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LIMINAIRE
Un jeu de cartes dont les figures sont accolées les unes aux autres


deux temps trois mouvements sur Publie.net

La première mise en ligne de ces textes a été réalisée sur le site Liminaire, de janvier 2005 à décembre 2006. Il s’agit du journal poétique que j’ai tenu chaque jour durant ces deux années, accompagné de 12 photographies.

Quand j’ai choisi de réunir en début d’année 2010 tous mes sites en un seul en ajoutant grâce à SPIP, certaines fonctionnalités (mots clés, sélection aléatoire d’articles thématiques, mur d’images, mise en page évolutive), il m’a semblé que ce journal des années 2005/2006, cette expérience d’écriture au quotidien, ne devait pas être remis en ligne, mais qu’un travail autour de ces textes, dans le cadre d’une publication pouvait les éclairer d’un jour nouveau. Il m’a donc semblé important de les interroger en diffusant en dehors du site les textes écrits dans ce cadre afin de leur donner une autre dimension, et c’est ce que l’expérience de coopérative d’auteurs pour l’édition numérique Publie.net permet.

Au lieu de publier les deux années de ce journal de manière consécutive, j’ai choisi de confronter les textes en diffusant sans date mais de manière chronologique l’ensemble des textes du journal en les juxtaposant les uns aux autres. Et cette superposition provoque d’étonnants résultats et d’enseignements, échos troublants, répétitions temporelles, et quelques décalages imprévus. Une réflexion sur le temps qui est le propre de tout journal.

Plusieurs extraits de l’ouvrage sur Liminaire :

Deux temps, trois mouvements #1 : perfection, ce scintillement

Deux temps, trois mouvements #2 : Cache-cache

Deux temps, trois mouvements #3 : Au fond de l’inconnu

Bande annonce de l’ouvrage :



Au fil de la lecture, dans le but d’une publication sur Publie.net j’ai noté tout ce qui, dans le texte, décrivait le projet d’écriture du texte, en filigrane :

Ce n’est pas un plaidoyer, c’est un faire-part. Ce n’est pas un viatique, c’est une bouée de sauvetage.

Donner deux, quand il vaut un.

Mon travail, c’est du temps. On dirait ces petits cailloux qui disent le chemin parcouru.

Il y a cependant, dans la contrainte d’une écriture au quotidien, un défi. Faire que ces textes soient des franchissements qui m’emportent où je n’ai pas prévu, là où on ne va pas avec sa raison ni même l’intuition.

Il faut rendre sous forme de mouvement ce qu’on a emprunté, et c’est ainsi qu’on devient peut-être libre.

Quelque chose dans cet assemblage reste volontairement mal recousu, dépareillé. Ce caractère épars colle évidemment à la représentation du monde.

Tout ce que l’on fait pour distraire l’attente, ses chemins de traverses qu’on appelle dédale. C’est cela.

Les histoires, ça raconte des histoires. Le journal, ça raconte le monde. Le journal, c’est pour notre souvenir.

Les écrivains ont toujours perdu du temps. L’étude du monde réel par le voyage, la flânerie qui invente la ville. J’aime cependant que le hasard me porte à la frontière. Continuer dans cette voie. Ne point tant encadrer l’image que cacher ses alentours.

Écrire sans arrêt, toujours et nuit, partout. Mais ce n’est pas une fuite en avant. J’avance à mon rythme. L’impression de foncer, en fait c’est assez troublant. Deux temps, trois mouvements. Au début on ne s’en rend pas compte, toujours dans cette activité débordante, on écrit avec au moins l’impression de laisser des traces derrière soi comme autant de jalons. La vitesse pour devenir visible, pas le contraire. On avance pour apparaître. Faire surface plutôt que Arrêter le temps dans les marges de ce qu’on écrit.

Faire date. On y travaille chaque jour pourtant.

Des codes, des signes, des discours, des symboles sont ainsi convoqués dans une sorte de patchwork où les effets de reprise et de couture sont visibles, avérés : l’ensemble ne fonctionne pas comme un mélange composite, a fortiori comme une dialectique, mais comme un espace de sutures et de cicatrices, de plaies ouvertes pour être immédiatement fermées.

Je cherche des trous. L’image n’est pas la réalité. Patiemment à la manière d’un puzzle, c’est comment cette expérience précoce de la violence et de la cruauté, le temps de déposer ses mots lestés de fatigue. Rien n’est joué, rien n’est illustré.

On cesse alors de voir le monde comme une juxtaposition de choses séparées, et on cherche à relier ce qui est disjoint.

Faire émerger une nouvelle logique par la juxtaposition de matériaux composites. Fragments de textes piochés un peu partout. Procéder par prélèvements, détournements, abstractions successives, c’est se donner une chance d’échapper à la falsification générale.
deux temps trois mouvements
Publié le 10 juillet 2010
- Dans la rubrique LIMINAIRE
Mémoire Langage Couple Palimpseste Photographie Pierre Ménard Écho Poésie Livre Fragment Journal Sérendipité
deux temps, trois mouvements, de Pierre Ménard






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