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LIMINAIRE


Un monde dans lequel les images sont devenues le langage. On vit dans ce monde. C’est pour annoncer son départ. Un trou dans sa vie. La forme que ça prend. Il y a d’abord le sentiment vif de ne plus appartenir à une communauté. L’art n’efface pas la perte, il lui répond. La compassion et la crainte. Il est seul, celui qui parle. Regardez. Ouvrez les yeux. C’est à peine si on l’entend. Il invente, marchant dans les chances fatales. Seul, avec cette sensation d’isolement. Un peu de laideur, à peine, peut sauver. Que ce peu d’air suffise. C’est son seul bien, dit-il. Comme autant de chances de rendre à jamais présent ce qui paraît perdu. Un dire que sa restriction rend admirable. Il revient sur ses pas. Recule. Il y a un trou, un gouffre en lui. Le lien ne se fait pas. Il ne se fait plus. Il me semble également que tout est affaire de montage. Son visage reste un mur. Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi ? Dans les journaux en période de conflit, de catastrophe naturelle, le même phénomène se répète inlassablement. J’y verrai presque du progrès. De profonds changements dans la perception du monde. Inventer c’est sans doute un bien grand mot. Toute appréhension du dehors disparaît. Le trou que l’on creuse, langue dans laquelle on s’enterre, bouche pâteuse de mots creux. La crise que l’on parle a un goût amer, lacrymal. Et vous, ça va ?

Fruits sur la neige du marché de Valence

READY ALREADY
Publié le 22 janvier 2010
- Dans la rubrique JOURNAL
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