistes, les textes venant intensifier ou d&#233;tourner ces visions. Pour lui, la photo &#233;tait autant une mani&#232;re de voir qu'un tremplin pour inventer autrement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'appareil photo comme outil pour &#233;crire : Michel Butor, par Ad&#232;le Godefroy&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/godefroy-def-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH688/godefroy-def-2-ae6db.jpg?1752217235' width='500' height='688' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;N&#233;gatifs issus de la bo&#238;te d'archives de Michel Butor, scans r&#233;alis&#233;s chez l'&#233;crivain le 10 juin 2014 &#224; Lucinges. Photographie d'Ad&#232;le Godefroy&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Les carnets manuscrits et illustr&#233;s de Marie-Claire Blais, r&#233;dig&#233;s pendant son s&#233;jour aux &#201;tats-Unis durant la guerre du Vietnam, d&#233;voilent la gen&#232;se de ses romans et ses tourments intimes face &#224; la violence. Ces cahiers m&#234;lent croquis au stylo et portraits &#224; l'aquarelle, r&#233;v&#233;lant deux gestes visuels. Les esquisses accompagnent la naissance des personnages et structurent le r&#233;cit, tandis que les aquarelles sombres traduisent l'angoisse et prolongent l'expressivit&#233; du journal. Le dialogue entre texte et image enrichit la lecture et montre comment Blais explorait l'invisible par la couleur et la composition. Ces portraits deviennent de v&#233;ritables partenaires introspectifs, prolongeant ce que l'&#233;criture seule ne peut dire et invitant le lecteur &#224; une contemplation active.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gen&#232;se du texte et actes d'image : Les carnets in&#233;dits de Marie-Claire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/patrickmauries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patrick Mauri&#232;s&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#233;crivain, &#233;diteur, critique litt&#233;raire fran&#231;ais, le &#171; mur d'images &#187; est &#224; la fois lieu intime et espace d'exposition : bureau, refuge, puis galerie ouverte au monde, il pr&#233;c&#232;de et dialogue avec la page blanche. Ce rapport entre collection d'objets et &#233;criture r&#233;v&#232;le une po&#233;tique de l'accumulation et de l'assemblage. Chaque &#233;l&#233;ment prend sens dans un r&#233;seau de liens. Chez lui, le texte agit comme un cabinet de curiosit&#233;s, organisant le d&#233;sordre apparent, cristallisant souvenirs et d&#233;sirs. Le paragraphe devient unit&#233; de sens, et l'&#233;criture, tout en classant, g&#233;n&#232;re &#224; son tour du vivant, prolongeant la collection vers de nouvelles d&#233;couvertes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Mauri&#232;s, passe-murailles, de Jan Baetens&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/webp/baetens.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/baetens-4c55a.webp?1752217235' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Chez Patrick Mauri&#232;s, photographie de Yann Le Gall, Le T&#233;l&#233;gramme, 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/hgiannek/?hl=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;H&#233;l&#232;ne Giannecchini&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, autrice et sp&#233;cialiste de la photographie, compose pour chaque projet un vaste mur d'images qui accompagne son &#233;criture. Pendant son s&#233;jour &#224; la Villa M&#233;dicis, elle a rassembl&#233; gravures anatomiques, photos anciennes et cartes postales, explorant visuellement le deuil et la mort pour son roman &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.seuil.com/ouvrage/voir-de-ses-propres-yeux-helene-giannecchini/9782021332216&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir de ses propres yeux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Ce dispositif &#233;volutif, accroch&#233; face &#224; son bureau, agit comme une extension de sa pens&#233;e et nourrit le texte sans l'illustrer directement. Les images deviennent un outil de r&#233;flexion et de m&#233;moire, une mani&#232;re d'apprivoiser l'indicible. Une fois l'&#233;criture achev&#233;e, ces images rejoignent ses archives comme traces de la gen&#232;se litt&#233;raire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un mur d'images comme gen&#232;se visuelle d'un livre : H&#233;l&#232;ne Giannecchini, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;The Flamethrowers&lt;/i&gt;, Rachel Kushner construit un r&#233;cit foisonnant o&#249; motos, vitesse et art se m&#234;lent, vu par Reno, jeune femme cherchant &#224; transformer ces passions en cr&#233;ation. Son &#233;criture puise dans un riche r&#233;servoir visuel (photos, &#339;uvres, souvenirs) qu'elle accroche litt&#233;ralement sur ses murs de travail. Ces images agissent comme catalyseurs narratifs, nourrissent ses sc&#232;nes et questionnent m&#233;moire et r&#233;invention. Du clich&#233; d'une femme frapp&#233;e par une m&#233;t&#233;orite aux traces de pneus sur le sel, ces motifs explorent l'effet de la vitesse et de l'art comme inscription fragile, reliant gestes photographiques et imaginaire litt&#233;raire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;A Meditation on that Stilled Image&#8221; : Rachel Kushner and The Flamethrowers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bricolages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Dotremont, figure marquante de l'avant-garde europ&#233;enne, invente le &lt;i&gt;logogramme&lt;/i&gt; : une fusion spontan&#233;e de calligraphie et de po&#233;sie qui brouille les fronti&#232;res entre art visuel et &#233;criture. Ses encres m&#234;lent couleurs symboliques et gestes expressifs. Ses recueils, comme Logbook, relient narration et images manuscrites, formant de v&#233;ritables livres-objets. Dotremont envisage ses &#339;uvres comme une &#171; &#233;cripeinture &#187; o&#249; texte et trac&#233; s'engendrent mutuellement. En exposant ou publiant ses logogrammes, il interroge le rapport entre original et reproduction, offrant une exp&#233;rience o&#249; le signe devient mouvement, reliant page, image et mot en un tout vivant.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'&#233;cris donc je cr&#233;e &#8212; l'art performatif de Christian Dotremont, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/la-maison-preservee-de-willem-frederik-hermans&#034;&gt;Willem Frederik Hermans&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, figure majeure des lettres n&#233;erlandaises, explore la tension entre texte et image dans &lt;i&gt;Fotobiografie&lt;/i&gt; (1969), con&#231;u apr&#232;s la mort de ses parents. Il y juxtapose photos issues d'archives familiales et extraits des journaux de sa s&#339;ur Corry, assassin&#233;e en 1940. Pour lui, ces carnets valent autant comme objets visuels que comme &#233;crits. Leurs photos transmettent une pr&#233;sence mat&#233;rielle et &#233;motionnelle, d&#233;clenchant souvenirs et r&#233;flexions. En ins&#233;rant ces images, il souligne l'impact unique de la photographie, vue comme preuve et substitut de l'objet r&#233;el, tout en montrant que seul le texte peut d&#233;voiler leur charge intime pour le lecteur.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Willem Frederik Hermans : le journal intime de Corry comme image, texte et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#239;la Sebbar, &#233;crivaine franco-alg&#233;rienne engag&#233;e, m&#234;le depuis ses d&#233;buts &#233;criture et exploration visuelle. De ses premiers combats f&#233;ministes au sein du journal &lt;i&gt;Histoires d'elles&lt;/i&gt; aux nombreux recueils collectifs sur l'enfance et l'Alg&#233;rie, elle associe textes et photos pour questionner identit&#233;s, m&#233;moires et transmissions. Dans ses &#339;uvres personnelles, albums et r&#233;cits, elle assemble cartes postales, archives, dessins ou objets h&#233;t&#233;roclites comme autant de &lt;i&gt;passeurs &lt;/i&gt; entre cultures et histoires crois&#233;es. Sa d&#233;marche, proche du &#171; femmage &#187;, brouille fronti&#232;res entre genres et supports, cr&#233;ant une mosa&#239;que vivante o&#249; l'image prolonge la parole pour dire l'exil, la filiation et les voix multiples.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le&#239;la Sebbar ou l'image passeuse : Entre fronti&#232;res et m&#233;moires, de Sofiane (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis &lt;i&gt;Babel&lt;/i&gt;, Patti Smith m&#234;le po&#232;mes et clich&#233;s personnels, souvent des polaro&#239;ds, explorant une &#171; image active &#187; qui inspire l'&#233;criture. Ses photos, comme celle de Jeanne d'Arc, incarnent une dimension quasi sacr&#233;e, devenant objets de d&#233;votion ou de rituel intime. Pour elle, l'image agit concr&#232;tement, telle une relique qu'on touche, manipule, annote. Patti Smith r&#233;emploie ses clich&#233;s dans diff&#233;rents livres, reliant lieux, &#233;poques et &#339;uvres par ce geste. Ainsi, photographie et sculpture se r&#233;pondent, ouvrant des circulations entre visible et invisible. L'image devient alors un m&#233;dium de contact, entre m&#233;moire, pri&#232;re et &#233;criture, nourrissant une pratique quasi mystique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Explorer la croyance dans les images actives : Le cas des photographies de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Soustraction&lt;/i&gt;, Val&#233;rie Mr&#233;jen explore les fonds oubli&#233;s de l'IMEC, se penchant sur des objets sans valeur historique &#233;vidente. Elle manipule ces archives marginales en les sortant de leurs bo&#238;tes, les reclassant et les reliant par des fragments narratifs. Les gestes d'extraction, de cadrage et de zoom deviennent des moteurs de fiction. Deux images, une carte postale anodine et un dessin rem&#233;mor&#233;, illustrent ce processus : elles d&#233;clenchent des r&#233;cits multiples, r&#233;v&#233;lant comment l'image agit, circule et se transforme. Mr&#233;jen montre que l'archive, revisit&#233;e par l'imaginaire, engendre des histoires, brouillant les fronti&#232;res entre m&#233;moire, trace et invention.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;bo&#238;ter l'image : Val&#233;rie Mr&#233;jen &#224; l'IMEC, de Tania Vladova&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collection &#171; Fl&#233;chette &#187; (sun/sun) associe une image issue des &lt;i&gt;Archives de la Plan&#232;te&lt;/i&gt; d'Albert Kahn et un texte d'auteur contemporain, cr&#233;ant un dialogue entre photographie ancienne et &#233;criture. Chaque image, ins&#233;r&#233;e et manipulable, &#171; pique &#187; l'auteur et le lecteur, &#233;veillant m&#233;moire et fiction. Ce dispositif interroge la trace, la disparition et le pouvoir du r&#233;cit pour prolonger ce que les archives fixent. Les autochromes, initialement projet&#233;s, deviennent surfaces d'imaginaire et d'enqu&#234;te, r&#233;activ&#233;es &#224; chaque lecture. L'&#233;chec du projet pacifiste d'Albert Kahn souligne la tension entre conservation et perte, que l'&#233;criture tente de sublimer.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;pingler l'image, piquer l'&#233;criture : La collection &#171; Fl&#233;chette &#187; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/delcour.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH345/delcour-ccee1.jpg?1752217236' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Reproduction de l'autochrome Un coin de la Villa (soleil couchant), janvier 1910. Fonds Albert Kahn, dans les pages int&#233;rieures de H&#233;l&#232;ne Gaudy, &lt;i&gt;Villa Zamir&lt;/i&gt;, sun/sun &#233;ditions, 2022&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2013, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://gifitup.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GifItUp !&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; invite chacun &#224; cr&#233;er des animations &#224; partir d'images patrimoniales en ligne, dynamisant l'acc&#232;s aux archives num&#233;riques. Ce concours valorise le r&#233;emploi cr&#233;atif, transformant des &#339;uvres en supports d'exp&#233;rimentation visuelle et narrative. Cette pratique interroge la mani&#232;re dont le jeu, le d&#233;tournement et la manipulation modifient la perception de ces images historiques. Tout en diffusant le patrimoine sur les r&#233;seaux sociaux, ces d&#233;tournements soulignent l'&#233;cart entre objectifs culturels et usages m&#233;diatiques. Ils r&#233;v&#232;lent aussi la force collective d'une m&#233;moire partag&#233;e, o&#249; chaque animation devient une interpr&#233;tation nouvelle, un acte critique et collaboratif de transmission culturelle.