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LIMINAIRE
De la diffusion de masse et de l’anonymat



Je ne supportais pas qu’il ait aimé une autre femme au point de lui faire un enfant.

Je suis tranquille jusqu’à la prochaine inconnue qui débarquera dans la vie professionnelle de mon homme. Pourtant, il est gentil, il ne joue pas la-dessus.

Je découvrais un petit garçon inféodé à sa mère, incapable de se poser en tant qu’homme.

Dès qu’il évoquait sa vie d’avant, je l’épinglais.

Je sais que ma situation effraie les mecs autour de moi. ils me reprochent en riant d’avoir “trahi” la gent masculine.

Curieusement, c’est toujours lui qui fait le code carte bleue quand on sort le soir ! Comme si on tenait à rester dans la “normale”.

Peut-être faut-il que les hommes soient moins virils pour devenir intelligent ?

Cette maison, elle va en payer les 2/3 mais en revanche, j’assure : je m’occupe beaucoup de notre enfant et elle sait qu’elle peut renter tard du boulot.

J’avais hâte de voir ce garçon nu, de découvrir autre chose que son torse.

J’avais peur qu’il ne me trouve trop grosse. Je suis assez parano avec les mecs.

Ses baisers étaient très chaleureux, elle me léchait tout le visage, alors que j’étais habitué aux baisers normaux.

Il m’a expliqué qu’il était trop ému par moi, qu’il me désirait trop et n’y arrivait pas.

Il ne faut pas focaliser. Ce sont juste des rapports corporels !

Ce soir-là, j’avais la bonne chemise, le bon pantalon, les bonnes baskets.

Je l’ai déshabillé, j’ai été étonnée par la douceur de sa peau, son odeur de savon, de propre que j’ai immédiatement aimée.

J’ai vraiment envie de donner du plaisir à l’autre, pas forcément d’en recevoir, c’est très important à mes yeux.

Finalement, mes amis auraient trouvé parfaitement normal que je reste avec mon mari et que j’aie un amant.

Au bout d’un mois et demi, je suis partie. Certains amis m’ont jugée, d’autres m’ont dit que je devais écouter mon coeur.

Le jour où j’ai définitivement décidé de quitter Xavier, les portes se sont fermées. J’ai pensé que je devais m’effacer.

J’aurais trouvé artificiel de revoir mes amis. J’ai choisi de les perdre. Personne n’a essayé de me contacter.

Il faut un orgueil énorme pour penser que l’on peut combler une personne à 100 % et être comblée totalement par elle.

Je trouvais délicieux de faire l’amour avec l’un à midi, avec l’autre le soir.

On investit trop sur l’idée du couple conjugal, fusionnel et fidèle... On croit que c’est une assurance contre la solitude.

Je mène une double vie et j’en souffre.

Affirmer qu’il est délicieux et raisonnable d’avoir des relations affectives et sexuelles hors mariage reste difficile.

J’ai choisi la fidélité. Même si cela ne supprime pas les tentations.

J’avais envie d’être bluffée par cet homme. Mais plus encore, je voulais rester tout contre lui.

Il me disait de jolies choses, moi, je ne voulais rien promettre.

Ce fut notre première nuit, la vraie, avec les gémissements de l’amour.

Cette nuit-là, on s’est promis de ne jamais se faire de mal.

Travailler dans le show-biz, c’était mon idée de la réussite... Mais on me met au placard.

En acceptant de travailler avec maman, j’ai dû tout encaisser.

Personne ne savait ce que je vivais de l’intérieur, je me sentais oppressée et, surtout, profondément incomprise.

J’étais obsédée par le regard que mes mais ou collègues portaient sur moi. J’avais tout le temps besoin qu’on me rassure.

Pour moi, c’était un mec impossible à vivre.

J’ai mis du temps à avoir confiance.

Il est narcissique, drôle et il plait aux filles.

Si vous cherchez un homme rassurant, je ne vous conseille pas le mien.

J’aime ton côté féminin, tes larmes quand tu as du chagrin.

Je n’arrive pas à te dire que je voudrais que tu me donnes plus de temps, que tu ne consacres pas tout à notre enfant.

Je n’ose pas te dire à quel point je te trouve beau.

Nous sommes de même nature, à nous deux nous formons l’être humain.

Avant toi j’étais anorexique. Maintenant je mange avec plaisir.

Les tentations existent, c’est vrai, et c’est dur de résister. Mais j’ai peur de tout détruire.

Tu parles tellement de jalousie que je n’ai plus le temps de penser à la mienne.

Tu es une partie de ma propre personnalité, te perdre serait un arrachement.

Quand je t’ai dit qu’un homme m’avait troublée, tu m’as posé des questions, mais tu avais confiance.

Je suis très touché par ton côté rebelle, animal blessé.

Aujourd’hui je trouve normal que tu puisses regarder une belle femme.

Parfois, je suis fatigué le soir… Toi jamais !

J’ai eu peur du regard de tes parents, au début j’ai vraiment cru qu’ils pourraient nous détruire.

Avant, j’avais tendance à agresser les gens. Aujourd’hui, je me sens moins sur la défensive.

