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LIMINAIRE
Deux temps, trois mouvements #1


En se retournant sur ce qu’ils aiment pour en prouver le souvenir, pour l’avenir, une politesse de saison. Je souris dans le vide. En un certain ordre de l’air passe, sous mon parapluie, isolé des autres et de la pluie, les gouttes applaudissent au spectacle de la rue, contre les nostalgie de moi-même. C’est merveilleux je t’aime. Et en vérité davantage encore. Du vide passe, du jour, à travers, avant mademoiselle nue. A la lettre comme au pied. La main glisse et le pied laisse sa trace vague sur la feuille humide. Je tangue sous le regard amusé des passants que je m’invente. Disparition s’écrit avec un e muet. Dans un film que je n’ai pas vu. Plus le temps passe plus je trouve le quotidien fascinant. C’est l’idée d’une perfection, ce scintillement. Un point de départ.

Langue, tu as traduit ce passage presque mot à mot. L’obstacle est la chance. Je comble les trous par la logique, relier les points entre eux, par les répétitions. Ces associations texte, son, image, sont potentiellement une combinaison, une production de temps, comme le cinéma et la musique produisent du temps, qui en fait un champ spécifique. Une part de son rapport au monde, c’est un champ poétique comme un autre. Plaçons ici de la langue. Non pas : faire à partir de son incapacité mais d’elle, chose qui ne sera plus, mais pas moins qu’elle, un exemple de l’incapacité. Il s’agit moins de créer sa forme que de creuser dans sa forme le manque de sa forme, et d’évacuer le moi comme une espèce retorse. Quand le vieux meurt et que le neuf hésite à naître. Cet instant-là de léger flottement. Sifflement à gauche aujourd’hui plus fort que celui du frigo qui tourne à plein régime depuis quinze jours à droite. La bille glisse silencieuse, je n’entends que les points. On ne s’engage pas en précision pour retomber dans l’approximation.

Extrait de Deux temps, trois mouvements à paraître sur Publie.net.

L’ensemble ne fonctionne pas comme un mélange composite, a fortiori comme une dialectique, mais comme un espace de sutures et de cicatrices, de plaies ouvertes pour être immédiatement fermées.

perfection, ce scintillement
Publié le 12 mai 2010
- Dans la rubrique PALIMPSESTE
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