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LIMINAIRE
Lundi 18 octobre 2010


Paysage de l'Hérault

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous, les autres, moi. Et un soir la nuit tombe. Dans quelle ville sommes-nous ? L’expérience d’une distance. Sur quoi toute ma tristesse se dissipe débordant de rêves inachevés. Mais sa lumière est comme retenue par un mur. Avec un bruit sourd. La journée a passé. On attend si bien d’ailleurs que tout s’embrouille. On efface, à mesure, on recommence. Et on ne sait si c’est la nuit ou le jour.

Une force irrésistible m’appelle ailleurs. Comme un fil parmi d’autres dans une trame, dans leur présence pourtant si dense. En fait, c’est comme si je ne pouvais même pas situer dans l’esprit ce qui pourtant me préoccupe le plus. S’enfiévrer à l’idée de ce qui aurait pu être ? S’emplir, se déchirer de visions dans des salles vides ? Cette musique des formes, cette assurance tranquille. Ah, voyez-vous, tout est là.

Paysage de l'Hérault

 

 

 

 

 

 

 

 

Oublier l’idée d’un message et penser le simultané faute de saisir l’absolu. Nous sommes bien plus que la somme ! Et sans former de phrases, dans l’immensité de l’instant. J’épie ces mouvements de dissociation. Et je reprends ma marche en avant, dans la nuit ambiante. D’un seul tenant, d’un seul sens. Rien ne se perd, je sais. Une intuition qu’on peut vivre enfin, d’un élan.

Cette fièvre dans l’énigme, d’un dehors qui serait un dedans. Et nous nous disons que son cœur bat. L’oreille peut y entrer sans obstacle, et c’est aux dépens des rapprochements, des mesures. Apprécier ces éléments de composition, de rythme, de silence, de bruissement dans les marges. Je n’ai fait sur le moment qu’écouter. C’est ce que quelqu’un insinue déjà. Je suis sûr que tu as vu quelque chose ?

En voiture dans l'Hérault

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais il fait nuit, maintenant. Et c’est cela qui peut faire peur ? La différence, on ne peut pas la décrire. Et pas même d’autres visages, d’autres regards. Le passé est autre. Nous rapprochons ces lambeaux, ces couleurs, ces signes, nous recousons. L’écriture, ce n’est qu’un sceau. Une autre idée de récit. Et moi peut-être, enfant. Mon souvenir, je ne le mets pas en doute.

Simplement du temps s’est écoulé. Ce sentiment, c’est difficile à dire d’un mot. Comme une certaine parole, un sens mais aussi une raison à le dire. Ce lieu de nos images. Comment vivre si l’on n’est pas l’origine ? Il ne me reste qu’à rassembler, pour recommencer à comprendre. En tant qu’inachèvement, c’est-à-dire manque, une sorte d’image, ce n’est que ce qu’on éprouve quand on reste reclus en soi.

A PORTRAIT DESTROYED BY FIRE
Publié le 18 octobre 2010
- Dans la rubrique JOURNAL
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