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LIMINAIRE
Atelier d’écriture et de création n°2



Image d'architectes du Collège Marguerite e Navarre de Pau

 

 

 

 

 

 

J’ai été invité à mener en 2009, en 2010 et en 2011, une série d’ateliers de création au Collège Marguerite de Navarre à Pau par l’intermédiaire d’Elise Lamiscarre, professeur de français, dans le cadre d’une Classe à Projet Artistique et Culturel. Il s’agissait de mener un atelier de création numérique mêlant textes/sons/images sur un lieu important dans la mémoire paloise : le Bâtiment B et ses métamorphoses, partie ancienne vouée à la destruction du collège Marguerite de Navarre : que voit-on à l’intérieur ? de l’intérieur ? de l’extérieur ? quels souvenirs en ont gardé les élèves qui s’y sont succédé ?

Les élèves de 4°8 regardent l'expo sur le chantier au CDI du Collège Marguerite de Navarre à Pau

 

 

 

 

 

 

 

Pour la troisième fois j’anime cette année une nouvelle série d’ateliers, avec l’intention de créer avec les élèves de la 4°8, un ouvrage numérique sur le chantier du Collège, retraçant la construction des nouveaux bâtiments (après la destruction ou restructuration des anciens).

Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau

 

 

 

 

 

 

 

Premier jour :

Premier atelier :

Nous avons travaillé sur un objet que l’on trouve partout sur le chantier.

J’ai fait écouter aux élèves de 4°8 la voix de Christophe Tarkos dans son texte "Le petit bidon".



Par l’insistance, la répétition, les polyptotes (répétitions d’un même vocable à différentes places et fonctions dans la phrase) tenter de faire lever la pâte-mot pour faire exister la chose poétiquement.

Sur le chantier, nous avons la grue, le marteau, la benne, le marteau-piqueur, casques, Algeco, ponceuse, visseuse, bétonneuse, etc

Tantôt la fiction affleure pour emporter vers le récit, tantôt le texte est travaillé par un jeu d’échos.

Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau

 

 

 

 

 

 

 

La passerelle, par Sean

La passerelle soutenait l’homme, suspendue dans les airs.

La ville, étalée en dessous, à perte de vue.

L’homme qui l’admire.

La passerelle qui le soutient est immobile.

Mais le vent la balance, et lui donne des ailes, et l’homme se ressaisit, et se remet à la passer. La tourelle, sur laquelle elle se tient. La tour, qui les soutenait tous les deux, homme et passerelle. La tourelle d’acier, plantée dans le sol, et le vent qui la balance. Passerelle, où l’homme et vent passent. Et les ailes, qu’elle se met à battre. Et le passage, au loin, qui lui apparaît. Et l’homme s’arrête, et se demande si bientôt, ou même dans très longtemps, il va le passer. Et l’homme se met à réellement battre des ailes. Et le long tunnel, à la fin de la passerelle l’avale. Et la passerelle disparaît, car elle ne vous apparaît qu’une fois, à la fin de tout. Et la passerelle n’est plus, et le bruit des battements d’ailes n’est plus. L’homme a disparu.


Un convoi, par Hadrien

Dans un convoi, qu’est ce qu’on voit ? On voit un con qui voit. Mais que voit le con qui voit ? Est-ce un convoi de cons qui voient ? Un chantier qu’ils convoitent. Mais que transporte le convoi de cons qui convoitent le chantier. Mais quel est ce chantier ? C’est un chantier dans le collège d’une ville. Dans cette ville il y a des routes, où roule un convoi de cons qui voient. Mais que transporte ce convoi de cons qui voient ? Il transporte des bouts du collège qui va façonner l’avenir.