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GifItUp !, du bildakt au bildhack : L'&#233;ditorialisation des collections (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2017, le bot &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://x.com/autoimagist&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;@AutoImagist&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://zachwhalen.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zach Whalen&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; produit automatiquement des po&#232;mes courts &#224; partir de photos choisies au hasard en ligne, qu'il d&#233;crit gr&#226;ce &#224; une IA, combinant ensuite ces phrases pour &#233;voquer l'esth&#233;tique imagiste de William Carlos Williams. Son fonctionnement associe g&#233;n&#233;ration al&#233;atoire, mises en page typiques et comparaisons inattendues, prolongeant des traditions avant-gardistes comme le cut-up ou l'Oulipo. Il t&#233;moigne de la rencontre entre cr&#233;ation algorithmique, po&#233;sie num&#233;rique et intelligence artificielle. Diffus&#233; sur X, ce dispositif explore comment texte et image se croisent aujourd'hui, jouant entre code, donn&#233;es et r&#233;invention po&#233;tique en ligne.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre modernisme, litt&#233;rature combinatoire et intelligence artificielle : Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son &#233;viction de &lt;i&gt;The Yellow Book&lt;/i&gt;, Aubrey Beardsley cr&#233;e &lt;i&gt;The Savoy&lt;/i&gt; et y publie &lt;i&gt;Fanfreluche&lt;/i&gt;, version revisit&#233;e et satirique du mythe de V&#233;nus et Tannh&#228;user. Son h&#233;ros, l'Abb&#233; Fanfreluche, double fantasque de l'auteur, incarne une &#233;chapp&#233;e anti-victorienne vers un monde &#233;rotique et esth&#233;tique. Les dessins, comme &lt;i&gt;The Abb&#233;&lt;/i&gt;, m&#234;lent symboles sensuels, motifs floraux et allusions &#224; l'androgynie. L'image, tout autant que le texte, guide le lecteur vers un univers initiatique o&#249; plaisir et ambigu&#239;t&#233; de genre s'opposent &#224; la morale de l'&#233;poque. Beardsley transforme ainsi son roman illustr&#233; en manifeste contre la pudibonderie victorienne.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;The Abb&#233;&#8221; by Aubrey Beardsley : An Introduction and Initiation to Under the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;tamorphoses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;The Savoy&lt;/i&gt;, Beardsley introduit Sporion, personnage trouble d'un ballet imaginaire ins&#233;r&#233; comme &#171; footnote &#187; &#224; son roman &lt;i&gt;Under the Hill&lt;/i&gt;. Le dessin &#171; A Footnote &#187; incarne Sporion, reflet du propre corps malade de Beardsley, m&#234;lant autoportrait et figure mythologique. Attach&#233; symboliquement &#224; Pan, dieu subversif d'Arcadie, le personnage repr&#233;sente l'artiste comme perturbateur d'innocence victorienne. Apr&#232;s sa mort, l'&#233;diteur Smithers censure ce dessin en effa&#231;ant Pan et le lien qui unit l'artiste &#224; son double. Cette suppression d&#233;voile la tension entre l'humour, l'&#233;rotisme et la satire du grotesque que Beardsley brandissait face &#224; une soci&#233;t&#233; moralisatrice.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;A Footnote&#8221; by Aubrey Beardsley : An Example of Visual Storytelling, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fot&#243;reg&#233;ny&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233; par J&#225;nos G&#233;czi et L&#225;szl&#243; Moln&#225;r en Hongrie communiste, documente en images la journ&#233;e d'un jeune couple, m&#234;lant reportage et po&#233;sie visuelle. Initialement censur&#233;, partiellement perdu puis restaur&#233;, l'ouvrage &#233;chappe aux genres traditionnels : &#224; la fois roman-photo, document sociologique et po&#232;me graphique. Influenc&#233; par la culture underground et la po&#233;sie visuelle, il dissimule une lecture cod&#233;e sur l'&#233;migration, derri&#232;re une apparente banalit&#233; domestique. Les alt&#233;rations du temps, les ratures et gribouillages renforcent son ambigu&#239;t&#233;, transformant chaque page en archive ouverte. L'&#339;uvre reste unique, t&#233;moin d'une libert&#233; cr&#233;ative sous surveillance et d'une m&#233;moire fragmentaire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fot&#243;reg&#233;ny (Roman-photo) de L&#225;szl&#243; Moln&#225;r et J&#225;nos G&#233;czi : Les images (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/webp/pal-15.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/pal-15-0cb48.webp?1752217236' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;J&#225;nos G&#233;czi et L&#225;szl&#243; Moln&#225;r, Fot&#243;reg&#233;ny (Roman-photo), OOK Press, 2018,&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/de-l-intime-les-beaux-moments-d-herve-guibert&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Image fant&#244;me&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Herv&#233; Guibert explore la photo comme objet charg&#233; d'une pr&#233;sence presque vivante, jouant tour &#224; tour le r&#244;le de photographe, mod&#232;le, spectateur et autoportraitiste. Fascin&#233; par la mat&#233;rialit&#233; (papier, dos, formats) il met en sc&#232;ne des images absentes, avort&#233;es ou mal d&#233;velopp&#233;es, dont le pouvoir d'envo&#251;tement agit malgr&#233; tout. Les photos, d&#233;tach&#233;es des sujets repr&#233;sent&#233;s, deviennent des &#171; corps &#187; sensibles, porteurs de sortil&#232;ges, de maladies ou de transferts sensuels. Chez Guibert, l'image photographique d&#233;borde la simple repr&#233;sentation. Elle devient f&#233;tiche organique, entre attraction et r&#233;pulsion, entre po&#233;sie tactile, &#233;tranget&#233; magique et d&#233;sir trouble.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herv&#233; Guibert, les corps des images absentes, par Anne-C&#233;cile Guilbard&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ses d&#233;buts, Emmanuel Laugier explore comment le po&#232;me capte l'impact visuel d'images photographiques. Dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/chambre-distante-d-emmanuel-laugier&#034;&gt;Chambre distante&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, il inscrit 111 po&#232;mes au verso de photos, absentes du livre mais cit&#233;es, cr&#233;ant une travers&#233;e de l'histoire photographique, de Ni&#233;pce &#224; Boudot. Laugier ne d&#233;crit pas les clich&#233;s mais transpose un regard, en jouant sur la mise en page, les signes et les blancs pour restituer cadrage, mouvement et d&#233;tails. Son &#233;criture, entre montage et curation, r&#233;active les images par l'imaginaire et la m&#233;moire du lecteur. Ainsi, ses po&#232;mes, &#233;chos des photos, deviennent de v&#233;ritables enqu&#234;tes visuelles et narratives.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Documenter le regard photographique : Emmanuel Laugier et l'acte de revoir, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1970, la litt&#233;rature pour adolescents s'affirme comme un secteur &#224; part, oscillant entre jeunesse et &#226;ge adulte. La collection &lt;i&gt;Photoroman&lt;/i&gt; de Thierry Magnier (2007-2013) illustre ce croisement : chaque auteur compose un r&#233;cit d&#233;clench&#233; par une s&#233;rie de photographies, sans contexte pr&#233;alable, pour stimuler l'imaginaire et la narration. Ce processus impose contraintes et libert&#233;, confrontant r&#233;alisme psychologique et images souvent abstraites. Les paratextes r&#233;v&#232;lent la diversit&#233; des approches cr&#233;atives et montrent comment ces histoires invitent jeunes lecteurs &#224; questionner la puissance narrative des images, ouvrant un dialogue f&#233;cond entre texte et photographie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;clencheurs en s&#233;rie : La collection &#171; Photoroman &#187; de Thierry Magnier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son essai &lt;i&gt;Made to Burn&lt;/i&gt;, Rachel Kushner r&#233;v&#232;le comment des images rassembl&#233;es pour &lt;i&gt;The Flamethrowers&lt;/i&gt; nourrissent sa fiction sans jamais l'illustrer au sens strict. Ces photographies, ins&#233;r&#233;es sans l&#233;gende, perturbent le r&#233;cit et cr&#233;ent un dialogue ouvert entre texte et image, stimulant une r&#233;flexion sur la m&#233;moire, la r&#233;volte et la f&#233;minit&#233;. Kushner relie cin&#233;ma, art et photographie pour &#233;voquer un monde en mouvement, capturant le &#171; surplus de vision &#187; offert par ces fragments visuels. Elle explore ainsi la puissance suggestive de l'image fixe, qui ouvre le texte, le trouble et le prolonge dans l'imaginaire du lecteur.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A Portfolio : Rachel Kushner and The Flamethrowers (2014), par Alwena Queill&#233;&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8419 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/animasola1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/animasola1-b5ad8.png?1752217236' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mosa&#239;que de six images compos&#233;es dans le cadre du projet &lt;i&gt;Anima Sola&lt;/i&gt; de Pierre M&#233;nard.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Corentin Lahouste pr&#233;sente &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/anima-sola&#034;&gt;Anima Sola&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, mon projet num&#233;rique m&#234;lant intelligence artificielle et po&#233;sie visuelle. Le projet qui brouille la fronti&#232;re entre texte et image, joue sur la suggestion et l'ambigu&#239;t&#233; pour faire na&#238;tre une nouvelle mani&#232;re de repr&#233;senter. Ces &#171; images-chim&#232;res &#187; invitent le lecteur &#224; voyager dans un espace hybride o&#249; les mots fa&#231;onnent l'image, et inversement, interrogeant la perception et la mat&#233;rialit&#233; de la cr&#233;ation litt&#233;raire contemporaine. &lt;i&gt;Anima Sola&lt;/i&gt; interroge la mat&#233;rialit&#233; de l'&#233;criture et sa performativit&#233; iconique. Par ce voyage dans des espaces visuels non r&#233;f&#233;rentiels, le projet invite &#224; explorer d'autres mani&#232;res de voir et de lire, faisant &#233;merger un territoire narratif mouvant o&#249; l'on circule entre r&#234;ve, m&#233;moire et fiction.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;laborer une mati&#232;re po&#233;tique visuelle et &#171; artificielle &#187; Anima Sola de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;v&#233;lations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri de R&#233;gnier, &#233;crivain issu du symbolisme, insistait sur le r&#244;le d&#233;clencheur de l'image dans son &#233;criture, contrairement &#224; ses contemporains qui &#233;voquaient davantage la nuit, la parole ou l'espace de travail. Pour lui, une image fragmentaire ou myst&#233;rieuse stimule l'imaginaire et invite &#224; la cr&#233;ation, comme le montre son usage du portrait de Giorgione ou de la Victoire de Samothrace. Cette approche met en lumi&#232;re la place d&#233;cisive de l'environnement visuel dans la gen&#232;se litt&#233;raire, questionnant les fronti&#232;res de l'exogen&#232;se. R&#233;gnier incarne ainsi une continuit&#233; entre une esth&#233;tique symboliste et une modernit&#233; attentive au pouvoir suggestif des images.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'image dans l'acte d'&#233;crire d'Henri de R&#233;gnier, de Jessica Desclaux&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raul Pompeia, &#233;crivain et illustrateur br&#233;silien du XIX&#7497; si&#232;cle, a marqu&#233; la litt&#233;rature de son pays par une approche novatrice m&#234;lant texte et dessin. Dans &lt;i&gt;L'Ath&#233;n&#233;e&lt;/i&gt;, ses illustrations, notamment celle de la sc&#232;ne de natation, brouillent les oppositions claires du r&#233;cit en superposant temps et regards multiples. Le jeu des perspectives, des mains et des regards met en &#233;vidence un dialogue entre narrateur, personnage et spectateur, questionnant la fronti&#232;re entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur de l'image. Cette dimension interm&#233;diale r&#233;v&#232;le un &#171; acte d'image &#187; complexe, o&#249; la figuration &#233;chappe au contr&#244;le pour ouvrir une lecture plurielle et mouvante.