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LIMINAIRE
Série photographique à Pietracorbara dans le Cap Corse



 

 

 

 

 

 

 

Sobre et cependant baroque, l’église Saint-Clément offre ses siècles d’histoire aux visiteurs attentifs. Jusqu’en 1812, les morts sont inhumés dans l’église. À partir de cette année là on utilisera le cimetière. À l’entrée gauche de celui-ci, on observe une pierre scellée dans le mur où il est écrit : Hodie nobis ; Cras Vobis, ce qui veut dire : « Aujourd’hui c’est à nous ; demain ce sera à vous. »

 

 

 

 

 

 

 

Sur la place de l’église on peut découvrir aussi l’ancien presbytère et l’ancien bâtiment de la confrérie, l’ensemble est délimité sur une partie par un beau mur d’enceinte recouvert en pierres de Brando.

 

 

 

 

 

 

 

En dessous de ce périmètre un nouveau cimetière est en cours d’aménagement.

 

 

 

 

 

 

 

Baroque dans sa décoration, l’édifice, construit vers 1500 puis enrichi tout au long des siècles, offre plusieurs siècles d’histoire aux visiteurs attentifs. Ce que l’association Chemin de lumière tente de mettre en valeur tout au long de l’année dans le Cap Corse : de chapelle en chapelle.

 

 

 

 

 

 

 

Tout comme les palazzi, ces grandes maisons patriciennes, construites par des Capcorsins partis faire fortune sur le continent américain ou sur le canal de Suez, les tombeaux monumentaux font partie de l’héritage architectural du Cap Corse.

 

 

 

 

 

 

 

Ces maisons et ces imposantes sépultures sont, bien évidemment pour ces émigrés, les deux premiers signes extérieurs de richesse et l’expression d’un lien puissant entre les vivants et les morts. Ils ont été construits entre la fin du XVIIe et le début du XXe siècle, aux abords des hameaux, en bordure de route, mais toujours sur des positions en vue et face à la mer.

 

 

 

 

 

 

 

La main de la nuit tient et guide celle du jour.

 

 

 

 

 

 

 

Dans La photographie est interminable : entretien avec Gilles Mora, (Seuil, 2007), Denis Roche revient, comme le rappelle Franck Queyraud sur son blog, sur les quatre photographies de sa série de portraits de sa femme Françoise à Pont-de-Montvert, petit village au bord du Tarn où en 1971, ils avaient entrepris un voyage d’été à travers la France profonde qui les avaient menés, entre autres, dans les Causses et les Cévennes : « Je prends des photos. Je dis à Françoise de s’asseoir sur le muret. Je la photographie à peu près centrée : à sa gauche, un bout de la terrasse herbue noyée dans l’ombre des tilleuls, à sa droite, plus franchement, le cimetière en contrebas. Rien de spécial, simplement une photo souvenir (photo 1). Une image sentimentale. » J’ai essayé d’aborder cette série dans le dernier numéro de la revue de création d’ici là.

Denis Roche explique, au fil du temps, comment « ce n’est pas la vie qui a changé, mais la mort . » À la fin de l’été 2005, il termine enfin ce projet inscrit dans le temps (quatre photographiques dans ce laps de temps) : « Il faisait un temps magnifique. Tout s’est mis en place, quelque chose qui était de l’ordre du bonheur et de la paix : la quatrième image était bien celle qui fallait. Françoise a changé de position sur ce fichu mur et tout était dit. L’affaire était entendue. Il avait fallu trente-quatre ans pour y arriver et clore, très évidemment la série. »

 

 

 

 

Avec Caroline, je ne peux pas revenir en Corse, sans penser à sa mère, Eugénie Carozzi, d’origine Corse, de Canaja (Canaille, on prononce en Corse et comme cela lui allait bien) qui a vite quittée la Corse, mais qui, toute sa vie, y est revenue dans les moments difficiles. Elle est morte en 2001, elle est enterrée dans le petit cimetière marin de Santa Maria di Lota, et nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe cet été avec nos filles. Quelques heures plus tard, je découvre ce statut de Caroline sur Facebook : « Peut-être dorénavant je n’hésiterai plus, à force je l’apprivoise cette terre, et le poids des souvenirs s’efface sur le sable, dans l’eau sombre du Guadubudghju, sous le vent, dans les nuages effilochés aux crêtes. »

Aujourd’hui c’est à nous ; demain ce sera à vous
Publié le 1er août 2011
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