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LIMINAIRE
Une lecture à l’ensci (école nationale supérieure de design industriel)


Frédéric Dumond invite plusieurs écrivains en séries à lire leurs textes, mardi 17 mai 2011 à partir de 19 heures à l’ensci (école nationale supérieure de design industriel), 48 rue Saint-Sabin 75011 Paris.



Voici le programme :

19 h 00 : Introduction (Emmanuel Rabu)

19 h 15 : Les sopranos (Alban Lefranc)

19 h 30 : Wonder woman (Virginie Poitrasson)

19 h 45 : The new avengers (Danièle Momont)

20 h 00 : The L word (Béatrice Cussol)

20 h 15 : Femmes de footballeurs (Frédéric Dumond)

20 h 30 : Amicalement vôtre (Thomas Clerc)

20 h 45 : Boomtown / Fame (Pierre Ménard)

21 h 00 : Daria (Claire Fercak)

21 h 15 : Six feet under (Laure Limongi)

21 h 30 : V (Vincent Bergerat)

21 h 45 : France tour détour deux enfants (Élodie Issartel)

En écoute : l’amour en feu (Frank Smith) et, sur moniteurs, des épisodes de séries toute la journée.

 

 

 

 

Écrivains en séries, saison 1, collection Laureli, aux éditions Léo Scheer, le 1er avril 2009.

1948-2008 = 60 années de séries télé, 120 séries cultes vues par 71 écrivains.

Lire la critique de Guillaume Vissac sur le premier volume de la série.



 

 

 

 

Écrivains en séries, saison 2, collection Laureli, aux éditions Léo Scheer, le 20 octobre 2010.

1948-2008 = 60 années de séries télé, 120 séries cultes vues par 91 écrivains.

Collectif dirigé par Emmanuel Rabu.

Lire la critique d’Aude Lancelin dans le Nouvel Obs.
À l’occasion de la sortie du premier tome de l’ouvrage Écrivains en série auquel je participais avec plusieurs textes sur les séries suivantes (Chapeau melon et bottes de cuir, L’Île fantastique, Fame, Le Mystérieux docteur Cornélius, Profiler, Law & Order : Criminal Intent, Boomtown, et Medium), j’ai réalisé ce court-métrage : En série : le temps prend ses aises.


En série : Le temps prend ses aises par HeuresIndues

Voici les extraits des deux textes que je lirais à l’occasion de cette lecture collective :

Fame

Série. Musical.

États-Unis. NBC, puis SYNDICATION, 1982-1987 : 136 x 47’

 

 

 

Benjamin Shorofsky

Nuit pesante, nuit irrespirable. Question ardeur et scepticisme les voilà en effet comblés. Ils sont très subtils, mais c’est ainsi, et c’est ce qui rend la musique si irrésistible, la faille dans la cuirasse. Figure se détachant d’un fond qui ne serait autre que le néant. Pour oser et surtout réussir ça, la valse des tons. Car il s’agit bien de défier quelque chose où s’enchaînent pêle-mêle considérations philosophiques, anecdotes, souvenirs personnels évoqués de façon tantôt ironique, tantôt mélancolique. De ce fait, il reste à jamais dans la tête. Et l’autre cherche à deviner ce que tu as dit. C’est un jeu.

Bruno Martelli

Lumière, reflets, mirages. Le vent circule et sans rien bouger, sans rien changer, éparpille. Nulle part, c’est partout. Je n’ai pas l’intention de rentrer dans le rang. Il s’agit de toujours réapprendre l’ignorance. Peu d’évènements, pas de temps, ou plutôt un temps immobile. Tout est là, tout est à sa place. Pas de remerciement pour la clarté brutale. Et tu fais ça souvent ? Pas de question s’il vous plaît. Regard par regard. On a choisi la musique. Ne manquent que les chaussures. A l’intérieur la chair est rongée. Peu à peu lever les yeux. La question n’est pas de croire. Sous les arbres, la nuit tombe plus tôt. Restent les erreurs. J’adore, j’adhère.

