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LIMINAIRE
Nous savons jouir de la répétition



Dans le baiser de qui la langue est dans la bouche de qui ; deux langues sont dans deux bouches, une et une langue est dans une et une bouche, deux langues sont le baiser. Ainsi la lumière dans l’avenue, l’avenue dans la lumière, la lumière dans la pluie et la pluie dans la lumière selon une incessante alternance. Heureusement sinon comment le baiser, langue dessus langue dessous et cependant partout sinon comment toi et moi lui elle cependant que nous sous la fluidité ne sentons pas comme ça griffe ça râpe ça saigne et fait goutter le pas à pas allant jusqu’à toi à quoi ton bout du tas su monde quoi t’as à ton bout du monde. Mon histoire. C’est ça ou le sommeil.

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Le caillou dressé sur la caillasse couche. Au commencement le caillou dans la caillasse couchée n’est pas distinct de l’intention de le relever. C’est après qu’il a été levé que quelque chose s’est passé dans la pensée. Comme si c’était lui qui s’était levé pour dresser la pensée. De là qu’on puisse croire à un dieu comme à celui qui a fait lever le caillou pour être adoré comme ce caillou qu’il est comme si c’était le caillou qui de lui-même s’était levé pour être adoré. Comme si le dieu n’était que l’irréversible de l’advenu attribu par rétrospection au non encore advenu. Comme s’il était un advenu en réserve, un irréversible non advenu infinitivement tant prêt douer l’irréversible advenu de réversibilité. Cependant que c’est dans la pierre que vibre enferme la relation de l’irréversible au réversible de l’impensable au pensée le dieu qui peut faire que l’advenu ne soit plus advenu rendre à l’impensable le pense : la pierre de dieu.

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Nous ne sentons rien de tout cela nous savons jouir de la répétition nous sommes des personnes nous savons nous changer nos personnes nous avons ne pas être seuls nous savons jouir d’être l’un dans l’autre nous savons définir ce qui nous manque et ainsi nous en accomoder nous savons passer du moi au il du toi au elle du nous au vous et inversement du masculin au féminin nous savons jouir de l’échange de nos sexes nous savons reconnaître le mythe du réel raisonné nous savons jouir raisonnablement des mythes d’échange des sexes et des personnes et de leurs conséquences et de leurs conséquences, nous savons tre tels que nous sont et nous conserver tels, nous savons aimer, nous sommes le savoir même, nous n’avons pas de faculté pour l’ignorance, nous savons exiger l’exigible et rechercher ce qui est, tant que nous sont nous ignorons que tu es : tu n’es pas ; nous ne pouvons être que tu sois tu n’as pas de place avec ta main sans ta main au bout de ton bras ton seulement toi dans seulement cette place seulement allant dans seulement ce là, ta grammaire est bonne pour le sommeil si tu ne veux pas de la nôtre rendors-toi

Marc Cholodenko

NYC
Publié le 23 janvier 2006
- Dans la rubrique ENTRE LES LIGNES
Sommeil Écriture Langage Citation Fragment Inventaire Histoire






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