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LIMINAIRE

Parfois moi aussi j’ai le vertige. Qu’est-ce qu’une phrase interrogative ? Une question qui attend une réponse ? Pourquoi pas. Mettons les points sur les I. Finalement, ses mots sont comme autant de baillons. Des ballons ? Non non avec un I. Puisque je te dis avec un I. Des ballons ? C’est une question. On est d’accord. Moi aussi il me perd dans les méandres de récit qu’à coup sûr il ne comprend pas lui-même. Et ce vertige qui vient à la suite. D’ailleurs ce qui le dérange et le fascine en même temps c’est lire des textes écrits dans sa langue dîte maternelle sans en comprendre le sens. Comme langue étrangère... Une langue dont on ne maîtrise pas assez les rouages. Défaut de précision. Exit des soupons peu honorables. Dans la pose, l’expression, la couleur, la perspective. Juste une image. Pas forcément une image juste du reste. Ce qui me reste de la journée, après essorage. Qu’est-ce que tu dis ? Après l’orage. Oui c’est ça, c’est le principe directeur. Parfois injuste, comme dans les rêves, ce qui reste n’a rien à voir (en apparence) avec ce que l’on vit et pourtant... L’endroit du passage et de l’entrelacs. Un souffle. De chacun à chacun. L’abstraction du corps metteur n’a d’équivoque que son scrutateur. Dire à destiner sans nommer. Prétendre sans attendre. S’il faut le redire, la question de l’identité vraie ne nous intéressera pas. Hors contrat. Ce n’est pas moi qui l’ai écrit. Et pourtant là, sur le moment juste ce que je voulais dire. Je le recopie donc. Le collage heurte la sensibilité de la lecture avec ces rapprochements inédits. Ces approximations. Est-ce qu’on écrit pour perdre ou pour guider l’autre ? Je ne sais pas. Pour trouver son chemin en tout cas. En sachant qu’on se perd souvent en route. Difficile de revenir sur les traces qu’il laisse, dis-tu, je me sens toujours honteuse dans ma quête, toujours la même, la vérité de son absence. Il n’y a pas de honte. La quête, l’enquête est ailleurs. Ne rien dire, ne rien taire. L’abstraction du corps metteur n’a d’équivoque que son scrutateur, dit-elle. Tout est là. La vérité de son absence.

La vérité de son absence
Publié le 5 novembre 2005
- Dans la rubrique LIMINAIRE
Écriture Langage Parole Passage






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