Le théodolite jaune, par Rémi Dornel

Le théodolite jaune projette son laser rouge invisible. Le théodolite jaune sur son trépied sert au chantier. Il est sur son chantier, il projette son laser. Son laser reste toujours en place. Il ne bouge pas. Il mesure. Le théodolite jaune, grâce à son laser, mesure les distances. C’est un système perfectionné. Il projette lez laser le laser qui ne bouge pas sur son trépied. Le théodolite jaune est réglé par l’homme. Si l’homme se trompe, le théodolite jaune ne mesure plus bien. Et le théodolite jaune est sur son trépied qui ne bouge pas. Il est comme un monolithe qui reste au fil des siècles et qui ne bouge pas. Ils ont été bâtis par les Dieux, le théodolite jaune par les savants. Le théodolite jaune est de même couleur que le tractopelle, mais lui ne bouge. Il mesure et sert au chantier. Il est utile, comme les monolithes. Mais lui, on sait à quoi il sert. Il mesure, il est utile. Le théodolite jaune aurait pu être l’oeuvre de Théo. Un monolithe construit par Théo. Le lit de Théodore est le théodolite. Mais il ne ressemble pas au monolithe de Théo. Le casque jaune de l’homme est de même couleur que le Théodolite jaune mais pas de la même que le monolithe de Théo ou le lit de Théodore. La théorie des météorites est celle d’un autre Théodore. Les météorites ont une théorie, celle de Théodore qui a observé les météorites avec un théodolite, mais pas le théodolite jaune sur son trépied, qui sert au chantier. Merci théodolite jaune sur son trépied.


Le marteau-piqueur, par Perrine

Dehors, un marteau-piqueur, dans une cour, un marteau-piqueur, au milieu d’un chantier, un marteau-piqueur.

Un marteau-piqueur qui nous pique tel une abeille qui nous pique comme un marteau-piqueur et qui nous fait mal, mal aux oreilles, il nous fait mal le marteau-piqueur : mal aux oreilles, mal à la tête, toute la journée constamment le marteau piqueur fait du mal .Même quand le marteau-piqueur s’arrête ; sa résonance est telle qu’il nous fait encore mal.

Le marteau-piqueur tel un battement de cœur ou un pivert dans la foret martelant un arbre… comme le marteau-piqueur martelant le bitume.


La Poussière, par Romain Ferlat

Poussières fines et libres, presque invisibles.

Symbole de vieillesse et d’abandon. Mais aussi le pou qui nous garde en vie. Poussière partout dans l’espace, l’espace libre, toujours en mouvement, la poussière, mais insonore. Poussières intouchables, vite dissipées mais qui revient comme l’espoir ou le malheur, on ne la voit pas, la poussière mais elle est là tel un corps céleste qui nous protège.

Poussière qui se dépose sur des surfaces planes et immobile et au moindre mouvement elle s’envole et regagne sa liberté vers le ciel, elle voit tout, la poussière qui est là autour de nous, résidu de la construction de l’homme, symbole de la réussite et du progrès, la poussière tel la poussière d’étoile. Une légère poussière blanche qui prend à la gorge.

Poussière qui alimente l’aspirateur, mais que l’on veut enlever alors que la poussière, c’est une poussé de molécules poussiéreuses.

Après la mort on devient poussière de soi-même et l’on reste comme avant libre et unique.


La poulie, par Marianne S.

La poulie coulisse

La poulie part et repart

La poulie part et revient

C’est une simple poulie qui défile devant nos vies ahuries

La poulie voyage dans le coulis des nuages et accélère notre pouls dans son périple

La poulie est comme une poupée, comme des mots qu’on manipule

La poulie coulisse précipitamment

La poulie n’est pas possible

La poulie lit dans nos pensées

La poulie lisse nos pensées

La poulie répète les mêmes partitions

La poulie est un poulpe qui nage dans le ciel

La poulie porte les planches et les palettes, les palettes et les planches

La poulie soulèves les paillettes

La poulie coulisse lentement

La poulie monte et descend

La poulie est une vraie poésie


Deuxième atelier :

Le chantier dure depuis de longs mois, on en parle depuis deux ans, et il va durer encore un an minimum. Les élèves, comme les professeurs, vivent avec au quotidien. Rendre dans la durée ce moment dans un lieu comme le chantier. Je lis un extrait de "Un parc, un hiver" de Tarkos. Cet instant qui ne passe pas. Je leur demande d’écrire un poème sur ce moment terrible qui ne se termine pas, qui s’étire en longueur, dans un temps dilaté.

Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau

 

 

 

 

 

 

 

« Un parc, un hiver, un seul hiver, une masse de brouillard, un seul ciel bas, nous allons passer un seul hiver, un hiver long, une seule masse d’un seul hiver, du brouillard et un ciel bas, des nuages, une durée, la durée d’un seul hiver, du brouillard et un ciel bas, des nuages, une durée, la durée d’un seul hiver, une masse d’un hiver, une masse grise de nuages bas, de brouillard, de froid qui dure, qui continue, qui ne s’arrête pas, qui forme une masse lourde, une seule masse d’un seul hiver qui ne finit pas, cela ne dure qu’un hiver, mais l’hiver dure, il pleut, la possibilité de se modifier, de faire en sorte que les mécanismes de conscience ne soient modifiées, qu’il y ait eu une modification de soi, il y a le parc, il y a les vitres et des ondes, les ondes passent à travers les vitres et le parc, un parc où l’on rencontre quelqu’un peut-être, si cela se trouve, cela peut se passer dans le parc ou, si l’on arrive à sortir du parc, alors dehors, en dehors du parc cela peut se produire, sans parler des rues, des boulevards, des parcs, des ruelles d’une saison qui ne finit pas, d’une route, au bord de l’océan sans routes, sans boulevards, sans parc, à travers la pluie. Un parc, un hiver. Un parc nu, les arbres des feuillages n’ont pas de feuilles, sont noires et filandreux, sont des broussailles noires inextricables enchevêtrées au-dessus du ciel uniformément gris-blanc, le parc est vide, le ciel et le sol sont sables, uniformément, les enfants ne jouent plus, il n’y a aucun passant dans les allées, le parc ne laisse pas de trace, les broussailles noires grisaillent les allées. Un parc, un hiver. »

Christophe Tarkos, Anachronisme.

Le chantier. Au fil du temps. Au quotidien.

Le temps se délite, la lecture nous relie.


Autre proposition d’écriture :

Un lieu, un instant, le décrire en quelques mots simples, termes que l’on retrouve communément dans le "corpus poétique" et pour chacun de ces mots, composer un texte fait d’une succession d’énoncés plus ou moins fragmentés, enchevêtrés, collés les uns aux autres, pouvant même juxtaposer et confronter délibérément des contraires, qui n’ont en commun que d’inclure à chaque fois le mot proposé en exergue, ou de s’y rapporter, dans une vertigineuse énumération, une variation insistant sur chaque mot.

L’effet fantôme, Yannick Liron, P.O.L., 1997.

Présentation du texte :

« L’effet fantôme » est un terme d’imprimerie qui évoque la transparence du papier lorsque les pages d’un livre se superposent, le texte apparaissant au verso de la page et qu’elle nuit à la lisibilité de celui-ci. Dans ce livre, le fantôme, ce sont les autres livres, leur résurgence fragmentée, parcellaire, lointains souvenirs qui remontent lentement à la surface, sortes de lieux communs littéraires.

Le livre comporte sept chapitres (la nuit, le jardin, la maison, les lumières, le ciel, les fenêtres, les ombres) thèmes poétiques récurrents, qui forment ici un tableau assez méticuleux, voire maniaque, d’un lieu, d’un instant, vu sous différents angles, comme en suspens, donnant au lecteur cette surprenante impression de « déjà lu » qui rend ce livre si vertigineux et lancinant.

Les élèves de 4°8 tapent leurs textes au CDI du Collège Marguerite de Navarre à Pau

 

 

 

 

 

 

 

Deuxième jour :

Premier atelier :

Nous sommes partis des mots. On a dressé un premier inventaire des mots du chantier à partir d’une liste que l’on a complété.

J’ai fait écouter à la classe le poème « Prendre corps » de Ghérasim Luca, où le rapport amoureux et érotique passe par l’alternance « je te/tu me » et la permutation du rapport nom (ou adjectif, adverbe...)/ verbe, le tout travaillant par un système d’échos et de variation du rythme. Je leur ai demandé d’écrire un poème sur eux et le chantier. En gardant la structure « je te/ tu me », en renversant les rapport noms /verbes et en créant de nouveaux mots. A l’horizon du poème : moi et l’écriture.

