| Accueil
LIMINAIRE
Radio Marelle



Écouter en ligne



Téléchargement >> [2h14 / mp3 : 117 Mo]

Couverture de l'ouvrage de KMS

 

 

 

 

 

 

 

Chroniques des temps perdus et bande-son pour orgasme, est le premier ouvrage de KMS, alias Kill Me Sarah :

 

 

 

 

 

 

 

 

« C’est le rock qu’on explore : ses grands morts, ses figures tragiques, ses impasses et ses dieux – majeurs ou mineurs. Des légendes, des mythes. Et ça, comment en parler sans descendre au plus profond de sa vie même, des étés en caravane, des amours brèves, de souvenirs d’auto-stop ou de guitare désaccordée ?

Et c’est cela qui fait le bonheur de la lecture du blog Kill Me Sarah, 10 ans d’existence.

Textes "remixés, remastérisés" : ici, il ne s’agit pas d’un blog compilé. Mais de prendre cette matière à bras-le-corps, dans sa force de langue, et ses rires, et ses fuites, et ses émotions. Alors, dans cette suite de chroniques où on croisera Gainsbourg, Dylan (souvent), les Stones à Nellcote, comme Neil Young, Coltrane, Tom Waits ou Supertramp, The Cure comme Leonard Cohen, c’est l’inconscient qui surgit, ce qu’on cherche de rêve en soi-même, d’où on l’extorque et comment – dans le monde qui nous est offert, dans ce qu’on appelle la vie adulte – on tâche cependant à le préserver.

On rit, on pleure, ça cogne, mais c’est bien de littérature qu’il s’agit, autant que de musique. »

François Bon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KMS présente son livre « Chroniques des temps perdus et bande-son pour orgasme » sur son blog : « Cela faisait longtemps que l’idée trottait dans la tête. Poussée par certains elle a germé longtemps et a fini par aboutir. A cette sélection de textes, glanés sur plusieurs années sur ce blog, compilés, « remixés et remasterisés » pour quelques uns. Avec une longue nouvelle inédite, sur Neil Young, Cortez the killer, les amitiés adolescentes en équilibre et la banlieue. »

On peut également acheter ses Chroniques des temps perdus et bande-son pour orgasme en version imprimée à 9,90 €.

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits du texte :

Serge Gainsbourg

Souviens-toi, je venais passer des après-midi chez toi, c’est ce qui m’est resté, ces après-midis à écouter des K7 de Gainsbourg. À discuter de tout et de rien, principalement de rien, ne m’en veux pas si je dis ça car je me souviens bien que c’est toi qui parlais le plus souvent. J’ai toujours plus écouté que je n’en ai dit. Je crois que cela n’a pas vraiment changé. Il y avait un poster d’Elvis dans ton salon. En face des coussins. Une reproduction de Warhol, Elvis en cowboy, un revolver à la main, Elvis dédoublé et juxtaposé. Je t’avais demandé, si comme dans Variation pour Marilou, tu avais des pratiques solitaires en regardant Elvis. Pupille absente iris, Absinthe baby doll, Écoute ses idoles, Jimi Hendrix Elvis Presley T-Rex Alice Cooper Lou Reed les Rolling Stones elle en est folle. Je me souviens que tu avais répondu en riant que tu n’aimais pas les Kool au menthol. On se frôlait tout le temps comme ça. Sans jamais mettre les épidermes en contact.

Bob Dylan

Avec son turban, Dylan m’avait semblé cet après-midi-là, comme un prince moderne sorti tout droit du désert de la mille et deuxième nuit, un rescapé de contes anciens et mystérieux. J’ignorais alors toute l’histoire, seule la musique et les images impressionnaient mon esprit adolescent, peut-être beaucoup plus naïf que celui de la jeunesse actuelle. Ce jour-là, c’était comme s’il était sorti de l’écran pour jouer dans mon salon, un peu comme Woody Allen dans La Rose Pourpre du Caire.

On n’avait pas de magnétoscope à l’époque. Seule la mémoire enregistrait les images. Je me les suis repassées, silencieusement, religieusement, durant des heures après ça. Relisant toute la prose journalistique sur Dylan que je pouvais grappiller dans mes revues.

Sur la pochette du disque qu’on achètera des années plus tard d’occasion, son regard noir souligné de khôl ne fait qu’accentuer le trouble qu’il avait laissé lors de cette apparition fugace.

John Coltrane

On n’en est pas là, même si Mingus se mettait plus en avant que les autres mais c’était Mingus. Jimmy lui préfère se mettre à côté du piano, le regard englobant toute la scène et la batterie d’Elvin Jones à sa droite. On l’entend rarement seul Jimmy.

On est là assis par terre sur la moquette du studio. Présence invisible. Les autres musiciens sont avec lui, on enregistre ensemble, même pour un solo. Coltrane a les yeux fermés, il tient son sax dans ses grandes mains. Elvin Jones regarde son complice. McCoy Tyner a les yeux baissés sur son clavier, l’air ailleurs. Les notes de la contrebasse déferlent. Les doubles stops grondent dans le studio. En solo, l’instrument est ingrat, il demande de l’inventivité, il n’est pas fait pour ça à la base. Les autres lui laissent raconter son histoire mais il se dit quoi à ce moment-là Garrison ? Il pense à quoi avant de jouer ses notes, celles qui gardent toujours comme une persistance rétinienne le petit motif rythmique du départ ? Ton don ton ton ton dooon Ton don ton ton ton dooon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici quelques-unes des musiques que l’on entend dans le texte magnifique de KMS :

Variations Sur Marilou, Serge Gainsbourg

I Just Want To See His Face, The Rolling Stones

TVC15, David Bowie

Wild Is The Wind, David Bowie

A Slow Song, Joe Jackson

Caroline Says I, Lou Reed

Maggie’s Farm, Bob Dylan

Sad-Eyed Lady Of The Lowlands, Bob Dylan

The Partisan, Leonard Cohen

Walking, Tindersticks

Cortez The Killer, Neil Young

Revolution Blues, Neil Young

Ascent, John Coltrane Quartet / John Coltrane

Cut Out Shapes, Magazine

Somewhere, Tom Waits

Blue Valentines, Tom Waits

The Meaning, Supertramp

Mona, Stan Getz

The Triumph Of Our Tired Eyes, Silver Mt Zion

Candy’s Room, Bruce Springsteen

The Electric Co., U2

Waterfront (2002 Digital Remaster), Simple Minds

A Means To An End, Joy Division

Just Like Heaven, The Cure


Les illustrations de cet article proviennent de l’ouvrage mis en page par Roxanne Lecomte pour Publie.net et du Tumblr de KMS : Des seins, des fesses, des clopes et des guitares.

1 commentaire
  • Poésie sur écoute : épisode 184 18 mars 2012 09:14, par Amira

    Oh, le trip, de bon matin, du dimanche matin. Merci pour le téléchargement. Excellent de mélanger musique et textes. Un plus, incontestable, à écouter seul, avec, en même temps, ou d’abord que les textes, etc.-) J’ai d’abord lu les textes puisque je n’avais pas le son. J’ai adoré le mélange de souvenirs perso et de musique.Le texte sur « Bobe Dylane » notamment excellent. Beaucoup d’humour et de mélancolie. Un voyage bien agréable ce « bouquin musical » -))). Merci pour le partage !

    Voir en ligne : http://tasvouluvoirlamer.midiblogs.com

Poésie sur écoute - épisode 184
Publié le 17 mars 2012
- Dans la rubrique RADIO MARELLE
Temps Mémoire Voix Sons Écho Citation Livre Musique Art Enfance Amour Portrait Sentiment






© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter