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Dans la maison vide
Dans la maison vide aux pièces nues, ses longs couloirs sombres et désolés, murs au papier peint défraîchi que la pénombre ternit prématurément, leurs volumes évasivement redessinés par la lumière franche des lampadaires dans la rue déserte, les formes mystérieuses qu’elles projettent au plafond, lambeaux fantomatiques qui se balancent et basculent (...)
Je suis sur écoute
« Il reconnaît qu’il ignore la loi, et il affirme en même temps qu’il n’est pas coupable ! » Le Procès (traduction d’Alexandre Vialatte), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, Gallimard, 1984. Rien à cacher ? Le projet de loi relatif au renseignement a été soumis à l’examen accéléré de l’Assemblée nationale. 63% des Français sont favorables à une (...)
Au fil de ma mémoire
Tas de feuilles mortes sur un banc, pyramide précaire, où es-tu ? Nous nous sommes assis sur ce banc, nous nous sommes embrassés bien sûr, je me souviens de l’histoire que tu m’as racontée à cet endroit, le paysage qu’on a sous les yeux, qui s’ouvre devant nous, changeant selon les saisons. Nous avons regardé passer les promeneurs, les parents avec (...)
Dehors, dedans
Un court instant, mille mots. Le bonheur laisse un goût de défaite. Nos liens à l’épreuve. Je te mets au défi. Les rapports seuls sont à fixer. Chaque jour nous revenons d’où nous mène notre amour. Vague après vague. Avant, après. Dans la nuit imaginée. Peut-être déjà ailleurs. Ne pas s’arrêter. Tourner la page. Peut-être que ça sauve ? Ici rappelle (...)
Le monde entier est un cactus
Si c’est demain, c’est aujourd’hui, hier inclus dans les poussières du ciel. La ville est un corps vivant. Quand on y ajoute sans concertation et sans raison un corps malade, inutile ou inadapté, la ville (c’est-à-dire ses habitants et ses visiteurs accueillis ou rejetés) a vite fait de le détourner, de le transformer, ou le cas échéant, de le (...)
Sur un fil invisible
Pas de belles ruines, ni les maisons, ni les vies. Face à face, question, réponse. Une scène forte, un souvenir marquant. J’enregistre sa voix. Elle me parle doucement, je baisse les yeux. Je ne veux pas la regarder dans les yeux, surtout ne pas l’interrompre ou la distraire, lui couper la parole. Elle parle et je l’écoute. Dans cette tension, (...)
Dialogue de sourds
Conserver au centre de notre monde le lieu de nos incertitudes sans guillemets. Repas de famille, nouvel invité autour de la table, le jour des présentations. Le mieux c’est encore sortir de chez soi pour cette rencontre, se placer en terrain neutre, rendez-vous est donné dans un restaurant de notre quartier. À table, personne ne prend vraiment (...)
Simple comme un coup de fil
Photographie de Geoffrey Dorne Un matin, Geoffrey Dorne, designer graphique dans l’édition et le numérique, décrit sur son site ce qu’il voit depuis sa fenêtre en le prenant en photo : un camion qui désinstallait une cabine téléphonique. Et, comme il apprécie le détournement, le hacking, la création spontanée et les usages détournés, il présente sur (...)
Fondu au silence
En lisant le texte Longtemps de Joachim Séné, je ne pouvais qu’être sensible à cette mention de la phrase liminaire du livre Du côté de chez Swann, le premier tome de l’œuvre magistrale de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que (...)
Jean-Claude Schneider : Sentes dans le temps
Proposition d’écriture : Penser ce qui a été. Penser ce qui sera : le bloc du futur s’insinue déjà par les fissures de la personne que chaque instant défait. Et penser le présent — lequel n’existe pas. Aller vers l’opacité silencieuse du monde. Les choses nous portent et bouleversent ce bref instant que nous traversons. Recomposer tout ce qui vient (...)

Silence
LIMINAIRE le 18/07/2018 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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