Coco Hernandez

Mais c’était là déjà avant en creux ce geste d’arrêter. On l’attend et on ne l’atteint pas. Rien à retrouver à regretter bon gré mal gré, tout laisse place dans une sorte d’histoire minime, on voudrait tout de même revenir en mots. L’espace, la vitesse, ne cesse de dire les écueils du corps, sa mémoire comme sa perte. Une perception aiguë d’un monde en mouvement, le corps avance en équilibre, en une danse aussi méditative que violente. Ne me raconte pas d’histoires. Avec leur lot de fatigue et de découragements aussi. Je n’arrive plus à écouter, rien ne s’accroche, j’entends les sons parfois le sens, mais rien à dire autour dedans, toutes mes excuses.

Doris Schwartz

En haut, y est, qu’est-ce qu’y est, tu montes, tu vois, des ailes. Comme un soleil noir. Retenez bien ceci pour la joie de mes détracteurs : je ne suis ni écrivain, ni penseur, ni philosophe, ni quoi que ce soit dans aucun mode d’expression, rien de tout. L’image me dicte ce que je dois dire. Nous fermons les yeux, ou bien nous les gardons ouverts, mais si nous les fermons, nous voyons tout à fait autre chose que ce qui se passe effectivement, nous voyons ce dont nous parlons. Entre les deux, il n’y a qu’une chimère. On pourrait même ajouter qu’elle est impossible, qu’il faut sans cesse la reprendre, la rejouer. Tout cela très rapide, biffez les premières grimaces.

Barbara Sherwood

Ne comprenant pas une seule phrase, et prenant note de mots comme on note l’adresse de quelqu’un à qui nous savons que nous ne rendrons jamais visite. Nous avons essayé d’imaginer ce qu’on peut entendre quand ces maisons brûlent. Toute sa vie dans cet unique désir, sans s’en rendre compte. Je pourrais peut-être décrire sa façon de marcher, de rire ou d’éternuer, mais tout cela ne serait pas plus significatif que des bouts divers de film coupés au hasard et sans lien avec le drame essentiel. Pourquoi demeurer là, si nous sommes perdus ?


Boomtown

Série. Policier.

États-Unis. NBC, 2002-2003 : 24 x 42’

 

 

 

 

BONHEUR

J’ai compris que le seul bonheur ici-bas était d’observer, d’épier, de guetter, de scruter son propre personnage et celui des autres, de n’être rien de plus qu’un regard, qu’un œil immense, légèrement vitreux, quelque peu injecté de sang et qui ne cille jamais. Je jure que c’est cela le bonheur. Qu’importe que je sois un rien vulgaire, un rien ignoble, et que personne n’apprécie tout ce qu’il y a en moi de remarquable - mon imagination, mon érudition, mes dons littéraires... Je suis heureux puisque je peux me contempler moi-même : c’est passionnant, un être humain - oui, véritablement passionnant ! Le monde, quoi qu’il fasse, ne peut m’offenser. Je suis invulnérable.

CŒUR

Peut-être sa vie n’était-elle qu’un simple chapelet d’heures, une existence simple et étrange comme celle d’un oiseau, joyeuse au matin, active le long du jour, lasse au déclin du soleil ? Un cœur simple et volontaire comme un cœur d’oiseau ?

DÉSIR

Et maintenant, comme il se retournait pour la regarder et qu’il aperçut sa silhouette familière, précieuse, fugitive, qui disparut sur-le-champ à tout jamais, il ressentit pendant un moment le choc d’un désir sans espoir dont l’unique charme et l’unique richesse résidaient dans son inassouvissement.

DANGER

Mais les dangers les guettaient de toutes parts. Ils auraient voulu que leur histoire soit l’histoire du bonheur, elle n’était, trop souvent, que celle d’un bonheur menacé.

DÉSORDRE

Toute la journée s’est trouvée décalée, rien n’a eu lieu en son temps. Ce dérangement, d’habitude, lui convient. Le retard est son mode de vie. Mais aujourd’hui on dirait que quelque chose tremble, se défait, un trouble d’ensemble, plus profond, qui affecte elle ne sait quel ordre dans le désordre ordinaire.

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Écrivains en série : lecture collective
Publié le 14 mai 2011
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