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LIMINAIRE
Ici, c’est plus que loin, c’est ailleurs


En écho au texte roman-photo dans le cadre de sa résidence Paris en Toutes Lettres, 1 semaine à la Défense,. Vous conseille de lire son texte en cours d’élaboration, du lundi 2 au dimanche 8 mai : Défense aller simple.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ici, c’est plus que loin, c’est ailleurs

Sans bruit les mains serrent sur le drap le froid découpé vif dans la fenêtre. Et la lumière insistante, la lumière sous les vitres, avalée par un fond de ciel. Écouter et recevoir, saisir et accorder parfois des éléments inconciliables. Un apparent émiettement au départ, un morcellement, une accumulation, des juxtapositions, des collisions même. Mot de passe et de passage. Devant moi, à l’infini toujours reconstitué, inépuisable, et peut-être est-ce folie ? Avancer, projeté vers là-bas, allégée, délivré des attaches et du regard par-dessus l’épaule. Il faut avoir le courage de penser que l’on a construit, sa vie durant, une cathédrale. Et la hargne d’être là. Comment penser la continuité d’une chose qui se brise en tant que mot dans le langage même, afin de pouvoir se constituer autrement ? Ne retiens que ce que tu ne peux pas saisir et ce qui te saisit t’emporte, alors le lieu est mouvant

 

 

 

 

 

 

 

 

Un écho d’avance

Parfois, tout commence mal. L’événement résonne comme un coup porté. Dans cette logique, le temps ne passe pas. Il revient. On l’aura compris, il ne s’agit pas ici d’un mouvement articulé mais d’une multitude de décisions prises le plus souvent pour des raisons purement individuelles. Nous y sommes véritablement de plain-pied. Il est le sentiment du fugace, fugitif, précaire, éphémère. Plus exactement il est le sentiment d’un temps fait d’une suite saccadée d’instants uniques, mais dont l’unicité tient moins au fait qu’ils sont les premiers qu’au fait qu’ils sont les derniers. Que ressent-on à cet instant ? A-t-on peur ? A-t-on froid ? A-t-on chaud ? Est-ce une sensation commune à tous les êtres ou différente pour chacun ? Les bruits alentour disparaissent. Parfois passe un bus, les panneaux publicitaires bougent. Des mots dans des miroirs, au travers des vitres ? Se sent-on apaisé, comme lavé de toute crasse, reposé de toute fatigue ? Il faudra bien cependant puisque telle est la situation.

 

 

 

 

 

 

 

 

On dirait ces petits cailloux qui disent le chemin parcouru

Pour précipiter les coïncidences, pour recevoir les fruits du hasard, qu’une méthode : la dérive. Lorsque j’y repense, j’ai l’impression d’un enchantement. Le ciel bleu et le soleil font étinceler les vitres des immeubles. Les bruits du jour, les images s’éloignent. N’en reste qu’une trace mouvante, très longue à s’effacer. Dans le reflet de l’impossible, dans le possible nous attendons nos possibles. Que nous l’engendrons, ce rapport de tension, dans lequel nous grandissons. L’écoute peut-être ou le passage d’un souffle à peine comme l’oubli. Mais le paysage a parlé, dit-il. La lumière du jour sur tous ces fragments. L’immeuble fait de passages et de contradictions. Comme en surimpression. Un écho d’avance. Le contraste est frappant. Au-delà du raisonnable le risque zéro est impossible. Couper court, il faut oser, je sais.

Le chemin parcouru
Publié le 4 mai 2011
- Dans la rubrique PALIMPSESTE
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