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Corinne Scanvic et Maryline Guidicelli, libraires



Dans le cadre de ma résidence d’écrivain soutenue par la Région île-de-France, j’ai décidé de mettre en place avec le soutien de Mélico, mémoire de la librairie contemporaine un travail sonore sur la lecture, une série d’entretiens avec des auteurs, des librairies, des bibliothécaires, des éditeurs, des journalistes, des professeurs, des enfants, des poètes, des blogueurs et plus globalement des lecteurs, suivie par la lecture d’une page 48 de leur livre de chevet.

Les livres que l’on achète en librairie, ceux que l’on emprunte à nos amis ou dans une bibliothèque, ce que l’on lit, quel genre de livres et où, dans quel endroit, dans quelle position, ce que lire représente pour soi et pour les autres, le souvenir de son premier livre, son livre de toujours, celui qui ne nous ne quitte pas et comment on imagine lire dans le futur.

Extrait de la pièce sonore diffusée en intégralité sur le site de Mélico, mémoire de la librairie contemporaine :



Corinne Scanvic, Litote en têteÀ quel âge avez-vous commencé à lire ?

Corinne : J’ai commencé à lire très petite, très très petite, je devais avoir quatre ans et demi, entre quatre et cinq ans, c’était à Noirmoutiers, sur l’île dont je suis originaire. Mon grand-père était instituteur à la retraite et il était passionné par la pédagogie, l’apprentissage de la lecture et j’étais un peu le singe savant parce que j’étais très réceptive, j’adorais ça, rien que de voir les yeux de mon grand-père heureux, il était content de voir que je déchiffrais, donc à table, dès qu’il y avait un produit avec une marque on me faisait déchiffrer chaque lettre et ensuite assembler les mots les syllabes et donc j’ai su lire très très très tôt, vraiment quand je dis quatre ans et demi c’était peut-être quatre ans. On me faisait déchiffrer Le Monde, le journal Le Monde, et je ne comprenais rien bien sûr mais voilà j’étais le petit singe savant et puis j’adorais ça.

Maryline : Jane Eyre. Si je remonte petite. Jane Eyre. Quoi que j’ai aussi le premier livre que j’ai déchiffré à l’école qui était un Oui-Oui. C’est la première fois où j’ai déchiffré un livre toute seule, je crois que c’était Oui-Oui, voilà. Mais sinon en intensité, ma première émotion c’est Jane Eyre.

Qu’est-ce qu’un livre selon vous ?

Corinne : Un livre, c’est un objet mystérieux qui m’arrive souvent dans un carton très frais, actuellement, il est glacé. Oui, c’est un mystère. Qu’est-ce qu’il y a dedans ? On n’a pas toujours le temps de le lire, donc on va déjà le réceptionner dans la librairie, je parle du livre en tant que libraire, donc c’est un mystère, une surprise, comme le colis qui nous arrive d’ailleurs c’est souvent un trésor, dès qu’on ouvre le carton de nouveautés, pour nous c’est comme une malle de friandises, voilà c’est un peu ça pour moi un livre.

Maryline Guidicelli, Litote en têteMaryline : Un moment, un lieu où je peux m’échapper. Je le prendrais comme ça... Un autre monde, un autre univers. Mais surtout c’est ça, m’échapper... Je serais ailleurs. Il faut qu’il m’emmène ailleurs, s’il ne m’emmène pas (après c’est la construction, c’est le travail qui va faire que je suis pas lâchée), mais il faut que je sois dans un autre monde même s’il est parallèle au mien d’ailleurs, je ne demande pas un univers fantastique : je suis ailleurs.

Extraits des interviews croisées de Corinne Scanvic et Maryline Guidicelli, libraires à la librairie Litote en tête, rue Alexandre Parodi, dans le 10e arrondissement de Paris.


C’est en lisant qu’on devient liseron | 1
Publié le 25 mars 2010
- Dans la rubrique LIVRE & LECTURE
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