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raul Pompeia et l'illustration d&#233;bordante, de Gilberto Ara&#250;jo&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Dotremont, figure du groupe CoBrA, a explor&#233; une &#233;criture visuelle novatrice m&#234;lant art et po&#233;sie. Inspir&#233; par ses s&#233;jours en Laponie, il invente les &lt;i&gt;logoneiges&lt;/i&gt; : des trac&#233;s &#233;ph&#233;m&#232;res sur la neige qu'il photographie, transformant ainsi le geste d'&#233;criture en image. Cette pratique, proche du land art, relie le corps au paysage vierge et fait dialoguer le vide et la trace. Ses photos d&#233;passent la simple documentation, devenant &#339;uvres &#224; part enti&#232;re. Dotremont &#233;largit la notion de page blanche &#224; l'espace naturel, r&#233;inventant la relation entre texte, image et environnement par une po&#233;tique du signe vivant.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les logoneiges et l'art performatif de Christian Dotremont, par Agnieszka (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;After the Last Sky&lt;/i&gt; (1986), Edward Sa&#239;d et le photographe Jean Mohr unissent images et fragments litt&#233;raires pour &#233;voquer la condition des Palestiniens dispers&#233;s. Sa&#239;d, exil&#233;, utilise ces clich&#233;s pour interroger la mani&#232;re de repr&#233;senter un peuple marqu&#233; par l'exil et la discontinuit&#233;. Refusant les st&#233;r&#233;otypes v&#233;hicul&#233;s par les m&#233;dias, il choisit une &#233;criture fragment&#233;e, en &#233;cho &#224; la dispersion v&#233;cue. Loin de fournir un r&#233;cit lin&#233;aire, le texte dialogue avec les photos pour esquisser une m&#233;moire collective, incertaine et intime. L'ouvrage explore ainsi une esth&#233;tique o&#249; l'image d&#233;clenche un r&#233;cit ouvert, ancr&#233; dans l'exp&#233;rience v&#233;cue.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les photographies d'un r&#233;cit palestinien : Edward Sa&#239;d et Jean Mohr, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Statues&lt;/i&gt; (2008), Patti Smith rassemble soixante-deux polaro&#239;ds de sculptures, sacr&#233;es ou profanes, formant une s&#233;rie silencieuse qui invite &#224; une lecture intuitive. Ces images modestes, souvent r&#233;p&#233;t&#233;es, captent des statues comme des &#234;tres entre fixit&#233; et mouvement, &#233;voquant le rituel et le mythe de l'animation. Renon&#231;ant &#224; la ma&#238;trise technique, Patti Smith exploite flous, surexpositions et d&#233;fauts comme traces de vitalit&#233;. Cette approche, influenc&#233;e par Brancusi et le surr&#233;alisme, fait de ses clich&#233;s un film imaginaire o&#249; les figures s'animent par le regard. L'ensemble relie photographie vernaculaire et po&#233;sie, donnant aux statues une pr&#233;sence quasi vivante.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laisser agir une s&#233;quence d'images : Le photobook Statues de Patti Smith, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Lives of Shadows&lt;/i&gt; de Barbara Hodgson m&#234;le r&#233;cit historique et dispositif visuel foisonnant pour explorer la m&#233;moire d'une maison damasc&#232;ne et le poids du colonialisme. En superposant textes fragment&#233;s et documents vari&#233;s (photos, plans, fleurs s&#233;ch&#233;es), l'ouvrage brouille les fronti&#232;res entre fiction, archives et imaginaire. Le parcours de Julian et de l'ombre d'Asilah fait &#233;merger une narration hant&#233;e, entre r&#233;alit&#233; et fantastique. Gr&#226;ce &#224; la mat&#233;rialit&#233; du livre, chaque page sollicite activement le lecteur, qui manipule calques et images, prolongeant l'exp&#233;rience sensorielle et politique. Cette mise en page transforme la lecture en voyage immersif au c&#339;ur des souvenirs dispers&#233;s.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comment l'image vient au lecteur. Un livre, des images, une histoire : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/louvel10_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH374/louvel10_1_-32f1a.jpg?1752217236' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Feuilletage du &#171; livre illustr&#233; &#187; de Barbara Hodgson, &lt;i&gt;The Lives of Shadows&lt;/i&gt;. Photographie de Nicolas Sauret &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;L'Autre fille&lt;/i&gt;, Annie Ernaux s'adresse &#224; la s&#339;ur d&#233;c&#233;d&#233;e avant sa naissance, d&#233;couverte par hasard enfant. La r&#233;&#233;dition de ce texte intime s'accompagne de 34 photos de Nad&#232;ge Fagoo, m&#234;lant images documentaires, mises en sc&#232;ne et instantan&#233;s pour interroger l'absence, la m&#233;moire familiale et le trouble identitaire. Le dispositif visuel cr&#233;e des doubles, des figures fantomatiques, et joue sur le d&#233;tail &#233;motionnel, le &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Ces photos prolongent l'&#233;criture fragmentaire et l'exploration des souvenirs enfouis. Le diaporama issu du projet superpose images et voix d'Ernaux, ajoutant douceur et profondeur. Ensemble, texte et images composent une m&#233;ditation sensible sur la perte, la substitution, et la mani&#232;re dont l'image fixe et d&#233;place le manque dans la narration.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les photographies de Nad&#232;ge Fagoo dans L'Autre fille d'Annie Ernaux : Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Josse photographie clandestinement des passagers du bus 72 &#224; Paris, puis invite dix &#233;crivains &#224; imaginer une histoire &#224; partir de ces clich&#233;s. Annie Ernaux choisit une vieille dame et, &#224; travers son texte, &#233;voque la vieillesse, les in&#233;galit&#233;s et la violence sociale qu'elle ressent face &#224; ce visage fig&#233;, symbole de domination bourgeoise. La photo vol&#233;e devient support de col&#232;re et de r&#233;flexion sur le pouvoir d'&#233;vocation de l'image, toujours fragmentaire. Ernaux m&#234;le ainsi souvenirs de classe, r&#233;volte politique et une &#233;criture adress&#233;e, rappelant que toute photo stimule une interpr&#233;tation et reste incompl&#232;te, jamais &#171; totale &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Bus 72, l'image vol&#233;e : Annie Ernaux et Vincent Josse, par Isabelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet &lt;i&gt;Images en qu&#234;te d'histoires&lt;/i&gt; (2016), dirig&#233; par Val&#233;rie Mr&#233;jen, propose trente-six photos de famille pr&#233;sent&#233;es comme des cartes postales, chacune accompagn&#233;e au dos de deux r&#233;cits fictifs. Cette &#339;uvre collective interroge la capacit&#233; de la photographie &#224; stimuler des interpr&#233;tations contradictoires. La m&#234;me image &#233;voque jeux cruels ou innocence sage. Le dispositif met en &#233;vidence le pouvoir narratif partag&#233; entre cr&#233;ateurs et spectateurs, mais r&#233;v&#232;le aussi l'impossibilit&#233; d'atteindre une lecture unique. En articulant textes et images, l'atelier souligne que toute photo reste fondamentalement &#233;quivoque et ne peut &#234;tre qu'un point de d&#233;part pour l'imaginaire.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;chouer &#224; &#233;lucider la photographie : Images en qu&#234;te d'histoires de Val&#233;rie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 85 ans, Marguerite, atteinte d'Alzheimer, participe &#224; des s&#233;ances d'art-th&#233;rapie m&#234;lant image et &#233;criture. La d&#233;couverte de photographies &#233;veille souvenirs et imagination, g&#233;n&#233;rant des r&#233;cits collectifs ou personnels qui stimulent son d&#233;sir d'agir. L'image devient catalyseur d'&#233;motions, d&#233;clenchant un dialogue sensible et po&#233;tique avec elle-m&#234;me et les autres r&#233;sidents. L'exp&#233;rience favorise un ancrage dans l'instant et redonne &#224; Marguerite une capacit&#233; d'initiative et de cr&#233;ation. Ce processus met en lumi&#232;re le potentiel de l'art comme moteur int&#233;rieur, r&#233;v&#233;lant l'identit&#233; persistante au-del&#224; de la maladie, et rappelle que r&#234;verie et image peuvent mobiliser l'&#234;tre et ses liens.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Image et &#233;criture en art-th&#233;rapie : R&#233;veil de sa capacit&#233; d'&#234;tre, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;moignages d'auteurs et d'autrices&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Lamarche, autrice, puise dans de vieilles photos et &#339;uvres d'art, chin&#233;es ou expos&#233;es, la mati&#232;re premi&#232;re de son &#233;criture, qu'elle consid&#232;re comme un processus lent o&#249; l'image, contempl&#233;e longtemps, nourrit son imaginaire. Ces images, qu'elles soient de soldats, de familles ou de sc&#232;nes tragiques, l'accompagnent comme des d&#233;clencheurs silencieux d'histoires. Elle anime aussi des ateliers d'&#233;criture &#224; partir d'&#339;uvres, convaincue que l'art active l'inconscient. Passionn&#233;e de livres illustr&#233;s et d'atmosph&#232;res visuelles, elle expose chez elle objets et couvertures pour prolonger l'inspiration. Ses voyages culturels, lectures et images rencontr&#233;es alimentent un style vagabond, entre &#233;motion, m&#233;moire et po&#233;sie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un processus alchimique, de Caroline Lamarche&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe De Jonckheere raconte comment, avant d'&#233;crire, il a longtemps &#233;t&#233; photographe : les images formaient son premier langage, sa mani&#232;re de dire le monde. Lorsqu'il a commenc&#233; &#224; &#233;crire, les images l'ont submerg&#233;, comme une langue maternelle insistante. Il se souvient d'un premier texte n&#233; d'une photo de Robert Frank : l'image d'un routier solitaire l'a hant&#233;, incarnant son propre flottement. Ce souvenir r&#233;v&#232;le comment la photographie nourrit et d&#233;clenche sa plume : la chambre obscure de son enfance, devenue studio de r&#234;ves, a fa&#231;onn&#233; son imaginaire. Pour lui, chaque mot surgit d'une vision : sans image, pas d'&#233;criture possible.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans image, pas une ligne &#233;crite, de Philippe De Jonckheere&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Nathalie L&#233;ger, toute &#233;criture na&#238;t d'abord d'une vision int&#233;rieure : chaque id&#233;e, m&#234;me floue, prend forme visuelle avant de devenir mots. Des images, parfois des photos, agissent comme d&#233;clencheurs et nourrissent cette &#171; vue de l'esprit &#187;. Des exemples c&#233;l&#232;bres comme Barthes ou Duras confirment ce pouvoir magn&#233;tique. L'autrice &#233;voque son d&#233;sir de cr&#233;er des &#171; romans-photos &#187;, jouant du vide entre les images. Elle explore ce lien texte-image par des projets &#233;ditoriaux invitant &#233;crivains et photographies &#224; se croiser, non pour s'expliquer mais pour brouiller les pistes. &#201;crire revient &#224; capter ce regard int&#233;rieur, entre clart&#233; et myst&#232;re.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'hypoth&#232;se d'une d&#233;sorientation, de Nathalie L&#233;ger&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lydia Flem d&#233;crit sa d&#233;marche photolitt&#233;raire comme un assemblage spontan&#233; d'objets sur une surface, pris d'en haut, liant &#233;criture et image. Elle m&#234;le intuition et inconscient, comparant son processus &#224; un r&#234;ve &#233;veill&#233;. Ses compositions visent &#224; r&#233;v&#233;ler une part int&#233;rieure, laissant au spectateur une libert&#233; d'interpr&#233;tation. Inspir&#233;e par l'&#233;criture automatique et la psychanalyse, elle voit ses images comme une &#233;criture de la psych&#233;. Certaines s&#233;ries abordent des th&#232;mes intimes ou sociaux, comme la transmission du traumatisme ou les violences faites aux femmes, transformant symboles quotidiens en r&#233;volte visuelle. Pour elle, images et mots sont indissociables, porteurs d'&#233;motions et de sens pluriels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les interpr&#233;tations sont possibles, de Lydia Flem&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Tardy int&#232;gre l'image, notamment num&#233;rique, dans sa pratique d'&#233;criture. Il utilise des webcams, Google Street View ou des photos trouv&#233;es en ligne pour d&#233;clencher des textes, capturant mouvements et atmosph&#232;res &#233;ph&#233;m&#232;res. Il exploite l'image comme moteur d'imaginaire, sans la figer, pour explorer espace et temps. Dans ses ateliers, il privil&#233;gie des photos accessibles pour stimuler la cr&#233;ativit&#233; sans intimider. Il collecte aussi des s&#233;ries d'images inspirantes, les laissant m&#251;rir avant de les transformer en mots. Cette m&#233;thode, entre observation spontan&#233;e et documentation, nourrit une &#233;criture attentive aux d&#233;tails, aux glissements et aux projections intimes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;crire ce que l'on ne voit pas, de Nicolas Tardy&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/webp/durif.