« je te flore / tu me faune / je te peau / je te porte / et te fenêtre / tu m’os / tu m’océan / tu m’audace / tu me météorite / je te clé d’or / je t’extraordinaire / tu me paroxysme / tu me paroxysme / et me paradoxe / je te clavecin / tu me silencieusement / tu me miroir / je te montre / tu me mirage / tu m’oasis / tu m’oiseau / tu m’insecte / tu me cataracte / je te lune / tu me nuage / tu me marée haute / je te transparente / tu me pénombre / tu me translucide / tu me château vide / et me labyrinthe / tu me parallaxes / et me parabole / tu me debout / et couché / tu m’oblique / je t’équinoxe / je te poète / tu me danse / je te particulier / tu me perpendiculaire / et sous pente / tu me visible / tu me silhouette / tu m’infiniment / tu m’indivisible / tu m’ironie / je te fragile / je t’ardente / je te phonétiquement / tu me hiéroglyphe / tu m’espace / tu me cascade / je te cascade à mon tour / mais toi / tu me fluide / tu m’étoile filante / tu me volcanique / nous nous pulvérisable / nous nous scandaleusement / jour et nuit / nous nous aujourd’hui même / tu me tangente / je te concentrique / concentrique / tu me soluble / tu m’insoluble / en m’asphyxiant / et me libératrice / tu me pulsatrice / pulsatrice / tu me vertige / tu m’extase / tu me passionnément / tu m’absolu / je t’absente / tu m’absurde / je te marine / je te chevelure / je te hanche / tu me hantes / je te poitrine / je buste ta poitrine / puis ton visage / je te corsage / tu m’odeur / tu me vertige / tu glisses / je te cuisse / je te caresse / je te frissonne / tu m’enjambes / tu m’insupportable / je t’amazone / je te gorge / je te ventre / je te jupe / je te jarretelle / je te peins / je te bach / pour clavecin / sein / et flûte / je te tremblante / tu m’as séduit / tu m’absorbes / je te dispute / je te risque / je te grimpe / tu me frôles / je te nage / mais toi / tu me tourbillonnes / tu m’effleures / tu me cerne / tu me chair cuir peau et morsure / tu me slip noir / tu me ballerine rouge / et quand tu ne haut talon pas mes sens / tu es crocodile / tu es phoque / tu es fascine / tu me couvres / et je te découvre / je t’invente / parfois / tu te livres / tu me lèvre humide / je te délivre / je te délire / tu me délire / et passionne / je t’épaule / je te vertèbre / je te cheville / je te cil et pupille / et si je n’omoplate pas / avant mes poumons / même à distance / tu m’aisselle / je te respire / jour et nuit / je te respire / je te bouche / je te baleine / je te dent / je te griffe / je te vulve / je te paupière / je te haleine / je t’aime / je te sens / je te cou / je te molaire / je te certitude / je te joue / je te veine / je te main / je te sueur / je te langue / je te nuque / je te navigue / je t’ombre / je te corps / je te fantôme / je te rétine / dans mon souffle / tu t’iris / je t’écris / tu me penses »

Ghérasim Luca, Prendre corps

Arthur H en propose une très belle version chantée dans son avant-dernier album Baba love.



Les élèves de 4°8 lisent leurs textes au CDI du Collège Marguerite de Navarre à Pau

 

 

 

 

 

 

 

Lecture sous forme de duo par certains élèves après l’atelier :



Je te foreuse

Tu me loft

Je Te fracasse

Tu me tracasses

Je te déblaie

Tu me balaie

Je te béton

Tu me réponds

Je te marteau

Tu me tuyau

Je te pieux

Tu me diamètre

Je te solide

Tu me tractopelle

Je te trou

Tu me caves

Marie. K

Je t’armature

Tu me bétonnes

Je me construis

Tu me démolis

Je te gravages

Tu me désamiantes

Je le graviète

Tu m’ouvriètes

Je la casque

Tu la cloutes

Je nous martèle

Tu le pelles

Je me terre

Tu nous métal

Je me tuyautes

Tu l’aljecotes.

Clara E.


