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LIMINAIRE
Traverser la rue


En testant les nouvelles fonctionnalités du profil Facebook se transformant en Journal, j’ai découvert par hasard, en faisant des recherches sur mon lieu de naissance à Ris-Orangis, une raison encore insoupçonnée, de mon pseudonyme Pierre Ménard.

Parc de Ris-Orangis

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis né dans une maternité rue du Clos (devenue aujourd’hui la Polyclinique du Parc), un peu à l’écart du centre-ville de Ris-Orangis, le 02 mars 1969. En face de cette maternité, on m’a toujours dit qu’il y avait un asile pour artistes lyriques. En faisant quelques recherches sur Internet, j’apprends que cette structure, située dans un grand parc, et installée dans un ancien château du XIXe siècle et d’un parc arboré de 7 hectares, va être entièrement rénovée et ouverte au grand public. L’ancienne Maison de Retraite Maurice Chevalier accueillait exclusivement des artistes à la retraite il y a encore peu de temps.

Je me suis toujours plu, depuis mon enfance, à plaisanter sur ce que serait le parcours de ma vie, en affirmant, à qui voulait l’entendre, qu’étant né dans une maternité rissoise, qui se trouvait juste en face d’une maison de retraite pour vieux artistes, ma vie consisterait à traverser la rue.

Château de Dranem à Ris-Orangis

 

 

 

 

Je découvre que cette maison de retraite était un château, ce château avait été acheté par un certain Dranem, l’une des vedettes les plus populaires du café-concert, dans les années 1900 et dont le vrai nom était... Ménard.

En effet, en 1910, Armand Ménard, dit Dranem, achète le château de Ris-Orangis pour y aménager une maison de retraite pour ses amis artistes. Celle-ci sera inaugurée en 1911 par le Président Armand Fallières. Il crée ainsi une association qui portera le nom de « Fondation Dranem » jusqu’en l’an 2000. Dans les sept hectares de son parc, où repose l’acteur, des arbres portent le nom de personnalités célèbres qui ont soutenu son projet.

DRANEM, Charles Armand Ménard

Dranem, de son vrai nom Charles Armand Ménard, est un chanteur et fantaisiste français né à Paris le 23 mai 1869, rue Château-Landon, décédé le 13 octobre 1935.

Sur le site de Philippe Landru consacré au cimetière de France et d’ailleurs, je découvre cette présentation :

« Il fut l’une des vedettes les plus populaires du café-concert, à l’époque où cette forme de sortie était le plus à la mode. Il choisit pour pseudonyme son propre nom dont il inversa les lettres (Menard = Dranem). Alors que sa carrière végétait en 1896, il s’acheta une petite veste étriquée, un pantalon trop large et trop court, jaune rayé de vert, d’énormes godasses sans lacets et un petit chapeau bizarre (qu’il baptisa plus tard Poupoute). Le soir même, il abandonna son costume de comique troupier et revêtit cet étrange accoutrement. Les joues et le nez maquillés de rouge, il entra en scène en courant, comme poursuivi. Il s’arrêta devant le trou du souffleur et chanta les yeux fermés, qu’il n’ouvrit que pour simuler la frayeur de débiter pareilles incongruités. Ce fut un triomphe. Le genre Dranem était né.

Son succès fut alors immédiat et ne se démentit pas jusqu’à sa tournée d’adieux, en 1919. Il fut encensé par la critique, mais également par les intellectuels qui ne le boudèrent pas (il fut en particulier adulé par André Breton, Raymond Queneau ou Paul Léotaud). Et pourtant quel répertoire ! Des scies très à la mode, et tout un tas de chansons stupides et scabreuses qui firent dire à Boris Vian que "La bêtise volontaire poussée à ce point confine au génie". Ses plus grands succès portent des titres mémorables : Les Petits pois, Le trou de mon quai, Pétronille tu sens la menthe... Il fut souvent imité, et on ne peut évidemment pas ne pas penser à Maurice Chevalier à ses débuts, et à Bourvil qui s’inspira de son personnage burlesque. »



Le Vrai Jiu-jitsu est un est une phonoscène réalisée par Alice Guy en 1905. Il s’agit d’une des douze phonoscènes enregistrées par Dranem pour le Chronophone Gaumont.

Dranem entre en scène, chante, quitte la scène puis revient saluer le public, exactement comme si l’on était au café-concert : à la fin de chaque refrain, il fait un tour complet sur lui en suivant le rythme de la musique, faisant découvrir ainsi aux spectateurs, la natte chinoise qu’il s’est attaché dans les cheveux.



Comme je m’en suis déjà expliqué en faisant mon Coming Out, j’ai choisi mon pseudonyme, mon nom d’écriture et de création sur le net, Pierre Ménard pour diverses raisons parmi lesquelles bien sûr le thème de la nouvelle Pierre Ménard, auteur du Quichotte, de Jorge Luis Borges est centrale, mais il y a aussi des raisons personnelles, et j’en découvre d’autres aujourd’hui, par hasard.

Dranem ou Ménard ?
Publié le 28 décembre 2011
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