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/durif-44402.webp?1752217237' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Abri Durif, Paris, 05.09.24&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'artiste et &#233;crivain &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abridurif.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Durif&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d&#233;crit son rapport singulier aux images : omnipr&#233;sentes dans son environnement de travail mais tenues &#224; distance pendant l'&#233;criture. Elles forment un atlas visuel, dispos&#233; sur un mur ou reproduit ailleurs, qu'il d&#233;construit et recompose pour relancer son processus cr&#233;atif. Les images, souvent associ&#233;es &#224; des souvenirs ou &#224; des &#339;uvres, nourrissent l'imaginaire sans s'imposer directement au texte. Leur manipulation (d&#233;coupage, archivage, publication en ligne) devient une pratique vivante, une mani&#232;re d'habiter l'espace et d'en faire un refuge. L'&#233;criture, ainsi, sculpte un lieu mental poreux, pr&#234;t &#224; accueillir d'autres regards.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dos aux images, de Fran&#231;ois Durif&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien de l'art allemand Horst Bredekamp a d&#233;velopp&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/reflexions-sur-le-phenomene-d-acte-d-image_66844.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'id&#233;e de l'&#171; acte d'image &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; partir d'exemples o&#249; les images jouent un r&#244;le actif, comme des acteurs influen&#231;ant ceux qui les regardent, au-del&#224; de l'intention de leur cr&#233;ateur. Ce concept, inspir&#233; des th&#233;ories de l'acte de langage, est transpos&#233; &#224; la litt&#233;rature par le projet &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://projethandling.be/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;HANDLING&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui interroge la fa&#231;on dont les &#233;crivains s'emparent d'images concr&#232;tes pour nourrir leur &#233;criture. La publication issue du colloque &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://projethandling.be/realisations/lacte-dimage-en-litterature-the-image-act-in-literature/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'acte d'image en litt&#233;rature&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; explore cette interaction, des mus&#233;es aux archives, en passant par le num&#233;rique, et analyse comment les images, mat&#233;rielles ou mentales, d&#233;clenchent, accompagnent ou transforment le processus cr&#233;atif. L'ensemble propose ainsi une r&#233;flexion collective et prot&#233;iforme sur le pouvoir actif des images dans l'&#233;criture contemporaine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Acte d'image en litt&#233;rature : Introduction, par Anne Reverseau, Andr&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/aymes-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Flower Power : Les orchid&#233;es de Jocelyn Brooke&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Sophie Aymes&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/girardi-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au bas de l'image : La l&#233;gende comme objet litt&#233;raire chez Charles P&#233;guy&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Cl&#233;ment Girardi&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/francoharnache-1-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The Photographic Gesture as Response to the Image Act : Agust&#237;n Fern&#225;ndez Mallo and the Photographs of the Spanish Civil War&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, d'Andr&#233;s Franco Harnache&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/godefroy-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'appareil photo comme outil pour &#233;crire : Michel Butor&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Ad&#232;le Godefroy&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/leblanc-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Gen&#232;se du texte et actes d'image : Les carnets in&#233;dits de Marie-Claire Blais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, de Julie LeBlanc&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/baetens-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Patrick Mauri&#232;s, passe-murailles&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, de Jan Baetens&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/reverseau-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Un mur d'images comme gen&#232;se visuelle d'un livre : H&#233;l&#232;ne Giannecchini&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, d'Anne Reverseau&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/queille-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#8220;A Meditation on that Stilled Image&#8221; : Rachel Kushner and The Flamethrowers (2014)&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Alwena Queill&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/kukuryk-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;J'&#233;cris donc je cr&#233;e &#8212; l'art performatif de Christian Dotremont&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Agnieszka Kukuryk&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/richman-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Willem Frederik Hermans : le journal intime de Corry comme image, texte et objet&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Sasha Richman&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/laghouati-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le&#239;la Sebbar ou l'image passeuse : Entre fronti&#232;res et m&#233;moires&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Sofiane Laghouati&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/gheerardyn-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Explorer la croyance dans les images actives : Le cas des photographies de Patti Smith&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Claire Gheerardyn&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/vladova-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;bo&#238;ter l'image : Val&#233;rie Mr&#233;jen &#224; l'IMEC&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Tania Vladova&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/delcour-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;pingler l'image, piquer l'&#233;criture : La collection &#171; Fl&#233;chette &#187; des &#233;ditions sun/sun&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Manon Delcour&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/monjour-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;GifItUp !, du bildakt au bildhack : L'&#233;ditorialisation des collections num&#233;ris&#233;es dans les institutions patrimoniales&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Servanne Monjour&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/gribomont-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre modernisme, litt&#233;rature combinatoire et intelligence artificielle : Le bot @AutoImagist de Zach Whalen&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Isabelle Gribomont&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/godiveau-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;The Abb&#233;&#8221; by Aubrey Beardsley : An Introduction and Initiation to Under the Hill&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Jocelyn Godiveau&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/godiveau-2-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#8220;A Footnote&#8221; by Aubrey Beardsley : An Example of Visual Storytelling&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Jocelyn Godiveau&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/pal-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fot&#243;reg&#233;ny (Roman-photo) de L&#225;szl&#243; Moln&#225;r et J&#225;nos G&#233;czi : Les images travestissant le texte&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Gy&#246;ngyi&#8239;Pal et M&#225;ria Pecsics&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/guilbard-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Herv&#233; Guibert, les corps des images absentes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Anne-C&#233;cile Guilbard&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/cunescu-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Documenter le regard photographique : Emmanuel Laugier et l'acte de&lt;/i&gt; revoir&lt;/a&gt;, de St&#233;phane Cunescu&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/gaboriaud-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;D&#233;clencheurs en s&#233;rie : La collection &#171; Photoroman &#187; de Thierry Magnier (2007-2013)&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Marie Gaboriaud&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/queille-2-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A Portfolio : Rachel Kushner and The Flamethrowers (2014)&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Alwena Queill&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/lahouste-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;laborer une mati&#232;re po&#233;tique visuelle et &#171; artificielle &#187;&lt;/i&gt; Anima Sola &lt;i&gt;de Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Corentin Lahouste&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/desclaux-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'image dans l'acte d'&#233;crire d'Henri de R&#233;gnier&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Jessica Desclaux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/araujo-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raul Pompeia et l'illustration d&#233;bordante&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Gilberto Ara&#250;jo&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/kukuryk-2-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les logoneiges et l'art performatif de Christian Dotremont&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, par Agnieszka Kukuryk&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/kandeel-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les photographies d'un r&#233;cit palestinien : Edward Sa&#239;d et Jean Mohr&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Ammar Kandeel&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/gheerardyn-2-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laisser agir une s&#233;quence d'images : Le photobook Statues de Patti Smith&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Claire Gheerardyn&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/louvel-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment l'image vient au lecteur. Un livre, des images, une histoire : Barbara Hodgson,&lt;/i&gt; The Lives of Shadows&lt;/a&gt;, de Liliane Louvel&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/rousselgillet-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les photographies de Nad&#232;ge Fagoo&lt;/i&gt; dans L'Autre fille &lt;i&gt;d'Annie Ernaux : Une esth&#233;tique de l'&#233;cart&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Isabelle Roussel-Gillet&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/rousselgillet-2-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Bus 72, l'image vol&#233;e : Annie Ernaux et Vincent Josse&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Isabelle Roussel-Gillet&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/janas-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;chouer &#224; &#233;lucider la photographie : Images en qu&#234;te d'histoires de Val&#233;rie Mr&#233;jen&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Yorik Janas&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/lissac-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Image et &#233;criture en art-th&#233;rapie : R&#233;veil de sa capacit&#233; d'&#234;tre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Sandrine Lissac&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/lamarche-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un processus alchimique&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Caroline Lamarche&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/dejonckheere-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sans image, pas une ligne &#233;crite&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Philippe De Jonckheere&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/leger-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'hypoth&#232;se d'une d&#233;sorientation&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Nathalie L&#233;ger&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/flem-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toutes les interpr&#233;tations sont possibles&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Lydia Flem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/tardy-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;crire ce que l'on ne voit pas&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Nicolas Tardy&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/durif-1-fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dos aux images&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Fran&#231;ois Durif&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/handling/chapitres/reverseau_francoharnache_janas-1-fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Acte d'image en litt&#233;rature : Introduction&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Anne Reverseau, Andr&#233;s Franco Harnache et Yorik&#8239;Janas&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Raconteries de Charles Pennequin et Disparitions, apparitions, de Joachim S&#233;n&#233;</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/raconteries-de-charles-pennequin-et-disparitions-apparitions-de-joachim-sene</link>
		<guid isPermaLink="true">https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/raconteries-de-charles-pennequin-et-disparitions-apparitions-de-joachim-sene</guid>
		<dc:date>2025-06-13T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Joachim S&#233;n&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;ditions Abr&#252;pt publient deux nouveaux livres en juin 2025 : Raconteries, de Charles Pennequin et Disparitions, apparitions, de Joachim S&#233;n&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme &#224; leur habitude, les &#233;ditions Abr&#252;pt proposent plusieurs formats de ces deux livres. Sous format papier &#224; commander en librairie, ou depuis le site de l'&#233;diteur. En num&#233;rique, en t&#233;l&#233;chargeant l'epub sur vos plateformes favorites, ou sur le site de l'&#233;diteur. Enfin, tous les livres publi&#233;s chez Abr&#252;pt sont aussi disponibles comme des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/joachim-sene" rel="tag"&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH83/capture_d_e_cran_2025-06-13_a_00.12_06-545b5.png?1749798279' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Abr&#252;pt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; publient deux nouveaux livres en juin 2025 : &lt;strong&gt;Raconteries&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.charles-pennequin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Pennequin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Disparitions, apparitions&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.joachimsene.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; leur habitude, les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Abr&#252;pt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; proposent plusieurs formats de ces deux livres. Sous format papier &#224; commander en librairie, ou depuis le site de l'&#233;diteur. En num&#233;rique, en t&#233;l&#233;chargeant l'epub sur vos plateformes favorites, ou sur le site de l'&#233;diteur. Enfin, tous les livres publi&#233;s chez Abr&#252;pt sont aussi disponibles comme des antilivres sous la forme d'un PDF. Enfin, pour chaque projet un site sp&#233;cifique met en valeur la dimension num&#233;rique de ces cr&#233;ations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/charles-pennequin/raconteries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Raconteries&lt;/i&gt; de Charles Pennequin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une playlist de courtes vid&#233;os de l'auteur lisant ses textes en ext&#233;rieur. Pour les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/joachim-sene/disparitions-apparitions/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Disparitions, apparitions&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un monde 3D o&#249; se d&#233;placer librement et d&#233;couvrir les fragments &#233;clat&#233;s, m&#233;lang&#233;s. Tout le contenu est partag&#233; librement par la licence Creative Commons. Et m&#234;me vers&#233; volontairement au domaine public, imm&#233;diatement, dans le cas du texte de Joachim S&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L123xH200/capture_d_e_cran_2025-06-11_a_22.54_48_1_-e224f.png?1749675987' width='123' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/charles-pennequin/raconteries/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raconteries&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.charles-pennequin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charles Pennequin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un manifeste po&#233;tique qui rejette les conventions litt&#233;raires au profit d'une &#233;criture visc&#233;rale, fragmentaire et perform&#233;e. Pennequin affirme l'&#233;criture comme n&#233;cessit&#233; vitale, nourrie des voix ext&#233;rieures et de la brutalit&#233; du quotidien. Il distingue po&#233;sie et litt&#233;rature, d&#233;non&#231;ant cette derni&#232;re comme institutionnalis&#233;e et d&#233;connect&#233;e du vivant. Pour lui, &#233;crire, c'est une grimace, un hoquet, un geste organique. La performance po&#233;tique se transforme en offrande, celle d'un corps travers&#233; par le langage. &#201;crire, c'est vivre au bord de l'&#233;puisement, de la mort, dans une tentative toujours inaboutie de dire. Le texte appelle &#224; sortir des cadres, &#224; &#233;crire, &#224; crier dans la rue, contre l'abattement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La performance montre cet impossible &#224; parler devant l'autre, &#224; restituer l'&#233;criture, cet impossible &#224; &#233;couter aussi cet autre qui parle, qui restitue. La po&#233;sie-performance, ou l'art- performance, est une fa&#231;on de montrer le loupage de ces &#233;coutes, parce que le sens &#233;chappe, avec le son de la voix, avec aussi le r&#233;el qui entoure la lecture, avec tous les obstacles physiques des lectures publiques, le sens achoppe sur le son, parce qu'aussi, durant la lecture la petite voix en soi est encore l&#224;. La voix qui lit le livre ne fait rien ressortir &#224; part le sens qu'elle voudrait partager. Le sens entre dans la lecture mais pas le corps. Le corps n'est pas dans la voix car la voix se veut livre. Elle s'oublie dans le livre. La voix veut repr&#233;senter le sens du livre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-06-12_a_00.04_39.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH252/capture_d_e_cran_2025-06-12_a_00.04_39-a1bce.png?1749798279' width='500' height='252' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Playlist des courtes vid&#233;os de Charles Pennequin&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L123xH200/capture_d_e_cran_2025-06-11_a_22.56_30-ee7ec.png?1749675987' width='123' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/joachim-sene/disparitions-apparitions/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Disparitions, apparitions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.joachimsene.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un recueil de vignettes br&#232;ves, absurdes et po&#233;tiques, d'&#233;v&#233;nements &#233;tranges, m&#234;lant disparitions et apparitions surr&#233;alistes. Corps, &#233;motions, objets et id&#233;es s'y confondent. Des orteils, des regrets ou une montre qui indique une heure qui n'existe pas. Inspir&#233; par les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://jsene.net/a-propos/article/a-propos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biographies al&#233;atoires de l'auteur&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, le texte brouille les fronti&#232;res entre r&#233;el et imaginaire, humain et machine, chair et langage. &#192; travers ces fragments hybrides, Joachim S&#233;n&#233; questionne la m&#233;moire, la violence sociale, la sexualit&#233; et la mat&#233;rialit&#233; du texte. Ce livre manifeste une vision du monde o&#249; la disparition est autant un effacement qu'une m&#233;tamorphose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taha Souris, disparu 23 h 06 &#224; la boulangerie au moment o&#249; il convoitait un pain aux raisins. On a retrouv&#233; trois euros cinquante de pens&#233;es fermement nou&#233;es autour des six mois pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Livia Casque, disparue &#224; 10 h 35 au moment o&#249; son expresso arrivait fumant, moussu de souvenirs oubli&#233;s. On a retrouv&#233; seulement le sucre de ses derni&#232;res h&#233;sitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hubert Gant, disparu &#224; 3 h 48 sur les rochers gris de la plage bleue, alors qu'il pensait &#224; tout ce qu'il n'avait pas encore dit. On a retrouv&#233; la couleur de ses mots dans chacun des coquillages scell&#233;s apr&#232;s la mar&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/jpg/da_3d.png.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/da_3d.png-04317.jpg?1749798279' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Le monde 3D de &lt;i&gt;Disparitions, apparitions&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ces deux ouvrages partagent une volont&#233; radicale de faire &#233;clater les cadres traditionnels de la litt&#233;rature. Le texte de Charles Pennequin explore l'&#233;criture comme geste vital, performatif, o&#249; le corps parle autant que les mots, dans une lutte contre l'aseptisation litt&#233;raire. De son c&#244;t&#233;, le recueil de Joachim S&#233;n&#233; propose une po&#233;sie fragmentaire et sensorielle, m&#234;lant le grotesque au num&#233;rique, o&#249; les corps se dissolvent et ressurgissent sous formes symboliques ou organiques. Tous deux d&#233;fendent une &#233;criture du vivant, travers&#233;e par le r&#233;el, la violence sociale, et une forme d'urgence &#8212; &#224; dire, &#224; crier, &#224; exister autrement. Une po&#233;sie qui d&#233;borde, refuse les normes, et fait du langage un lieu d'exp&#233;rimentation et de transformation radicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Po&#233;sie commune, une collection des &#233;ditions MF</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/poesie-commune-une-collection-des-editions-mf</link>
		<guid isPermaLink="true">https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/poesie-commune-une-collection-des-editions-mf</guid>