Très vite, j’ai senti que nous étions faîtes du même tissu, que nous avions une affinité d’âme.

Un jour, alors qu’on avait décidé de ne pas se voir, on a passé plus de six heures au téléphone.

Les nazes, maintenant c’est fini.

Je vais enfin lui donner sa chance à celui-là.

J’ai réalisé que mon ex n’était pas si bien que ça.

Elle, c’est elle, moi c’est moi.

Je n’avais pas envie de devenir père alors je me suis fait opérer.

On cible les endroits où il n’y pas une famille au mètre carré.

Vous avez des enfants ? Pas de problème ! Mais n’en rajoutez pas !

Certains soirs, je n’ai même plus de quoi rentrer chez moi.

La nuit, personne ne me demande rien. Je mets un disque de Nat King Cole. Je me sens en possession de tous mes moyens.

Après avoir mis au monde un enfant mort, j’avais besoin de me voir mettre au monde un enfant vivant.

Sept ans d’attente, six fécondations in vitro, deux fausses couches, je n’en peux plus.

Être enceinte, ça voulait dire que j’attendais un bébé, mais pour combien de temps ?

Je ne supporterais pas qu’il ait aimé une autre femme au point de lui faire un enfant.

Je découvrais un petit garçon inféodé à sa mère, incapable de se poser en tant qu’homme.

Dès qu’il avait la tête ailleurs, je lui prêtais de la nostalgie.

Ma sexualité a totalement basculé grâce à mes nouveaux seins.

J’avais perdu toute confiance. Dans les autres et en moi-même.

Je ne voyais pas de raison de continuer à souffrir seul dans mon coin.

C’était sa façon à elle de me remercier d’être la fille qu’elle n’avait jamais eue.

J’en ai eu assez de jouer les chevaliers blancs.

Quand on aime manger, quand on a besoin de manger, on ne peut pas vivre dans la frustration permanente. C’est ce que j’essaye d’enseigner à ma fille qui est mince comme un fil.

J’ai pensé que je ne reviendrais jamais normale, qu’il était impossible pour moi de retrouver forme humaine. Une espèce de résignation lucide, pas très loin de celle de mes parents.

Quand on quitte le monde de l’enfance, on quitte le monde des insultes. Les mots changent : on n’est plus “gros patapouf”, on devient “boudin” ou “thon...” mais personne ne vous le dit en face.

Je découvrais que j’avais épousé une personne haineuse.

Le rebelle que j’aimais devenait un délinquant.

J’ai vraiment senti une cassure.

Je n’oublierai jamais ce tressaillement dans ses épaules.

C’était comme s’il souhaitait la mort de ma mère.

Je jouais un personnage comme le fait une actrice.

J’ai vécu sur un rythme fou, sans rien maîtriser.

J’étais oubliée, rejetée, mais j’ai tenu.

Quand je rentrais du boulot, il me faisait couler un bain parfumé, il me massait...

Le seul problème, c’est le regard des autres, et en particulier celui de ma mère.

Je ne sais pas si François m’a aimée ou s’il m’a tout de suite pour une pigeonne.

Il y a beaucoup de gens isolés. Toutes les femmes n’ont pas une bonne copine à qui se confier.

Il y avait en moi une voix de plus en plus impérieuse qui voulait créer, fabriquer...

J’adore le troc : un CV contre une retouche, un week-end à la campagne contre une robe.

Il s’appelle Didier, il se trouve que c’est le prénom de mon ancien grand amour.


Photographie de Scarlett Johansson nue

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand j’ai vu apparaître, il y a quelques semaines, les photographies de l’actrice Scarlett Johansson qui s’était prise en photo nue dans sa chambre, devant son miroir, et qui ont été diffusées contre son gré sur Internet, je me suis souvenu de ce texte écrit en 2003 à partir d’une compilation de phrases extraites de la rubrique "La vraie vie" du magazine féminin Marie-Claire il me semble, et parmi toutes ces phrases qui formaient un portrait de la femme actuelle telle que nous le propose schématiquement les journaux féminins à longueur de pages, cette phrase emblématique ressortait : « Je jouais un personnage comme le fait une actrice. »

J’ai hésité à diffuser à mon tour ces photographies et à participer ainsi à cette diffusion de masse anonyme mais il y a quelque chose de très beau dans ces photographies qui me touche très profondément, dans la banalité de ces clichés, une intimité troublante qui pose la question de ce que l’on peut appeler, tout en ayant bien du mal à la définir, la vraie vie.

Photographie de Scarlett Johansson nue

 

 

 

 

 

 

 

 

« Elles sont vieilles, elles ont trois ans. Je les avaient envoyées à mon mari. Il n’y a rien de mal à ça. C’est pas comme si j’avais fait un porno, bien qu’en fait il n’y ait rien de mal à ça non plus, a expliqué l’actrice qui a ajouté, histoire de dédramatiser, qu’elle avait elle-même pris ces photos car elle connait son meilleur profil  ».

« Je jouais une actrice comme le fait une femme. »

La vraie vie
Publié le 16 décembre 2011
- Dans la rubrique PROCÈS-VERBAL
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