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LIMINAIRE


Oublier de quelle façon on se regarde solitaire. Dans une sorte de familiarité usée, comme avec une ombre, comme avec ces choses de tous les jours que finalement je ne vois plus et que la vie a passées à la grisaille. Mon corps, c’est le lieu sans recours auquel je suis condamné. C’est le pays où les corps se transportent aussi vite que la lumière, le temps d’un éclair. À travers les fenêtres de mes yeux. La probabilité que ça arrive ou que ça n’arrive pas. D’où, sans doute, l’effet de ressassement, de piétinement intérieur. Porter à une distance raisonnable. Pour aller un peu plus loin. Pour réapprendre ce qu’on a perdu et qui, lentement, péniblement, au bout d’un certain temps, revient quand même. Combien de visages croisés le long des rues qui en rappelaient d’autres, passés, perdus ? On ne sait pas qui ils sont. Regard jamais croisé mais tout de même, quelque chose de connu.

Le temps d’un éclair
Publié le 28 avril 2010
- Dans la rubrique JOURNAL
Lumière Temps Regard Fenêtre Corps Visage






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