		<dc:date>2025-04-04T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Po&#233;sie commune est une nouvelle collection des &#233;ditions MF, cr&#233;&#233;e sous l'impulsion de Laure Gauthier et de Bastien Gallet, qui trouve son origine dans un constat et une volont&#233; d'accompagner l'&#233;volution de la po&#233;sie contemporaine, en particulier celle &#233;crite par des femmes. Cette collection se veut un espace pour explorer le commun sous diverses formes : comme ressource linguistique et culturelle, comme ensemble de probl&#232;mes soci&#233;taux auxquels la po&#233;sie se connecte, et comme pratique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/pc-header_1_-14a31.jpg?1743767485' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com/collection/6/poesie-commune&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Po&#233;sie commune&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est une nouvelle collection des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions MF&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cr&#233;&#233;e sous l'impulsion de Laure Gauthier et de Bastien Gallet, qui trouve son origine dans un constat et une volont&#233; d'accompagner l'&#233;volution de la po&#233;sie contemporaine, en particulier celle &#233;crite par des femmes. Cette collection se veut un espace pour explorer le commun sous diverses formes : comme ressource linguistique et culturelle, comme ensemble de probl&#232;mes soci&#233;taux auxquels la po&#233;sie se connecte, et comme pratique collective et partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre premiers livres paraissent cette ann&#233;e : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com/produit/153/9782378040888/xixi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Xixi&lt;/i&gt;, de Florence Jou&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, r&#233;cit dystopique explorant les enjeux &#233;cologiques en Chine &#224; travers le regard d'une jeune fille&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com/produit/152/9782378040895/veules-les-roses&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Veules-les-Roses&lt;/i&gt;, de Gabrielle Schaff&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dialogue po&#233;tique et cartographique autour d'un village normand&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com/produit/151/9782378040901/les-branches-des-autres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;les branches des autres&lt;/i&gt;, de Camille Sova&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, exploration de la fragilit&#233; et de la singularit&#233; &#224; travers un collage de voix et de fragments&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com/produit/150/9782378040871/poudreuse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Poudreuse&lt;/i&gt;, de S&#233;verine Daucourt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, m&#233;ditation sur l'engourdissement et la r&#233;sistance face aux exc&#232;s du monde contemporain&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage anthologique qui accompagne la parution de ces quatre premiers titres, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-mf.com/produit/154/9782378040956/poesie-commune&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;petit volume accessible gratuitement en ligne sur le site des &#233;ditions MF&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, propose &#233;galement un avant-go&#251;t de &lt;i&gt;Paradisiaca : Un Lac-Op&#233;ra&lt;/i&gt; d'Elke de Rijcke, dont la parution est pr&#233;vue pour 2026, perspective po&#233;tique sur la r&#233;gion du lac de Constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collection &lt;i&gt;Po&#233;sie commune&lt;/i&gt;, con&#231;ue comme un projet collectif, implique Patrice Blouin, L&#233;na&#239;g Cariou, Fr&#233;d&#233;rique Cosnier, Elsa Boyer, S&#233;verine Daucourt et Elke de Rijcke, en plus de Laure Gauthier et Bastien Gallet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH438/mf-e2cf9.png?1743750042' width='500' height='438' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Selon Bastien Gallet, auteur et directeur des &#233;ditions MF, trois traits principaux d&#233;finissent cette &lt;i&gt;Po&#233;sie Commune&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commun comme ressource &#224; prot&#233;ger et renouveler : &#171; en l'occurrence les langues et tout ce qu'elles charrient d'idiomes, d'expressions, d'accents, de prosodies et de mots d&#233;suets, oubli&#233;s, us&#233;s, c'est-&#224;-dire, aussi, de cultures et de mondes sociaux plus ou moins minor&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commun comme ensemble de probl&#232;mes auxquels la po&#233;sie peut se connecter : l'objectif est de rendre ces probl&#232;mes &#171; n&#233;cessaires, incandescents, intol&#233;rables et donc impossibles &#224; mettre sous le tapis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commun comme pratique collective : Une po&#233;sie qui fait groupe, &#171; essaim, nu&#233;e, ni rivale ni exclusive mais &#224; la fois individuelle et partag&#233;e &#187;. Ce groupe d'auteurs et d'&#233;diteurs travaillent d'ailleurs ensemble. On retrouve ainsi dans l'anthologie des titres &#224; para&#238;tre, des textes crois&#233;s, o&#249; chaque livre est comment&#233; par deux autres membres du collectif, ce qui t&#233;moigne de ce partage. L'intention est de donner voix &#224; des exp&#233;riences partag&#233;es (face &#224; la crise &#233;cologique, &#224; la souffrance psychique, aux r&#233;alit&#233;s sociales) participe &#224; cr&#233;er un espace commun de sensibilit&#233; et de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;chronique &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lestempsquirestent.org/fr/chroniques/poesie-commune&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Po&#233;sie commune&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Les Temps qui restent&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est une autre manifestation de cette volont&#233; de partager et de diffuser une certaine forme de po&#233;sie, avec notamment des textes de Philippe Beck, Pierre Vinclair, Florence Raynal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L341xH512/241115_mf-poesie-commune-3e1e3.webp?1743590556' width='341' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Xixi&lt;/i&gt; de Florence Jou, le conte oriental est actualis&#233; par l'int&#233;gration d'&#233;l&#233;ments technologiques et politiques contemporains, tout en s'ancrant dans un contexte g&#233;ographique et culturel pr&#233;cis : celui d'un village chinois confront&#233; &#224; la crise &#233;cologique. Loin d'une vision id&#233;alis&#233;e de l'Orient, l'ouvrage adopte une approche anthropologique et mobilise des r&#233;f&#233;rences vari&#233;es, m&#234;lant culture savante et populaire, ancienne et moderne, comme Sung-Tzu, Zhang Hexian ou encore le cin&#233;ma de Stephen Chow. Ce croisement des influences (contes traditionnels, science-fiction, anthropologie pragmatique) permet un renouvellement des formes po&#233;tiques. Par cette hybridation, &lt;i&gt;Xixi&lt;/i&gt; s'inscrit dans la d&#233;marche de la &lt;i&gt;po&#233;sie commune&lt;/i&gt;, en explorant &#224; la fois de nouvelles ressources narratives et en se confrontant aux probl&#233;matiques contemporaines, telles que la crise climatique et ses cons&#233;quences d&#233;vastatrices, un monde en pleine d&#233;r&#233;gulation climatique.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L341xH512/241115_mf-poesie-commune3-ab51a.webp?1743590556' width='341' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Veules-les-Roses&lt;/i&gt; de Gabrielle Schaff, l'exploration d'un lieu sp&#233;cifique (ses noms, ses cartes, son histoire, mais aussi les conversations quotidiennes de ses habitants) manifeste une attention au patrimoine linguistique et g&#233;ographique commun. Le texte creuse l'ordinaire et le vulgaire, s'attachant &#224; un langage partag&#233; et aux repr&#233;sentations collectives d'un territoire. Cette approche se traduit par l'usage de multiples m&#233;dias. Les cartes, qu'il faut superposer pour appr&#233;hender le territoire sous diff&#233;rents angles (cartes d'&#233;tat-major, touristiques, fluviales, routi&#232;res, maritimes). Internet, o&#249; la recherche du nom du lieu produit une multiplicit&#233; de mots, d'images et de cartes. Le dialogue oral et th&#233;&#226;tral, &lt;i&gt;Veules-les-Roses&lt;/i&gt; &#233;tant d'abord une pi&#232;ce pour deux voix avant de devenir un livre. Le texte joue aussi avec les sonorit&#233;s, les allit&#233;rations et les homophonies, amplifiant ainsi son inscription dans une tradition orale et po&#233;tique. Enfin, le livre lui-m&#234;me se donne comme un m&#233;dia, &#224; lire sur plusieurs plans : d&#233;ambulation normande, partition verbale et po&#232;me &#224; deux voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L341xH512/241115_mf-poesie-commune2-9200d.webp?1743590556' width='341' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans les branches des autres&lt;/i&gt;, de Camille Sova, une s&#233;rie de po&#232;mes intitul&#233;e &lt;i&gt;Les saisons&lt;/i&gt; se pr&#233;sente sous la forme d'un journal, suivant les balbutiements d'une voix. Ils ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s &#224; partir du d&#233;coupage et du d&#233;tournement de magazines de psychologie positive et de &lt;i&gt;La Bible du d&#233;veloppement personnel&lt;/i&gt; &#233;dit&#233;e par &lt;i&gt;Harvard Business Review&lt;/i&gt;. Chaque po&#232;me, ancr&#233; dans une saison particuli&#232;re, est l'occasion d'un t&#233;moignage et d'une r&#233;flexion sur ce que veut dire &#171; exister &#187; et &#171; faire soci&#233;t&#233; &#187; dans un monde qui va mal mais pr&#233;tend le contraire. Les techniques du collage et du cut-up lui permettent d'int&#233;grer des paroles existantes de mani&#232;re signifiante. La troisi&#232;me section du livre, &lt;i&gt;comment vous sentez-vous l&#224; tout de suite&lt;/i&gt;, par exemple est constitu&#233;e exclusivement de fragments issus du forum &lt;i&gt;Psychologie&lt;/i&gt; (section &lt;i&gt;D&#233;pression et d&#233;prime&lt;/i&gt;) du site &lt;i&gt;Doctissimo&lt;/i&gt;, reproduits sans modification. Camille Sova propose ainsi une diffraction du langage ordinaire, inscrivant son travail dans une dynamique o&#249; l'attention port&#233;e aux mots des autres prime sur toute posture de surplomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;_je sais pas trop&lt;br class='autobr' /&gt;
_je me sens comme une &#233;ponge hyper imbib&#233;e. Ou comme un baba au rhum ! !&lt;br class='autobr' /&gt;
_j'ai cherch&#233; le nounours au fond de la poubelle. Il avait aussi perdu la t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
_c'est une histoire d'amour c'est &#231;a ?&lt;br class='autobr' /&gt;
_une lueur d'espoir de te revoir T'es toujours comme &#231;a &lt;br class='autobr' /&gt;
_&#171; D&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#187;, lol&lt;br class='autobr' /&gt;
_j'aimerais bien pouvoir faire du bruit avant midi &lt;br class='autobr' /&gt;
_Bris&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
_&#231;a coute cher les cigarettes&lt;br class='autobr' /&gt;
_Meurtrie aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
_t'es toujours l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
_vide et gel&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
_tu as vu il y a une abeille, celle de droite qui fait plus s&#233;rieuse, on dirait qu'elle dirige et qu'elle a une moustache&lt;br class='autobr' /&gt;
_J'essai de me leurrer de me dire que tout vas bien..&lt;br class='autobr' /&gt;
_Are you dancing ?&lt;br class='autobr' /&gt;
_demain je m'y mettrai&lt;br class='autobr' /&gt;
_Je me sens invisible, ma d&#233;tresse resteras tel quel &#231;a a fonctionn&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
_&#192; vrai dire je suis hant&#233; par mes fant&#244;mes pass&#233;s et compl&#232;tement t&#233;tanis&#233; par mon futur...&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai encore plus peur de ce qui reste a venir que ce que j'ai d&#233;j&#224; v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L341xH512/241115_mf-poesie-commune4-abf0d.webp?1743590556' width='341' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Poudreuse&lt;/i&gt;, S&#233;verine Daucourt utilise la neige comme sympt&#244;me des maux de la soci&#233;t&#233; contemporaine, d'un monde sous l'emprise du n&#233;olib&#233;ralisme. Cet &#233;l&#233;ment naturel devient une entit&#233; prot&#233;iforme qui refl&#232;te l'ensevelissement progressif des consciences et l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;ralis&#233;e face aux r&#233;alit&#233;s du monde. Une &#171; lente c&#233;cit&#233; &#187; ou une neige &#224; &#171; effet de serre &#187;, qui &#233;voquent un processus de gel et de fonte simultan&#233;, de la &#171; glaciation du commun &#187;, o&#249; les relations humaines se figent et se dissolvent &#224; la fois. Dans cet univers de d&#233;ni et d'illusions, la neige agit comme une &#171; drogue du feel good &#187;, un &#233;cran de douceur factice emp&#234;chant de voir et de penser. Face &#224; cette saturation de stimuli et d'informations, &lt;i&gt;Poudreuse&lt;/i&gt; devient un appel &#224; une &#171; &#233;conomie de l'attention &#187;, une tentative de faire fondre cette opacit&#233; pour retrouver une lucidit&#233; critique. L'&#233;criture, incisive et fragment&#233;e, proc&#232;de par &#171; sondes tranchantes &#187; qui percent l'illusion et exposent les bribes d'une conscience en lutte. Dans la fragilit&#233; m&#234;me de l'existence, il s'agit de prot&#233;ger un espace int&#233;rieur par la puissance de la parole po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L446xH610/poudreuse1-66058.png?1743590556' width='446' height='610' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8288 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center lcenter'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L446xH608/poudreuse2-313c6.png?1743590556' width='446' height='608' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 10 avril, soir&#233;e &lt;i&gt;Po&#233;sie commune&lt;/i&gt;, nouvelle collection des &#233;ditions MF, en compagnie de trois des premi&#232;res autrices, Camille Sova, S&#233;verine Daucourt, Florence Jou &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.librest.com/librairies/librairie-l-atelier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;librairie L'Atelier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 20 avril, rencontre et lectures en terrasse de 17h &#224; 20h &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://montenlair.fr/2025/03/26/collection-poesie-commune-editions-mf-lectures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;librairie &lt;i&gt;Le Monte en l'air&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; pour f&#234;ter la nouvelle collection &#171; po&#233;sie commune &#187; des &#233;ditions MF avec S&#233;verine Daucourt, Florence Jou, Gabrielle Schaff, Camille Sova, mais &#233;galement Lena&#239;g Cariou, Fr&#233;d&#233;rique Cosnier et Laure Gauthier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En exergue, de Guy Bennett</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/en-exergue-de-guy-bennett</link>
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		<dc:date>2025-01-10T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>Sens</dc:subject>
		<dc:subject>Rire</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Guy Bennett est &#233;crivain et traducteur. Il vit &#224; Los Angeles, o&#249; il enseigne au Otis College of Art and Design. En exergue est son cinqui&#232;me livre &#233;dit&#233; en France. Il a publi&#233; ses pr&#233;c&#233;dents textes aux &#201;ditions de l'Attente. L'auteur explore les limites du territoire po&#233;tique, et par extension, litt&#233;raire. Une critique du livre, de la repr&#233;sentation et de la production du livre, approche impliquant n&#233;cessairement la cr&#233;ation d'un nouveau type de livre centr&#233; sur la marge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans En exergue, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/mort" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/sens" rel="tag"&gt;Sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/rire" rel="tag"&gt;Rire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH77/arton2611-bd527.jpg?1739531852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L204xH300/bennett_en-exergue_couv-699x1024_1_-7f2a6.jpg?1739520540' width='204' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Guy Bennett est &#233;crivain et traducteur. Il vit &#224; Los Angeles, o&#249; il enseigne au Otis College of Art and Design. &lt;i&gt;En exergue&lt;/i&gt; est son cinqui&#232;me livre &#233;dit&#233; en France. Il a publi&#233; ses pr&#233;c&#233;dents textes aux &#201;ditions de l'Attente. L'auteur explore les limites du territoire po&#233;tique, et par extension, litt&#233;raire. Une critique du livre, de la repr&#233;sentation et de la production du livre, approche impliquant n&#233;cessairement la cr&#233;ation d'un nouveau type de livre centr&#233; sur la marge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editions-lanskine.fr/en-exergue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;En exergue&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions Lanskine&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Guy Bennett propose une compilation d'&#233;pigraphes appari&#233;es et de gloses qui les commentent. Ces &#233;pigraphes abordent le th&#232;me de la cr&#233;ation litt&#233;raire et artistique. Les relations complexes entre &#233;criture, lecture, perception, et la subjectivit&#233; inh&#233;rente &#224; ces processus. Il examine des paradoxes et des contradictions apparentes dans les propos cit&#233;s, soulignant l'importance de la perception personnelle et remettant en question les notions d'originalit&#233; et d'objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur joue avec les citations (de diff&#233;rents auteurs, d&#8216;&#233;poques vari&#233;es, de natures contrast&#233;es). Son texte se d&#233;veloppe au rythme des nombreuses questions pos&#233;es &#224; partir de ces citations qu'il tente de r&#233;soudre, soit par des citations, soit par des commentaires &#233;maill&#233;s d'autres citations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Lecteur, je t'invite &#224; faire la lecture de l'&#233;criture&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;de ma lecture de ce que j'&#233;cris.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211;- LAURE LIMONGI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;crire, c'est peut-&#234;tre se lire en dedans.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211;- EVE SAUZE-CHAPEL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces affirmations poussent plus loin la conjonction &#233;criture-lecture : &#233;crire, c'est lire, qu'il s'agisse de se lire soi-m&#234;me ou de lire ce qu'on &#233;crit. Limongi sugg&#232;re que le produit graphique du processus d'&#233;criture est lui-m&#234;me la lecture d'une autre &#233;criture, latente ou int&#233;rieure peut-&#234;tre, qui ne s'est pas encore exprim&#233;e, qu'on d&#233;couvre ou &#171; lit &#187; en &#233;crivant, et que d&#233;voilerait l'&#233;crit ainsi produit (comme Philippe Annocque l'a remarqu&#233;, &#171; &#201;crire, c'est lire avant m&#234;me que ce soit &#233;crit &#187;). Cette &#233;criture non &#233;crite correspondrait peut-&#234;tre &#224; celle que Duras pr&#233;tend qu'on &#233;laborerait si on &#233;crivait, en cela qu'elle semble ant&#233;rieure &#224; l'&#233;criture qu'on peut faire ou qu'on fait afin de la rendre manifeste. Selon Sauze-Chapel, cette &#233;criture ant&#233;rieure co&#239;nciderait peut-&#234;tre avec le moi (comme si le moi &#233;tait un texte &#233;crit d&#233;voil&#233; pendant que nous le lisions en l'&#233;crivant (ou, s'il ne s'agit pas d'un texte &#233;crit, quelque chose qui peut se traduire en &#233;criture)). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5436 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L200xH200/guybennett-800x_3_-c2717.jpg?1739520540' width='200' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans ses pr&#233;c&#233;dents textes, Guy Bennett explorait d&#233;j&#224; le &lt;i&gt;cut up&lt;/i&gt; et la citation, et d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale le paratexte, transformant ces scories litt&#233;raires comme il les nomme &#171; en des formes scriptibles et des genres litt&#233;raires &#224; part enti&#232;re, d&#233;sormais capables de se suffire &#224; eux-m&#234;mes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte est teint&#233; d'un humour subtil. Et c'est cette forme d'ironie distanci&#233;e qui cr&#233;e l'unit&#233; de cet ensemble disparate de citations avec des points de vue &#224; la fois oppos&#233;s mais tr&#232;s proches dans leurs th&#233;matiques, dont l'auteur ne cesse de souligner l'antinomie jusqu'&#224; l'absurde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Guy Bennet convoque notamment des critiques de la citation dans son ouvrage sur la cr&#233;ation &#224; partir de citations. Ainsi la citation de Cioran &#171; Se m&#233;fier des penseurs dont l'esprit ne fonctionne qu'&#224; partir d'une citation &#187; agit &#224; la fois comme critique et fondation de ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'originalit&#233;, c'est l'art de camoufler sa source.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211;- FRANKLIN P. JONES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'aime tellement l'originalit&#233;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;que je n'arr&#234;te pas de la copier.&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; CHARLES BERNSTEIN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la croyance populaire (&#224; savoir, que l'originalit&#233; est &#171; originale &#187;), il est difficile d'imaginer un art qui ne consomme pas ses propres conventions et produits / qui n'adule pas ses propres lumi&#232;res et sommit&#233;s. Un tel art existe-t-il ? Un art qui serait enti&#232;rement original ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela d&#233;pendrait je suppose du sens que nous donnons &#224; ce mot. Si c'est l'originalit&#233; du &lt;i&gt;jamais vu / fait avant&lt;/i&gt;, mot d'ordre du modernisme (&#171; Faire nouveau ! &#187; &#8211; Ezra Pound) et pierre philosophale de l'avant-garde (&#171; Pas de po&#233;sie avant nous &#187; &#8211; F.T. Marinetti), alors la r&#233;ponse est non, puisqu'elle est in&#233;vitablement imbue de la tradition contre laquelle elle s'&#233;rige.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il s'agit de cette originalit&#233; qui de fa&#231;on explicite &lt;i&gt;incorpore&lt;/i&gt; (&#171; Ces vieux gars ont piqu&#233; certaines de nos plus belles id&#233;es. &#187; &#8211; Frederic Goudy), recycle (&#171; Imaginez ce qu'on peut faire avec le d&#233;j&#224; fait. &#187; &#8211; Rick Prelinger), et r&#233;invente (&#171; J'ai trouv&#233; de nouvelles fa&#231;ons de dire la m&#234;me chose. &#187; &#8211; David Thomas), une &lt;i&gt;post-originalit&#233;&lt;/i&gt; si vous voulez, la r&#233;ponse est pas vraiment, puisque qu'elle n'est pas tr&#232;s originale non plus. C'est que le postmodernisme &#8211; matrice du&lt;br class='autobr' /&gt;
post-original &#8211; appartient d&#233;j&#224; au pass&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme nous vivons et cr&#233;ons &#224; l'&#232;re &lt;i&gt;apr&#232;s-post&lt;/i&gt;, comme Josefina Ludmer l'a finement nomm&#233;e, il faudrait t&#226;cher de d&#233;finir la conception de l'originalit&#233; qui s'y associe, s'il y en a une, pour savoir o&#249; nous en sommes avec cette notion probl&#233;matique, pour en dire le moins. Et je dis &#171; s'il y en a une &#187; car, selon Ludmer, le propre des &#233;critures de cette p&#233;riode, c'est qu'elles sont indissociables de la r&#233;alit&#233;, qui n'a que faire de l'originalit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Bennett tisse une tapisserie intertextuelle o&#249; voix et pens&#233;es s'entrelacent en un dialogue polyphonique, affirmant que toute cr&#233;ation repose sur un h&#233;ritage pr&#233;existant. Les citations, &#224; la fois points de d&#233;part et fragments autonomes, interrogent l'art, la vie et la cr&#233;ation, tout en d&#233;voilant leur duplicit&#233; hors contexte. Elles r&#233;v&#232;lent contradictions et paradoxes, &#233;clairant la complexit&#233; des id&#233;es explor&#233;es. Cette d&#233;marche, m&#234;lant r&#233;flexion critique et introspection, inscrit chaque citation comme une empreinte de ses influences et une &#233;tape de sa pens&#233;e, aboutissant &#224; une m&#233;ditation sur l'&#339;uvre d'art et son lien au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un beau masque prend l'air, de Suzanne Doppelt</title>
		<link>https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/un-beau-masque-prend-l-air-de-suzanne-doppelt</link>
		<guid isPermaLink="true">https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/un-beau-masque-prend-l-air-de-suzanne-doppelt</guid>
