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Claude Royet-Journoud, poète



Dans le cadre de ma résidence d’écrivain soutenue par la Région île-de-France, j’ai décidé de mettre en place avec le soutien de Mélico, mémoire de la librairie contemporaine un travail sonore sur la lecture, une série d’entretiens avec des auteurs, des librairies, des bibliothécaires, des éditeurs, des journalistes, des professeurs, des enfants, des poètes, des blogueurs et plus globalement des lecteurs, suivie par la lecture d’une page 48 de leur livre de chevet.

Les livres que l’on achète en librairie, ceux que l’on emprunte à nos amis ou dans une bibliothèque, ce que l’on lit, quel genre de livres et où, dans quel endroit, dans quelle position, ce que lire représente pour soi et pour les autres, le souvenir de son premier livre, son livre de toujours, celui qui ne nous ne quitte pas et comment on imagine lire dans le futur.

Extrait de la pièce sonore diffusée en intégralité sur le site de Mélico, mémoire de la librairie contemporaine :

Claude Royet-Journoud, à la librairie Litote en têteAvez-vous un ou des livres de chevet ?

Je pense qu’il y a des livres sans lesquels on ne sait plus ce que c’est que la poésie. Il y en a beaucoup, mais pour n’en citer qu’un, contemporain, je citerais : États, de Anne-Marie Albiach, au Mercure de France. Et j’ai toujours pensé à cette phrase de Lorine Niedecker qu’elle adresse à Zukovsky dans une lettre, elle lui dit quelque chose en gros comme : Quand je ne sais pas ce qu’est la poésie, j’ouvre un livre de toi. Et je pense que ce sont ces livres-là qui deviennent livres de chevet. Mais en même temps tout ça est mêlé, parce que je vais faire des lectures sérieuses la journée, et puis la nuit, je peux très bien lire un polar, tout ça s’entremêle. Et ce que j’aime bien dans le polar c’est qu’on ne se souvient de rien.

Page 48 de mettre. de Marie-Louise Chapelle dans les mains de Claude Royet-JournoudQu’est-ce qu’un livre selon vous ?

Le livre est constitué, pour l’instant, si on parle de livre papier, de pages, et dans la poésie, dans tous livres, il me semble que la tourne est très importante et qu’il y a de mauvaises pages et de bonnes pages, donc des pages paires et des pages impairs. Et le récit se constitue aussi dans l’espèce de chose concrète que constitue le volume. Une page n’est jamais simplement une feuille. C’est à la fois ce qui est à gauche et à droite, et c’est aussi ce qu’il y a de l’autre côté. C’est un agencement scénique presque. Ça c’est ce qui me paraît être ce qui ancre le livre mais simultanément cet ancrage est pour que le texte sorte du livre. On est marqué par l’aspect physique d’un livre mais c’est simplement pour son inscription dans le corps. À la fois c’est la chose la plus concrète et la plus abstraite. Et peut-être la chose qui ressemble un peu au corps, avec sa mémoire, à la fois l’épiderme qui fait la forme et en même temps la mémoire qui se situe on ne sait pas trop où.

Extraits de l’entretien avec le poète Claude Royet-Journoud, enregistré à la librairie Litote en tête, rue Alexandre Parodi, dans le 10e arrondissement de Paris.

C’est en lisant qu’on devient liseron | 2
Publié le 30 avril 2010
- Dans la rubrique LIVRE & LECTURE
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