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Extrait du Rapport de la Mission d’audit et de modernisation sur la chaîne du livre, de l’Inspection générale des Finances et de l’Inspection générale de l’Administration des Affaires Culturelles que l’on peut télécharger en ligne :



« Le livre, confronté à des mutations technologiques qui font vaciller ses modèles économiques, a vécu en quelque sorte sa "Belle Epoque", faite d’une certaine tradition familiale voire parisienne de l’édition, d’un rapport très particulier entre le pays, sa langue et les humanités, d’une distance réelle à l’égard de règles marketing, d’une faible appétence pour le modèle anglo-saxon de l’agent littéraire au profit d’un lien direct entre auteurs et éditeurs, d’une présence forte de l’Etat. Ce bouleversement tient en particulier à l’émergence du numérique et à deux raisons majeures, la remise en cause de la hiérarchie des textes (tout écran semblant se valoir) et la modification du mode même de penser (l’hyper textualité, colonne vertébrale du numérique, ébranle une culture faite de fixité : ce n’est plus le livre qui propose un texte au lecteur, mais le lecteur qui compose pas à pas son propre texte).

Les formes affectent le sens : lire un texte construit de façon linéaire avec plusieurs paragraphes, eux-mêmes construits avec les mêmes séquences de base que sont les phrases, ou lire en naviguant de façon plus ou moins intuitive d’écran en écran, ne façonne pas une intelligence identique. De nouvelles manières de se rapporter au monde, à soi et aux autres, se font jour. Elles n’ont pas fini de nous étonner comme d’interroger l’écriture, la lecture et au total la fonction des livres tels que nous les connaissons et les aimons. »

Le lecteur compose pas à pas son propre texte
Publié le 10 septembre 2007
- Dans la rubrique LIVRE & LECTURE
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