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LIMINAIRE
Série photographique à Jullouville


La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le rappelle Wikipédia, une pêcherie est un espace circonscrit dans une étendue d’eau, généralement à proximité immédiate du littoral, qui a été aménagé afin de pouvoir y faciliter la pratique de la pêche. Par extension on désigne également par le mot « pêcherie » les aménagements spécifiques qui y sont installés.

La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

L’utilisation de pêcheries est une activité très ancienne, on a retrouvé les traces de nombreuses pêcheries qui datent de l’époque préhistorique.

La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mot est employé à la dernière page de L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert.

La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

« C’était pendant celles de 1837 qu’ils avaient été chez la Turque.

On appelait ainsi une femme qui se nommait de son vrai nom Zoraïde Turc ; et beaucoup de personnes la croyaient une musulmane, une Turque, ce qui ajoutait à la poésie de son établissement, situé au bord de l’eau, derrière le rempart ; même en plein été, il y avait de l’ombre autour de sa maison, reconnaissable à un bocal de poissons rouges près d’un pot de réséda sur une fenêtre. Des demoiselles en camisole blanche, avec du fard aux pommettes et de longues boucles d’oreilles, frappaient aux carreaux quand on passait, et, le soir, sur le pas de la porte, chantonnaient doucement d’une voix rauque.

Ce lieu de perdition projetait dans tout l’arrondissement un éclat fantastique. On le désignait par des périphrases : « L’endroit que vous savez, — une certaine rue, — au bas des Ponts. » Les fermières des alentours en tremblaient pour leurs maris, les bourgeoises le redoutaient pour leurs bonnes, parce que la cuisinière de M. le sous-préfet y avait été surprise ; et c’était, bien entendu, l’obsession secrète de tous les adolescents.

Or, un dimanche, pendant qu’on était aux Vêpres, Frédéric et Deslauriers, s’étant fait préalablement friser, cueillirent des fleurs dans le jardin de Mme Moreau, puis sortirent par la porte des champs, et, après un grand détour dans les vignes, revinrent par la Pêcherie et se glissèrent chez la Turque, en tenant toujours leurs gros bouquets.

Frédéric présenta le sien, comme un amoureux à sa fiancée. Mais la chaleur qu’il faisait, l’appréhension de l’inconnu, une espèce de remords, et jusqu’au plaisir de voir, d’un seul coup d’œil, tant de femmes à sa disposition, l’émurent tellement, qu’il devint très pâle et restait sans avancer, sans rien dire. Toutes riaient, joyeuses de son embarras ; croyant qu’on s’en moquait, il s’enfuit ; et, comme Frédéric avait l’argent, Deslauriers fut bien obligé de le suivre.

On les vit sortir. Cela fit une histoire qui n’était pas oubliée trois ans après. Ils se la contèrent prolixement, chacun complétant les souvenirs de l’autre ; et, quand ils eurent fini :

— « C’est là ce que nous avons eu de meilleur ! » dit Frédéric.

— « Oui, peut-être bien ? C’est là ce que nous avons eu de meilleur ! » dit Deslauriers. » »

La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

La pêcherie, plage de Jullouville, août 2012

 

 

 

 

 

 

 

 



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