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LIMINAIRE
École Supérieure du Professorat et de l’Éducation de l’Académie de Versailles


À l’invitation de Luc Dall’Armellina, responsable du master de l’ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Éducation) de l’Académie de Versailles, école de l’Université de Cergy-Pontoise, j’anime une série d’ateliers d’écriture à la Maison des Métallos, du 22 novembre au 13 décembre 2017.

Nous travaillerons avec une quinzaine de futurs enseignants et médiateurs d’arts, à partir de l’univers du spectacle Les monstrueuses, de Leïla Anis (auteure et comédienne) et Karim Hammiche (metteur en scène et comédien), à découvrir sur la scène de la Maison des Métallos, du 21 novembre au 2 décembre 2017.

Les Monstrueuses est la traversée d’une généalogie de femmes au vingtième siècle. Etre « mère » dans le sud de la France en 1913, qu’est-ce que ça veut dire ? Être fille au Yémen la même année, à quoi ça ressemble ? Et être mère à Paris en 1947 ? Et être fille en 1971 ?

Ella, jeune femme d’aujourd’hui, perd connaissance devant un laboratoire d’analyse médicale lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte. Elle se réveille dans une chambre d’hôpital…en 1929. Au gré de son amnésie post-traumatique, Ella parcourt le sillon emprunté par l’histoire des filles et des mères des générations qui l’ont précédée. Son voyage mental à travers plusieurs époques et plusieurs lieux dessinera alors la géographie de sa «  lignée  » féminine. Les Monstrueuses propose une traversée de l’Histoire des femmes au 20e siècle, entre deux continents, du Yémen à la France. Un voyage chez ces monstres-femmes ancestrales et leur propre rôle de gardienne et passeuse de la monstruosité  : culpabilité inavouable du fantasme d’infanticide, de l’introuvable instinct maternel, de velléités d’émancipation… Leïla Anis et Karim Hammiche livrent un récit intime des origines, haletant, victorieux, une épopée de la libération d’une fatalité «  genrée  ».

Les monstrueuses, de Leïla Anis, du 21 novembre au 2 décembre 2017.

Voici plusieurs pistes d’écriture que j’envisage d’aborder lors de ces ateliers :

La mécanique des femmes, Louis Calaferte, Gallimard, collection Folio, 1994.

Tenter de mettre à jour la spécificité du sexe opposé à partir de sa mécanique propre. Une accumulation de mots glanés au fil des jours qui disent le sexe, fragments du désir amoureux qui forment le texte.

Autobiographie, chapitre dix : poèmes avec des moments de repos en prose, Jacques Roubaud, Gallimard, 1977.

Demander aux participants de rapporter pour l’atelier trois livres importants pour eux afin de travailler à partir de ces textes lors de cette séance. Et s’approprier alors de manière irrévérencieuse tous les textes poétiques des ouvrages qu’on a tendance à présenter comme nos livres de chevet, nos livres de référence, en en tentant une réécriture qui se présente comme une nouvelle lecture.

Ceux qui songent avant l’aube, Jean-Louis Kuffer, Publie.net, 2010.

L’énumération comme arme pour dire le monde. La juxtaposition d’éléments forts, de haute gravité, ou à teneur politique, voire subversive, et d’éléments qui tout d’un coup provoquent le rire, ou la seule légèreté. Une énumération tient, c’est quand sa propre table des matières devient elle aussi une prouesse de langage.

Pour préciser et développer ce travail d’énumération, nous évoquerons également le livre de Velibor Čolić : Les Bosniaques : un recueil de portraits, d’anecdotes, de souvenirs plus vifs et violents les uns que les autres, qui dépeignent avec une justesse crue la dureté et l’absurdité de la guerre des Balkans et dénonce tout le tragique et l’absurde de ces conflits.

La paix saignée suivi de Contrées du corps natal, Marie-Claire Bancquart, Obsidiane, 2004.

Écrire sur les deux endroits géographiquement éloignés l’un de l’autre dont nos lignées paternelle et maternelle sont originaires. En ces lieux se confondent des histoires différentes. Collecter ces histoires, ces anecdotes, dans les archives familiales ou la mémoire locale et les restituer dans un poème où le questionnement ne porte pas tant sur sa vie que sur l’énigme que représentent toutes ces vies.

Photos de familles, Anne-Marie Garat, Seuil, 1994.

Demander aux participants de rapporter trois photographies de leur famille (s’inscrivant sur plusieurs générations) afin de travailler sur ces images lors de l’atelier.

« Imaginaire des photographies jamais faites, qu’il ne faut surtout pas faire, réservées. Je développe en chambre noire mes négatifs, mes images latentes. Elles montent, j’assiste à leur montée dans l’attente et le désir, et le travail, dans l’étude. »

Ateliers d’écriture à la Maison des Métallos
Publié le 17 novembre 2017
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