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Résidence d’écriture à Guebwiller en Alsace


Guebwiller, mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

Cette année, j’ai eu le plaisir d’être accueilli en résidence d’écriture invité par Xavier Galaup de la Médiathèque Départementale du Haut-Rhin pour une durée de 7 mois (de décembre 2011 à juin 2012) au collège de Buhl, au Lycée de Kastler ainsi qu’à la Médiathèque de Guebwiller.

Usine à Guebwiller, mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

Voici les compte-rendus de mes sept visites à Guebwiller, au fil du temps :

En décembre 2011.

En janvier 2012.

En mars 2012.

J’ai créé à cette occasion un livre numérique élaboré avec les textes des élèves de 2°4 du Lycée de Kastler à Guebwiller et de la classe de 3°3 du collège de Buhl, à partir du travail mené avec eux en ateliers d’écriture, d’un reportage photographique sur la ville et sa vallée, d’un portfolio de Samuel Spreyz autour des vestiges industrielles à Guebwiller.

Usine et camionnette de pompiers à Guebwiller, mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

Livre numérique (au format pdf et ePub) :

Au format ePub :



Au format pdf :



Livre numérique Guebwiller

 

 

 

 

 

 

 

Livre numérique Guebwiller

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici le début du texte écrit à l’occasion de ma résidence :

Une ville pour la découvrir, il faut s’y perdre, y marcher sans carte, juste la boussole intérieure et une heure ou un point de rendez-vous.

Une ville, c’est au fil des saisons, les impressions que nous en avons qui se transforment, évoluent, c’est un tableau mouvant, émouvant.

La ville, c’est celle que l’on écrit au fil des heures, avec notre corps, notre patience, notre regard, et toutes les villes dans lesquelles nous sommes déjà allés, dans lesquelles nous nous sommes déjà perdus et retrouvés.

Une ville, c’est aussi la liste exhaustive du nom de ses rues, ruelles, allées, avenues, places et impasses arpentée dans le désordre : rue Albert Schweitzer, rue Althoffer, rue Brigitte Schick, rue Casimir de Rathsamhausen, rue Charlemagne, rue Charles Biehler, rue Charles Kienzl, rue de Bapaume, rue de l’Abbé Braun, rue de l’Abbé Thomas, rue de l’Altrott, rue de l’Ancien Hôpital, rue de l’Ancien Presbytère, rue de l’Angreth, rue de l’Appenthal, rue de l’Artisanat, rue de l’Église, rue de l’Électricité, rue de l’ermite, rue de l’espérance, rue de l’Hôpital, rue de l’Hôtel de Ville, rue de l’Industrie, rue de l’Orphelinat, rue de la Breilmatt, rue de la Commanderie, rue de la Cour Franche, rue de la Filature, rue de la Fosse aux Loups, rue de la Gare, rue de la Kapellmatt, rue de la Madelon...

Guebwiller, mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

Puiser dans le nom de ces rues, les quartiers de cette ville que nous traversons, dans lequel nous passons, éphémère, matière à écrire, les lieux fonctionnant comme théâtre de la mémoire.

Impasse Charles Biehler, impasse de l’aubepine, impasse de la Pompe, impasse de la Porte de l’Ange, impasse de la Synagogue, impasse des Genets, impasse du Curé Lecoeur, impasse Jean Schlumberger, allée des Cèdres, allée des Prés, allée des Tilleuls, rue de la Marne, rue de la Monnaie, rue de la Piscine, rue de la Plaine, rue de la Porte haute, rue de la République, rue de la Somme, rue de la Source, rue de la Tuilerie, rue de Lucerne, rue de Lure, rue de Murbach, rue de Peronne, rue de Reims, rue de Verdun, rue des Alliés, rue des alouettes, rue des Anémones, rue des Armagnacs, rue des Arquebusiers, rue des Blés, rue des Bleuets, rue des Boulangers, rue des Bouleaux, rue des Bruyères, rue des Chanoines, rue des Châtaigniers, rue des Coquelicots, rue des Cordeliers, rue des Cours populaires...

Une ville ne tient parfois qu’à un fil. Tissu d’histoires dont chacun tire la couverture à soi.

Guebwiller, mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

Une ville, ce sont toutes ses heures creuses, ses instants où la rue principale, l’artère commerciale se vide presque entièrement, toutes les boutiques fermées ou presque, rares passants, et la ville rien qu’à soi, cette liberté passagère où tout nous appartient. « Comme un trou dans un tissu, un accroc dans la tessiture des jours. Une maille qui file. On ne sait pas jusqu’où ça ira. »

Quand nous égrenons la longue liste des rues, à chacune d’elles y associer le souvenir d’une image qui nous revient en tête : rue des Dominicains (les jeunes gens qui mangent leur sandwichs le midi sur les bancs en pierre, ou les amoureux qui s’y enlacent à la hâte entre deux cours), rue des églantines (la postière et son vélo jaune chargé de plis et de courriers divers), rue des fondeurs (un vieux couple qui se tient par la main), rue des Francs (les enfants qui jouent dans la cour de récréation de l’école élémentaire Jean Schlumberger), rue des jardins (une jeune femme blonde avec une longue veste crème, lit une lettre en marchant d’un pas vif), rue des joncs (dans un grand jardin à l’herbe rase, une fillette se balance seule sur une balançoire), rue des jonquilles (une femme chante à tue-tête), rue des Larrons (un homme à l’arrêt sur son VTT gris métallisé laisse passer une voiture), rue des lilas (un sac plastique coincé dans les bosquets se gonfle et claque au vent), rue des Malgré Nous (c’est l’heure d’affluence au Super U), rue des marguerites (une chaise blanche au milieu d’un jardin désert), rue des marronniers (une femme noire toute vêtue de rouge qui me regarde et ses deux enfants l’un devant elle et l’autre derrière, un peu à la traîne), rue des mûres (une voiture fait marche arrière, ce bruit si particulier), rue des pervenches (il pleut), rue des Poilus (les oiseaux chantent dans les haies), rue des primevères (j’entends un bruit sourd qui m’intrigue), rue des remparts (du linge de toutes les couleurs sur les balcons d’un immeuble), rue des tanneurs (les information à la radio), rue des tonneliers (un homme rit tout seul), rue des vergers (je ne rencontre personne à cette heure), rue des vignerons (une vielle dame qui rentre des courses, tire son chariot d’une main et un lourd sac rose dans l’autre, elle salue une femme brune qui promène son chien en laisse).

Guebwiller, mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

Livre numérique Guebwiller

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici le dernier reportage photo réalisé à Guebwiller :



À découvrir sur le Calice68, le site des catalogues centralisés des médiathèques du Haut-Rhin : reportage télé d’Alsace 20 avec des lycéens et leurs réactions au résultat de l’atelier d’écriture et de création de Guebwiller sous la forme d’un livre numérique, et plus largemenet leur rapport à cette nouvelle forme de lecture.



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