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LIMINAIRE
Journal versatile #4


« Je t’ai vu en ville aujourd’hui, dit l’écrivain lentement claquant de la langue pour goûter le vin qu’il venait de boire. Tu avais changé. Quand je te rencontrais, de temps en temps les autres fois, tu étais toujours pareil et pourtant je te voyais chaque fois autrement — c’était bien. Mais aujourd’hui tu avais changé parce que tu essayais désespérément d’avoir le même air que toujours. Tu t’appliquais avec tant de zèle à rester inchangé que j’en ai été rempli d’effroi comme face à quelqu’un de mort dont on voit tout à coup le sosie dans la rue. Tu étais à ce point pareil que je ne t’ai reconnu qu’à ton costume. D’ailleurs ça n’a pas pas de sens que tu fasses exprès maintenant de me regarder dans les yeux : tu ne peux plus me tromper de cette manière. »

L’heure de la sensation vraie, Peter Handke.

Depuis plusieurs semaines mon ami Arnold Pasquier est en repérage pour tourner un film au Brésil et notamment à São Paulo.

Photographies du bâtiment en pleine rénovation :



Le Mémorial de l’Amérique Latine, dans le quartier de Barra Funda a été inauguré par son architecte, Oscar Niemeyer, en 1989. Le mémorial est situé au nord-ouest de la ville dans un quartier industriel où le trafic est très dense (nombreuses routes, lignes de bus et de trains).

L’enfilade de trois toitures voûtées parallèles est supportée par des poutres. Niemeyer qualifiait ce type d’architecture « réduite à deux ou trois éléments ; claire, simple et différente. »

Le titre d’un article sur Internet attire mon attention : Loger les SDF coûterait moins cher que de les laisser dans la rue. Quelques jours plus tard, je découvre un site détournant la forme et le fonctionnement de la plateforme de réservation de logements Airbnb : NotFairBnb a été éalisé par l’association Solidarité Grands Froids, qui récolte des fonds au profit des sans-abris de Bruxelles grâce aux réservations virtuelles.



Un article de Gabriele Porrometo paru dans Numérama sur l’application Elevate qui permet à ses utilisateurs de composer un journal intime numérique, sans l’aspect communautaire qui peut devenir rapidement envahissant : Contre la mélancolie, Elevate archive vos meilleurs souvenirs sans like ni partage.

Selon le journaliste, l’application se présenterait comme un moyen de combattre la mélancolie, symptôme de la dépression, grâce à l’affichage de moments quotidiens simples, mais agréables. Watts affirme : « Je pense vraiment qu’un simple journal intime visuel de petits moments de bonheur, facilement ignorés, pourra aider quelqu’un à relativiser et mettre les choses en perspective quand la vie s’avère difficile. »

Je conseillerais plutôt de lire plutôt le dernier livre de Cécile Portier Les longs silences : « De nos vies nous ne voyons que les mécanismes ». Cécile Portier enregistre au plus ras de ce qui se passe, du temps qui ne passe pas. Et toujours, ce refus de se laisser enfermer, jusque dans ce qu’on attend d’elle.

Lire également le journal de Karl Dubost. Le 3 janvier dernier par exemple, dans son billet Pointer du doigt le ciel, il écrit :

« Ces rencontres de la vie matérielle sont des métamorphoses. Il suffit de pointer du doigt le ciel, de prendre le kinkan abandonné au sol que l’on aperçoit par la clôture et nous devenons cet instant de légèreté. »
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Tsujido, Japon, 3 janvier 2017, photographie de Karl Dubost

« Un jour il avait traversé tout Paris en métro par la ligne 9, rien que pour savoir ce que représentaient au juste les placards publicitaires pour DUBONNET dans les tunnels obscurs du métro, à intervalles réguliers entre les stations. La rame allait si vite qu’il ne voyait jamais que le même petit fragment de la publicité, jamais le tout et sans que ce fragment ne le renseigne. »

L’heure de la sensation vraie, Peter Handke.



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