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LIMINAIRE
Sable et solde | 17


L’épuisement du voyageur explorant ce paysage inépuisable.


Longtemps que je n’avais pas remis le nez dans le code, pour mon projet des Lignes de désir, la nécessité de créer un site pour réunir en un lieu unique toutes les pistes de travail, les premières esquisses, et le texte en train de s’écrire, je m’y plonge à nouveau. Et c’est toujours le même phénomène que j’observe. Au début je n’y comprends rien, plus exactement, tout me semble trop simple, puis je me rends compte que c’est plus compliqué qu’il n’y paraît, j’arrive même à un point de rupture, proche de l’abandon, l’envie de tout laisser en plan, et je me laisse un jour avant de tout abandonner. Le lendemain les choses sur lesquelles jusque là je butais sans raison fonctionnent et tout me paraît plus clair, pas facile, il faut du travail, mais ce n’est plus bloqué, c’est en ordre de marche, il suffit désormais de s’y mettre activement et le tour est joué.

Pour sortir de certaines impasses face auxquelles je me trouvais confronté, j’ai tenté des expériences, fait de nombreux essais, et d’infructueuses recherches sur Internet. Difficile de trouver la bonne information sur les forums informatiques qui pullulent sur le réseau, tout d’abord parce que l’information n’y est pas toujours très récentes, actualisée et que cette forme du forum, de la discussion qui s’empile avec le temps et s’agrémente souvent de provocations, de tiraillements, de détours, de bavardages oiseux ou de blagues vaseuses est comme une conversation dont on aurait gardé une trace écrite avec toutes les apartés inutiles et encombrantes.

Sur un site, j’ai été dirigé vers une page d’erreur, la fameuse page 404. Mais celle-ci avait la particularité de mettre en avant le portrait d’un garçon disparu depuis peu dans le Sud de la France. J’ai été un peu surpris par la démarche, et lorsque je suis revenu sur cette page, j’ai découvert un autre portrait, un adolescent disparu dans une autre région française.

Sur certaines de nos recherches sur Internet il arrive que l’on emprunte plusieurs fois les mêmes chemins, que l’on reprenne systématiquement les mêmes itinéraires (cela arrive également dans une ville qu’on découvre et dans laquelle on se perd, cet erreur s’inscrit durablement en nous et lorsque nous revenons dans ce lieu, longtemps après, nous avons tendance à reproduire notre erreur. Refaire le même chemin, pour nous perdre à nouveau). En y retournant c’était un autre portrait, un adolescent disparu dans une autre région française.

Le dispositif notfound.org propose de remplacer les pages 404 par des avis de disparitions d’enfants ou de jeunes adultes.

Comment transformer une page internet qui ne sert à rien en la rendant utile ?

Apprendre de nos erreurs, les transformer en événement positif, utile.

Les Disparus #05 © Yannick Vallet

 

 

 

 

 

 

 

Je me suis rappelé dans un même ordre d’idée des CAPTCHA qui permettent de différencier de manière automatisée un utilisateur humain d’un ordinateur qui prend la forme d’un défi-réponse, largement utilisés dans le domaine de l’informatique, dans les formulaires notamment pour se prémunir contre les soumissions automatisées et intensives réalisées par des robots malveillants. L’acronyme CAPTCHA est basé sur le mot capture, et vient de l’anglais completely automated public Turing test to tell computers and humans apart.

J’avais lu que pour la numérisation de livres : le reCAPTCHA propose deux mots dont le premier est connu et sert de CAPTCHA et dont le second est incertain voire inconnu car issu de la numérisation d’un livre. Cela permet d’aider à la numérisation de textes mal scannés.

Le reCAPTCHA est donc un système qui met à profit les capacités de reconnaissance des utilisateurs humains mobilisées par les tests Captcha, pour améliorer par la même occasion le processus de numérisation de livres, là où échouent les systèmes de reconnaissance optique de caractères (OCR).

Série de Polaroïds Les Disparus, 2009 - Photo © Yannick Vallet

 

 

 

 

 

 

 

Depuis notre rencontre en ligne, à propos de la Cute Car, et la découverte de son travail photographique, je vois des bancs partout et je les photographie en pensant à lui et à sa belle série, dont il a d’ailleurs tiré un livre. Yannick Vallet mène également une très belle série intitulée : Les disparus.

« Ceux qui ont franchi la ligne pour un autre ailleurs. Vers une autre vie ou un autre lieu. Un au-delà ou un autre monde. Vers une autre normalité ou pour un autre présent. Ceux-là sont les Disparus. »

Cette série est régulièrement accompagnée par le groupe Rouge Kiwi qui crée spécialement des chansons pour certain dyptique.




Rue Rodier, Paris 9, lundi 25 juin 2012, 16h45.

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographie Planche-contact du lundi 25 juin 2012, à 16h45, Rue Rodier, Paris 9e.



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