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LIMINAIRE
Contacts successifs #1


Le photographie ne travaille pas dans le présent mais dans le futur antérieur, permettant de découvrir plus tard ce qui a été vu, une fois lʼimage révélée. Vivre le présent de son expérience comme le passé dʼun futur. Mais ne garder que l’essentiel, selon le principe des contacts successifs. Deux photos choisies de manière arbitraire selon leur numéro identique. Ce que l’on retient, des captures d’instants dont la juxtaposition raconte les coïncidences et les rencontres, notre cheminement dans l’image.

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Contacts successifs, de Pierre Ménard : IMG_4859

Chaque photographie, comme dans une spirale, porte en elle le souvenir de celles qui la précèdent.

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Le Vesuve, depuis le quartier du Vomero, à Naples, le 18 avril 2014

Le dialogue secret entre deux images, formes, couleurs, circulations secrètes, ce que l’on y voit et ce qui s’y passe. Mon corps se souvient de la sensation. Un paysage dont l’apparente stabilité dissimule quantité de minuscules événements. Les nuages dans le ciel grisé se transforment en volcan. Deux lieux en temps disjoints, leur relation. Temps vécu et temps représenté. Et l’étincelle qui jaillit dans mon souvenir, produit une nouvelle image. D’où vient la lumière ?

Chemin suivi, descendre la volée de marche et découvrir ce qui se trouve en bas, sur le quai, caché. J’observe, retenant ma respiration. À l’affût. Un mouvement interrompu, dans la prise de risque du virage. Franchir les frontières de son pays personnel. L’inacceptable écoulement du temps, cette dimension abstraite qui semble devoir échapper à la fixité de l’image. Dans sa continuité et son abstraction. Nulle ombre.

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Quai d’Orléans, Paris 4e, le 10 Juillet 2010

L’image marque toujours un temps d’arrêt. Ce que l’on a fait avant, ce que l’on fera après, cette frontière, au bord du vertige. Un temps immobile. Ce que l’on voit en surface, indice révélateur, nous détourne. Un autre chemin s’ouvre alors à nous, sans que l’on sache où il nous mène, comme si le sol glissait sous nos pieds. Pour mieux se perdre. L’imprévu transforme l’image de cette femme. Son corps dolent, exposé au soleil, nous barre le chemin tout en nous attirant. À l’opposé cet immeuble mis à l’index se dresse au milieu d’un paysage urbain dans lequel il n’a pas sa place, incongru.

Un pays à explorer. La photo, c’est ce qui précède dit-elle en tournant avec délice les pages de son livre. J’essaye de comprendre ce qui relie ces deux images dont la juxtaposition est une construction hasardeuse, mais qui possède des liens secrets puisque je l’ai choisie, des liens qui se sont imposés à moi. Dans un paysage dont l’apparente stabilité dissimule quantité de minuscules événements. Un regard suffit pour les vivre.



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