Je te grues

Je te construis

Je te tuyaute

Tu me martèles

Je te bétonne

Il me construit

Tu me failles

Vous vous creusez

Je te modèles

Je te ferraille

Tu me barrière

Je te salis

Nous nous enrouillons

Il te mélange

Vous vous bidonnons

Tu me marteau-piqueur

Je te construis

Tu me détruis

Il te tracto-pelle

Je te cimente

Tu me brumisateur

Il te mélange

Je te modèle

Tu me faille

Il te marteau

Je te salis

Tu me bruit

Il te soulève

Je te béton

Tu me barrière

Il te transporte

Sarah Faget et Maeva Schlieckriede


Je te martèle/tu me marteau

Je te ferraille/tu me dérailles

Je t’étanchéite/tu m’enchantes

Je te bitume/tu m’enrhumes

Je te bétonne/tu m’étonnes

Je te déteste/tu m’empestes

Je te machine/tu me chagrines

Je te moule/tu me roules

Je te mèche/tu m’empêches

Je te Manitou/tu me magnitudes

Je te diamètre/tu me centimètres

Je te bâtiment/tu me mens

Je te gravât/tu me vois/il s’en va

Je te casque/tu me casquettes/il se casse-tête

Je te forrage/tu me mirages/il te dégage

Je te construit/tu me déconstruis/il te reconstruit

Je te débris/tu me souris/il t’envie

Je te détruit/tu me vieillis

Je me grandis/tu me grues

Tu m’impressionnes /je te rayonne

Tu fais du bruit/tu m’assourdis

Marteau –piqueur tu me fais mal au cœur…

Perrine and Aurélie


Deuxième atelier :

Nous sommes partis du Collège et avons traversé la ville de Pau pour découvrir les autres chantiers de la ville, la future médiathèque et les halles toutes proches. Les élèves ont pris des photos tout au long du parcours, mais aussi noté tout ce qu’ils voyaient sur le chemin.

Promenade à travers Pau avec les élèves de 4°8

 

 

 

 

 

 

 

Plan de Pau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la ville, par Anne-Sophie et Céleste

Rue du collège, le musée fermé, la bibliothèque taguée, deux petites vieilles à l’arrêt bus « avec mon père, c’était comme ça et… », galerie Bosquet, pas encore dix heures, rideaux baissés, % de remise, La beauté chaque jour

Salle de sport Fitness et juste devant des chewing gum collés par terre, des crottes de chien, stationnement interdit, défense d’afficher, engageant.

Les halles, la boucherie, le volailler, le primeur, la boulangerie, le poissonnier, l’homme aux épices, des odeurs qui chatouillent l’estomac, on ralentit le pas.


Promenade à travers Pau avec les élèves de 4°8

 

 

 

 

 

 

 

Plans de Pau

 

 

 

 

 

 

 

 

En ville et au Marché, par Clara et Claire

En ville

Même dans la petite ville de Pau, l’aventure est au coin de la rue ! On voit des publicités, des inscriptions et des interdictions.

Par exemple, « Guillaume à tout faire » « Le futur, ça s’invente » « Parisienne de Yves Saint-Laurent » « Amor amor de Cacharel » « Bosquet junior garderie gratuite » « Swatch » « Pour votre épargne, conciliez performance et sécurité » « Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Coca-Cola ».

On voit des panneaux « A vendre » « A louer » et des distributeurs de sacs pour crottes de chien. Il y a de nombreuses interdictions en ville et dans les magasins comme « interdiction de s’asseoir » « pas de photos, pas de skate, pas de vélo, pas de chiens » « interdiction de fumer » « interdiction de circuler » et « défense d’afficher ». Dura lex sed lex !

Beaucoup de voitures de vélos circulent. On voit aussi des bus comme les P8 P5 T1 T2 T3 P23 P12 P11 P21 P6 P7…

Au marché

Le marché est une petite ville a lui-même. Il y a comme des petites rues « Toupiotte, coquelle, métaù, l’iroulé, lichèrre, padère, cauté, grasilhe, tarisson, toupi ». Des olives, du fromage, de la charcuterie, de la viande, des fruits, des légumes, des produits du monde… miam !

On y trouve des produits de bonne qualité « saveurs marines » « Béarn gourmand » « L a qualité c’est notre métier » « agriculture biologique » « saveurs du monde » … Délicieux !

Le marché c’est vivant, on entend des briques de conversation comme « Il fait froid aujourd’hui je trouve mais on va faire avec… » « Montre moi tes beaux ongles » « pas trop fine pas trop mince » « Voilà et ici le jambon. Vous voulez des endives ? »

En interrogeant le vendeur d’olives, nous avons appris qu’il travaille au marché depuis 15 ans. Il en a assez des travaux de la ville et de la mauvaise circulation. « Les ingénieurs devraient retourner à l’école » nous a–t-il dit. Même s’il critique sa ville, il nous a expliqué que même s’il gagnait au Loto, il resterait à Pau.

En sortant, nous nous sommes rendus compte que toute la ville est un chantier et pas seulement notre collège : par exemple, la nouvelle médiathèque, bientôt le marché, les halles, des immeubles en construction, des travaux dans les rues. Et nous étions déçus car nous avons vus que la grue de notre collège n’est pas le seul phare de Pau !

