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LIMINAIRE
Take a Walk on the Wild Side


Aujourd’hui, je sens que quelque chose est différent. Une grille bleue annonce l’arrivée prochaine, la gare. Quelqu’un s’adresse à moi. Je ne comprends pas. Cela se prononce ailleurs ? Des passagers descendent, d’autres remontent. En même temps. Descente brutale. Obscurité. Fin de la rêverie, retour à la réalité. Dans un seul sens, celui de la descente. Parois jaunâtres, sol sombre, vieux sièges rouge et bleu, le décor n’est que trop familier. Trois, deux, un : la lumière du jour fait son apparition. Il y a du monde sur le boulevard. Balcons, moulures, la brique domine encore. Cette rue là est vide. Le temps semble s’être arrêté. Tout m’agace, plus encore que d’habitude. Les façades de briques comme les feuilles des arbres. Un écrin de verdure. Quelqu’un crie dans le parc. Après un temps interminable. À même hauteur, des travaux jamais finis. Au milieu de ce chantier une cabine téléphonique, abri d’un SDF. Je me concentre sur le rythme. Fermeture des portes. La ville se fait plus dense. Les immeubles partout. Le boulevard est un lieu de prédilection pour les manifestations en tout genre. Aimez vous l’aventure ?

Affiches lacérées, Paris octobre 2013

 

 

 

 

 

 

 

Sur le trottoir, une femme à vélo sur la voie réservée aux piétons, à côté d’un homme accroupi qui repeint l’avant d’un magasin, escabeau appuyé au réverbère. S’amuser des graffitis obscènes. L’espace insuffisant, certains scooters sur le trottoir obstruant le passage pour piétons. Mon quotidien parfaitement programmé, huilé, éviter tout imprévu. Mais aujourd’hui, quelque chose est différent. Réduction progressive de l’air respirable sans désagréments. Un enfant pleure dans le fond du wagon. Tout le monde le regarde. Cette fenêtre ouverte sur la ville. On dirait un écran, sur lequel passe un film en accéléré. Un schéma ? Une esquisse plutôt. Immeuble, rue, feu, croisement, immeuble, rue, feu, croisement… Régularité cyclique de l’arrière plan. Valse irrégulière, thème qui se décline en d’infinies variations. Les images défilent au rythme du bruit crissant du glissement de la rame sur les rails. Un large graffiti décore la triste allure des murs décrépis. Retranscrire le chemin parcouru, impossible. Une odeur diffuse dans l’air, une sensation. Je me fige. Un picotement à l’arrière du crâne.

J’aurais bien aimé lui dire oui.

À ville ouverte
Publié le 28 octobre 2013
- Dans la rubrique PALIMPSESTE
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