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Facebook a dix ans. Personnellement, j’utilise Facebook depuis 2007.

Comme le rappelle André Gunthert dans son récent et passionnant article Facebook ou la rumeur du quotidien « cela fait bien moins de dix ans que son empreinte marque nos pratiques, puisque l’application n’a été ouverte au grand public qu’à partir de 2006, et que le décollage de sa fréquentation attendra 2009 (300 millions d’utilisateurs). Il n’a donc fallu qu’une poignée d’années pour que cet outil s’impose comme le principal lieu d’échange du web. En second lieu, il faut souligner le poids des usages dans les multiples adaptations qui ont scandé la période 2007-2011, ce qui n’est pas la moindre explication à l’essor de l’application, qui a su répondre à l’appropriation de ses membres. »

Mon approche de ce réseau social a évolué comme l’outil lui-même a changé avec le temps. L’apparition des pages qui permettaient de professionnaliser sa présence sur les réseaux sociaux mais au détriment d’une plus grande interaction avec les personnes suivant son activité (ce qu’a révélé le fait de passer d’un profil à une page en 2011).

À mes débuts sur Facebook, j’utilisais les statuts pour leur dimension poétique, de phrases courtes qui, énoncées à la troisième personne du singulier, donnaient à cette litanie d’actions répétées au quotidien, la forme d’une poésie se déroulant à l’infini. J’en avais tiré à l’époque une vidéo diffusée sur Dailymotion : Le livre des visages.


Le livre des visages par HeuresIndues

« Donc, le petit statut FaceBook, écrivait François Bon en 2008 sur TiersLivre lorsqu’il évoquait Facebook, 140 caractères à l’intuition, et on les change le lendemain. Pas grave si on l’oublie pendant 3 ou 5 jours. Pas grave non plus si, dans une journée où on reste à l’écran, on le change 3 fois dans le jour. L’ordinateur, l’immédiat du travail, y est évidemment surdimensionné : ce n’est pas une image de vie réelle. C’est juste l’image de notre relation au réseau. »

À lire, sur son site, le texte façon almanach des Postes de ses premiers statuts, 2006-2008 :

« Leroy-Merlin pour les réparations plomberies : je préfère vraiment l’informatique

écrire sur InDesign comme sur les murs d’une maison vide où se rajouteraient sans cesse pièces et couloirs

la pluie fait du bien

marre du bruit du chantier d’à côté

lettre tricolore : plus que 3 points sur mon permis, c’est trop riquiqui qu’ils ont dit

vent et pluie, vive l’ordi

installé à la lumière du jour ordi sur les genoux on n’en revient pas

salon du livre journée pro (papotage pro)

ira demain à Lorient en train

des fois le soir donne une solution

porte ouverte malgré le froid

lire 1 heure dans la voiture devant le Palais des Sports (mon sport du mercredi).

manque d’air »

J’ai désormais quatre comptes, un compte personnel, ce qu’on appelle un profil perso à mon nom : Philippe Diaz. J’y diffuse désormais une photographie par jour, en lien avec mon compte Instagram.

J’y parle parfois d’un autre compte, une page que j’anime activement (depuis 2007, profil transformé en page en 2011, celui de la Médiathèque Astrolabe (et ses 5 360 amis), à Melun, où je travaille depuis 1994. La médiathèque de l’Astrolabe va fêter elle aussi ses 10 ans. Je me suis permis de détourner le petit anniversaire que l’équipe de Facebook avait réalisé dernièrement pour annoncer son anniversaire.



J’anime une autre page, plus récente, créée en juin 2012,celle de la Revue de création d’ici là diffusée sur Publie.net.

Enfin, ma page principale, celle de Pierre Ménard, sur laquelle je diffuse l’ensemble de mes créations suivi aujourd’hui par 3460 personnes.

Ma page Facebook n’est plus, comme cela a pu être le cas au tout début, un lieu de création, d’expérimentation graphique, sonore ou textuel, mon site Liminaire et des blogs comme Tumblr où je diffuse mes travaux en train de se faire, en cours d’élaboration, mes recherches visuelles sur un thème, comme pour ce projet sur le visage avec Des Visages Des Figures, Les lignes de désir ou bien encore Heures indues tiennent désormais ce rôle.

J’ai animé en 2013 un atelier dans un collège d’Arthez-de-Béarn : Facebook comme outil de création, mais l’aspect le plus riche de cet atelier n’a pas été ce que nous avons réussi à créer ensemble, avec les différentes classes travaillant ensemble à la construction de profils imaginaires, sous le forme d’autobiographies de profils de Walter Bloones et Matt Drank, personnages aux identités multiples synthétisées à partir des portraits chinois de personnages réels ou fictifs tels Bob Marley, Balou, Coluche, Henri IV, Zlatan Ibrahimovic, David Beckham, Anne Franck, Blanche-Neige ou encore Charlie Chaplin mais ce que ces ateliers ont révélé, dans leur relation de travail, de leurs échanges sur place et en ligne, de la perception qu’ils avaient chacun de leur image et de l’image de l’autre, de leur identité (numérique ou non).

« On peut se demander si Facebook ne contribue pas à faire évoluer les paramètres constitutifs de l’amitié, déclare André Gunthert en réponse à la question de François Quinton pour le dossier d’InaGlobal consacré à l’anniversaire de Facebook, c’est à dire d’un échange interindividuel privilégié – si Facebook n’est pas en train de changer la nature même de nos liens sociaux, par l’introduction d’une nouvelle fluidité, d’une nouvelle temporalité des échanges, sans parler de leur augmentation documentaire. Mais pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir définir exactement ce qu’on entendait jusqu’à présent par amitié, et l’on s’aperçoit que cette question n’avait pas encore été posée de manière suffisamment précise. Pour mesurer ce que les réseaux sociaux modifient, il faut renouveler tout notre matériel théorique et souvent jusqu’à l’approche même des phénomènes – une reconfiguration qui a des effets rétroactifs sur notre façon de comprendre l’ensemble des dynamiques sociales. »

Pour fêter ses dix ans, Facebook a aussi réalisé pour ses utilisateurs de petites rétrospectives personnalisées accessibles une fois connecté à son profil depuis cette adresse facebook.com/lookback compilant en musique et en une minute leurs meilleures publications sur le réseau (photos, statuts, etc.).



Je rêve d’une fonctionnalité similaire sur mon site. Un bouton d’édition sur lequel appuyé pour éditer un livre à télécharger pour une lecture mobile sur tous les supports de lecture disponible, que vous lisiez sur tablette, liseuse, smartphone ou votre ordinateur.

Facebook : l’image de notre relation au réseau
Publié le 11 février 2014
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