Promenade devant la médiathèque de Pau encore en chantier avec les élèves de 4°8

 

 

 

 

 

 

 

Dans la rue, par Tiphaine et Camille

En sortant dans la rue, on voit de vieilles façades délabrées, grises et sales, les murs recouverts de graffitis et de tags, comme l’ancienne médiathèque située juste à côté du collège. Le flanc d’un camion annonçait : « Pau, la vie rêvée des villes. » Pas si sûr…

La circulation dans la ville est bordélique. Cela est surtout dû aux nombreux travaux dans la ville. Comme quoi le collège n’est pas le seul lieu en travaux.

Il y a de nombreux bâtiments datés tel que les Halles qui ont été construites en 1976. Celles-ci n’ont jamais été entretenues et ne sont plus aux normes. Elles vont être rénovées vers 2014, les travaux vont durer environ 1 an. Tout le cartier sera bloqué en raison de l’absence d’ordre dans tout le quartier, il sera aussi refait.

Pour l’instant, les commerçants ne sont pas encore touchés par ce projet, mais lors de la remise aux normes des Halles ils seront délocalisés vers la place Verdun.

Dans les Halles, nous percevons des bribes de discutions de plusieurs langues : français et espagnol.

A l’étal d’un boucher, vieux de 80 ans, la famille est réunie. Il y a son fils, sa belle-fille et même son petit-fils durant les vacances solaires ! On sent beaucoup d’odeurs différentes : charcuterie, fromages, café, légumes, poissons et en passant devant le magasin de cuisine chinoise, on imagine même la bonne odeur des nouilles !

Le vendeur d’olives charmant, tout comme son sourire. Des olives dans des paniers, à raz bord, des cornichons et des citrons, Miam !

« Depuis 15 ans, je travaille ici. Les travaux et la circulation me gênent. Les ingénieurs devraient vraiment retourner à l’école ! » nous a-t-il dit en souriant.

Dans la ville et dans les magasins, beaucoup d’interdictions :

Interdiction d’afficher

Interdiction de stationner

Interdiction de fumer

Interdit aux skates

Interdit aux chiens

Interdit aux vélos…

À l’heure de rentrer au collège, surprise ! Que des vieux dans la rue ! Ils marchent lentement, surtout un avec un affreux pull bleu et un béret basque.

Promenade devant la médiathèque de Pau encore en chantier avec les élèves de 4°8

 

 

 

 

 

 

 

Dans un mois, je diffuserai sur mon site le livre numérique que nous avons réalisé avec les élèves cette année avec l’ensemble des textes écrits lors de nos ateliers, d’enregistrements sonores, de lectures, de plans et de nombreuses photographies du chantier.

Pour finir, je vous signale cet article de Sylvia Agostini sur notre atelier paru aujourd’hui dans le journal La République des Pyrénées : Un livre numérique sur le chantier du collège Marguerite-de-Navarre.

La classe de 4°8 en photo dans La République des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

4 commentaires
  • Merci beaucoup pour ces 3 séances d’écriture avec vous. Je trouve cela génial de pouvoir s’amuser en écrivant. Lors de la 3e séance j’ai adoré me balader dans les rues, observer les habitants et redécouvrir ma ville. Bonne continuation. Bob la cartouche alias Claire, une 4°8 heureuse.

  • Bonjour Pierre ! J’ ai regardé votre site, et vu les travaux de notre classe ! Je vous remercie, pour ces moments passés avec vous, vous nous avez fait découvrir d’ autres façons de faire de l’ écriture, et du français ! J’ ai beaucoup aimé, la ballade en ville, nous avons vu la ville différemment, quand on est accompagné d’ autres personne... Merci beaucoup, et j’ espère que vous reviendrez pour les 4e qui nous suivront l’ an prochain, et les autres années ! Aurélie, une 408

  • Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau 5 avril 2012 10:07, par sabine

    C’est magnifique, ces réactions, quand l’écriture devient enfin un plaisir, en dehors des cours à l’école ! j’aimerai moi aussi retourner au collège pour pouvoir faire ces ateliers ! Je ne connaissais pas Ghérasim Luca, belle découverte. Belle journée printanière, S.

  • Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau 9 avril 2012 10:52, par N.Campet

    Superbe travail, très original. Beaucoup de plaisir et d’intérêt à lire les documents réalisés ! Bravo !

Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau
Publié le 4 avril 2012
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