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Exposition : From Here On


Les 42e Rencontres photographiques d’Arles, qui se tiennent du 4 juillet au 18 septembre 2011, accueillent l’exposition From Here On signée par cinq commissaires : Clément Chéroux, Joan Fontcuberta, Erik Kessels, Martin Parr et Joachim Schmid.

Trente-six artistes exposent leurs œuvres entièrement composées à partir de photos anonymes tirées d’internet, retravaillées, accompagnée d’un manifeste annonçant une ère nouvelle de « possibilités infinies » ouvrant la voie « la voie vers un avenir fascinant à de nouveaux champs du processus créatif », comme l’a présenté Jean-Noël Jeanneney, président des Rencontres.

« Qu’est-ce qui pousse chacun d’entre nous à refaire le même cliché avec son appareil numérique ou son téléphone, s’interroge Pierre Haski dans Rue 89, et à le partager ensuite sur des plateformes en ligne ? C’est ce qui fournit la matière de cette exposition. »

La photographie semble découvrir par l’intermédiaire du web, ce que la musique expérimente depuis très longtemps avec le remix, le sample , et dont la littérature s’est emparé également comme j’ai essayé de le montrer lorsque la réappropriation s’affirme comme manière d’œuvre ou la lecture comme écriture.

Quelques exemples de photographies que l’on peut retrouver à Arles :

Photographie Corinne-Vionnet

 

 

 

 

 

 

 

 

L’artiste suisse Corinne Vionnet a récupéré les photos des sites les plus visités au monde, la Tour Eiffel, l’entrée de la place Tiananmen, la Mecque… photographiés des millions de fois selon le même angle, avec un point fixe identique (la tour de Pise par exemple), mais le mouvement de la vie tout autour, comme le montre son projet Photo opportunities.

Photographie Corinne-Vionnet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’artiste américaine Pénélope Umbrico fait des recherches sur Google image pour le mot « sunset » (coucher de soleil), elle tombe sur des millions de clichés qu’elle réunit dans une œuvre collective universelle infinie.

Photo de Marco Bohr Photo de Marco Bohr

 

 

 

 

 

 

 

 

L’artiste allemand Marco Bohr a collectionné des photos du grand leader nord-coréen Kim Jong-il en train de regarder des objets banals, un seau en plastique, un épis de maïs, un radis… Des scènes tirées de la propagande officielle mais qui, mises bout à bout, sans commentaire, deviennent risibles (photo ci-dessous).

Map, projet de Aram Bartholl Map, projet de Aram Bartholl

 

 

 

 

 

 

 

 

Aram Bartholl construit des sculptures en bois et toile de plusieurs mètres de haut qui ont la forme de marqueurs de localisation de Google Maps. Il les introduit ensuite dans des paysages réels, comme on peut le voir sur ses images.

Map, projet de Aram Bartholl

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Quel plaisir d’entendre Joan Fontcuberta, écrit Philippe De Jonckheere dans le désordre, lui qui, dans les années 1980 déjà — je suis assez bien placé pour le savoir pour avoir subi, trop brièvement, son enseignement à Chicago — posait, bien seul, des questions infiniment perçantes à propos de la véracité des images, de l’entendre dire de façon gourmande — je crois que c’est la première fois que je vois cet homme à l’humour ravageur, sourire —, aujourd’hui : « La meilleure façon de connaître l’avenir, c’est de l’inventer. » Évidemment ça souffle, sans doute un peu trop fort pour les photographes. »

« Banalisation de l’appropriation d’une part, écrit l’un des commissaires de l’exposition, Clément Chéroux, hyperaccessibilité aux images de l’autre, la conjonction de ces deux facteurs est particulièrement féconde. Elle crée les conditions d’une stimulation artistique. Et, en effet, depuis les premières années du nouveau millénaire – Google Images date de 2001, Google Maps est lancé en 2004, Flickr la même année –, les artistes se sont emparés des nouvelles technologies. Depuis, ils sont chaque jour un peu plus nombreux à mettre à profit les richesses que leur offre Internet. De la manière la plus décomplexée, ils s’approprient ce qu’ils découvrent sur leur écran, éditent, transforment, déplacent, ajoutent ou retranchent. Ce que les artistes cherchaient autrefois dans la nature, en déambulant dans les villes, en feuilletant les magazines, ou en fouillant dans les cartons des marchés aux puces, ils le trouvent aujourd’hui sur la Toile. L’Internet est une nouvelle source de langage vernaculaire, un puits sans fond d’idées et d’émerveillements. »

Le manifeste de Arles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette démarche est expliquée dans le manifeste des cinq commissaires, qui y font l’éloge du « copier-collé », du « recyclage », du « remixage ». Mais pas seulement grâce à la technologie : il y faut aussi un « cerveau » et un « point de vue » :

« Ce potentiel technologique a des répercussions esthétiques. Il change l’idée que nous nous faisons de la création. »

« Une histoire doit avoir un début, un milieu et une fin, mais pas nécessairement dans cet ordre. » Dans le journal anglais The Guardian Jean-Luc Godard parle de l’avenir qui s’écrit selon lui en copié-collé et en mashups.

Le manifeste d’Arles
Publié le 17 juillet 2011
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