		<dc:date>2024-11-29T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Animal</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s Meta Donna, Et tout soudain en rien, Suzanne Doppelt publie Un beau masque prend l'air, texte po&#233;tique en &#233;cho &#224; 17 &#339;uvres picturales dans lesquelles figurent des animaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les animaux pr&#233;sents dans ces diff&#233;rentes &#339;uvres ne sont jamais les m&#234;mes d'une peinture &#224; l'autre, ils ne repr&#233;sentent donc pas le portrait d'un animal, mais le d&#233;crivent dans son environnement, le sens que sa pr&#233;sence donne &#224; l'image dans laquelle il s'inscrit, visible ou cach&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dans les pr&#233;c&#233;dents livres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/animal" rel="tag"&gt;Animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH90/arton2598-63c5d.png?1739531852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/radio-marelle/article/meta-donna-de-suzanne-doppelt&#034;&gt;Meta Donna&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/radio-marelle/article/et-tout-soudain-en-rien-de-suzanne-doppelt&#034;&gt;Et tout soudain en rien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Suzanne Doppelt publie &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-5946-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un beau masque prend l'air&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, texte po&#233;tique en &#233;cho &#224; 17 &#339;uvres picturales dans lesquelles figurent des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les animaux pr&#233;sents dans ces diff&#233;rentes &#339;uvres ne sont jamais les m&#234;mes d'une peinture &#224; l'autre, ils ne repr&#233;sentent donc pas le portrait d'un animal, mais le d&#233;crivent dans son environnement, le sens que sa pr&#233;sence donne &#224; l'image dans laquelle il s'inscrit, visible ou cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les pr&#233;c&#233;dents livres de Suzanne Doppelt, qui ont la particularit&#233; d'&#234;tre constitu&#233;s de 80 pages, leur structure est tr&#232;s &#233;labor&#233;e. Chacune des sections de cet ouvrage se divise en deux parties distinctes : un texte constitu&#233; avec r&#233;gularit&#233; de 6 fragments de prose po&#233;tique (de deux phrases chacune) suivi d'un bloc de texte court combin&#233; &#224; un cadre rectangulaire gris&#233;e de la proportion de la peinture d&#233;crite, composant comme une ombre au tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte multiplie les approches sur l'&#339;uvre retenue, variant les points de vue, proposant r&#233;flexions, perspectives historiques, esth&#233;tiques, r&#233;f&#233;rences po&#233;tiques ou fragments de r&#233;cits. Les tableaux figurent en fin d'ouvrage et sont r&#233;f&#233;renc&#233;s dans ce qui s'apparente &#224; une table des mati&#232;res. Cela lib&#232;re la lecture d'un rapport purement descriptif ou documentaire de la peinture, lui pr&#233;f&#233;rant une approche po&#233;tique invitant aux allers-retours entre le texte et l'image, comme l'&#339;il circule dans l'&#339;uvre &#224; la recherche d'un d&#233;tail cach&#233;, d'une zone d'ombre, s'en &#233;loigne pour mieux y revenir, regard oblique dans un cheminement qui accueille l'errance, le d&#233;tour, le pas de c&#244;t&#233;, qui permet d'en comprendre le sens de l'int&#233;rieur, en acceptant de s'y perdre. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720322156857/player&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
sous un arbre une femme p&#226;le et repl&#232;te est &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
la toilette compl&#232;tement nue de la t&#234;te aux pieds &lt;br class='autobr' /&gt;
flex et offerts, les &#233;crevisses en ont douze &lt;br class='autobr' /&gt;
les serpents aucun, elle en a deux des petits pieds &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
brodequins avec elle marche selon sa cadence elle &lt;br class='autobr' /&gt;
danse selon son rang au besoin elle mesure la taille &lt;br class='autobr' /&gt;
du soleil absent pour l'heure dans ce sous-bois &lt;br class='autobr' /&gt;
formellement align&#233;, nos premiers ma&#238;tres de &lt;br class='autobr' /&gt;
philosophie plus les mains et les yeux qui seront &lt;br class='autobr' /&gt;
soign&#233;s &#224; leur tour. Elle s'expose sous un arbre &lt;br class='autobr' /&gt;
tourn&#233;e vers celui la figurant ainsi libre et en plein &lt;br class='autobr' /&gt;
air Jacopo Robusti dit Tintoretto, aux bons soins &lt;br class='autobr' /&gt;
de deux jeunes filles appliqu&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;si proche p&#226;le et repl&#232;te m&#234;me couleur m&#234;me &lt;br class='autobr' /&gt;
tournure, la grenouille des sous-bois son humidit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
glissante moiti&#233; au sec sur le point d'y &#234;tre ou d&#233;j&#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
dans le bain, de quel air elle r&#234;ve et comment elle &lt;br class='autobr' /&gt;
chante &#224; deux une belle chorale avant le silence des &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;chos des ricochets histoire d'enchanter la galerie, &lt;br class='autobr' /&gt;
Suzanne en son jardin comme la veille idem l'avant-&lt;br class='autobr' /&gt;
veille flanqu&#233;e de ses suivantes, une grenouille &lt;br class='autobr' /&gt;
givr&#233;e qui regarde sans &#234;tre vue du bord ou du fond &lt;br class='autobr' /&gt;
de son &#233;tang ordinaire, les yeux culminant elle &lt;br class='autobr' /&gt;
tourne le dos &#224; la sc&#232;ne nue o&#249; une femme nue &lt;br class='autobr' /&gt;
de la t&#234;te aux pieds se fait gentiment dorloter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;apportez-moi de quoi me parfumer et me laver&lt;/i&gt; dit-elle &lt;br class='autobr' /&gt;
aux jeunes filles &lt;i&gt;les portes ferm&#233;es que je baigne &lt;br class='autobr' /&gt;
il fait chaud&lt;/i&gt;, elle l'a pris ou le prendra son bain en &lt;br class='autobr' /&gt;
plein air un bain innocent des onguents des jeux &lt;br class='autobr' /&gt;
d'eau ti&#233;die par l'atmosph&#232;re ses lavandi&#232;res un &lt;br class='autobr' /&gt;
bac ou un &#233;tang ordinaire o&#249; se plonger nue &lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'aux oreilles, une grenouille grand format. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un sous-bois opaque elle s'y expose sous &lt;br class='autobr' /&gt;
un arbre &#224; lait de Judas des pendus de la libert&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
il faut quelques teintes subtiles autant de feuilles&lt;br class='autobr' /&gt;
autant de nuances une m&#233;moire cercle apr&#232;s cercle &lt;br class='autobr' /&gt;
le temps de faire le mod&#232;le parfaitement statique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pareil aux deux perch&#233;s embusqu&#233;s non loin deux &lt;br class='autobr' /&gt;
vieillards mauvais le regard oblique font le guet &lt;br class='autobr' /&gt;
chaque jour quand Suzanne est en son jardin, &lt;br class='autobr' /&gt;
des voyeurs au spectacle qui d&#233;vorent des yeux non &lt;br class='autobr' /&gt;
par un trou de serrure ni par une fen&#234;tre avec vue &lt;br class='autobr' /&gt;
mais presque &#224; d&#233;couvert transis sous les ramures &lt;br class='autobr' /&gt;
une cachette improvis&#233;e un vrai peep show plus &lt;br class='autobr' /&gt;
tout ce qu'il faut pour faire un tableau, un mod&#232;le&lt;br class='autobr' /&gt; vivant une pose longue un cadre valable et son &lt;br class='autobr' /&gt;
ma&#238;tre d'&#339;uvre, un savant jeu de sc&#232;ne o&#249; chacun &lt;br class='autobr' /&gt;
est &#224; son affaire l'une d&#233;v&#234;tue et en relief les autres &lt;br class='autobr' /&gt;
les gel&#233;s comme un coing les suivantes &#224; leur ouvrage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un huis clos r&#233;serv&#233; les portes ferm&#233;es avant &lt;br class='autobr' /&gt;
l'entourloupe une fameuse fable capable de &lt;br class='autobr' /&gt;
changer un homme en cerf ou une femme en &lt;br class='autobr' /&gt;
grenouille moiti&#233; au sec il fera beau soit au fond &lt;br class='autobr' /&gt;
du bain il pleuvra, alors elles se d&#233;multiplieront &lt;br class='autobr' /&gt;
jusque dans les chambres des puissants chantant &lt;br class='autobr' /&gt;
ricochant vertes rousses ou givr&#233;es, la mati&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
un champignon devient une chauve-souris &lt;br class='autobr' /&gt;
une grenouille devient une feuille morte et &lt;br class='autobr' /&gt;
Suzanne une fille de joie assise sur un joli drap. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le milieu d'un sous-bois il y r&#232;gne un curieux &lt;br class='autobr' /&gt;
climat une chaude apr&#232;s-midi un ciel absent &lt;br class='autobr' /&gt;
et deux vieillards en coulisse deux spectateurs &lt;br class='autobr' /&gt;
exactement l&#224; o&#249; se redressent les lignes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l&#224; se fabrique une histoire &#224; nulle autre pareille, &lt;br class='autobr' /&gt;
au printemps les grenouilles chantent pendant l'&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
elles aboient de quoi r&#233;veiller un mort ou damner &lt;br class='autobr' /&gt;
un vivant, chaste Suzanne au premier plan expos&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
en &#233;quilibre sous un arbre visible partout de sa&lt;br class='autobr' /&gt;
droite celui qui la peint d'apr&#232;s sa mani&#232;re blonde&lt;br class='autobr' /&gt;
et v&#233;nitienne de sa gauche un couple antique des&lt;br class='autobr' /&gt;
voyeurs mal&#233;fiques, entre eux de l'eau dormante&lt;br class='autobr' /&gt;
la pire qui croise les images selon les lois de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;flexion les retourne et n'en renvoie aucune&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2024-11-25_a_11.57_24.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH339/capture_d_e_cran_2024-11-25_a_11.57_24-d60d9.png?1739531852' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Suzanne au bain&lt;/i&gt;, Le Tintoret, 1550 / 1575, mus&#233;e de Louvre, Paris&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Les animaux sont repr&#233;sent&#233;s dans l'art depuis les d&#233;buts de l'humanit&#233;, comme en t&#233;moignent les peintures rupestres vieilles de 42 000 ans. Une des premi&#232;res &#339;uvres figurant dans le livre est une reproduction des &lt;i&gt;Chevaux ponctu&#233;s&lt;/i&gt;, de la grotte du Pech Merle dans le Lot. Leur iconographie varie selon les &#233;poques et les lieux, mais leur pr&#233;sence constante s'explique par leur forte symbolique, m&#234;lant fascination et r&#233;pulsion. &#192; partir du XVIIe si&#232;cle, les animaux deviennent un sujet artistique &#224; part enti&#232;re en Occident, et la sculpture animali&#232;re atteint son sommet au XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, l'humain oscille entre continuit&#233; et rupture avec le r&#232;gne animal, influenc&#233; par des traditions religieuses et philosophiques affirmant sa sup&#233;riorit&#233;. Les repr&#233;sentations artistiques traduisent cette tension, m&#234;lant id&#233;alisation et instrumentalisation des animaux. Les avanc&#233;es scientifiques modernes, notamment la th&#233;orie de l'&#233;volution, soulignent une continuit&#233; biologique et cognitive entre l'homme et l'animal, suscitant aujourd'hui des r&#233;flexions &#233;thiques pour r&#233;&#233;valuer ces relations complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'int&#233;ressant &#224; la fa&#231;on dont l'animal est per&#231;u et repr&#233;sent&#233; &#224; travers le temps, le livre de Suzanne Doppelt se pr&#233;sente comme un hommage aux animaux souvent pr&#233;sents dans ses livres, et nous offre un bestiaire dans lequel elle parvient &#224; les mettre en lumi&#232;re alors qu'ils sont souvent repr&#233;sent&#233;s en arri&#232;re-plan. Mais c'est &#233;galement un livre sur le regard, notre perception et nos sensations. Comme le d&#233;clare d'ailleurs &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://diacritik.com/2024/11/25/suzanne-doppelt-une-forme-de-demasquage-qui-conserve-lenigme-un-beau-masque-prend-lair/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Suzanne Doppelt dans l'entretien qu'elle a donn&#233; &#224; Emmanu&#232;le Jawad pour Diacritk&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; il s'agit de consid&#233;rer une image fixe, un tableau et la sc&#232;ne qu'il figure, d'explorer quelques zones d'ombre, d'y plonger un regard oblique, de regarder de travers, de varier les points de vue, d'observer son silence autant que celui de l'animal, d'admettre qu'on y voit que ce qu'on veut bien ou peut y voir et que le reste est aveugle. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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