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LIMINAIRE
je ne prépare rien,                 rien du tout
un tout que je laisse m’écraser l’ombre jusqu’à s’asseoir sur ses genoux
un tout que j’avale en faisant comme si l’air tait d’air et non pas le lieu
du vertige je ne prépare rien,                 rien devant
Je laisse faire le vide,        se faire vide est la chose la plus difficile que je
connaisse, yvonne sans cesse m’y rejoint,
je la chasse d’un revers de mouche
mais elle obstinée ...       je la laisse,         la laisse se vider
alors vides yvonne et moi-même, allons
de loin, on les dirait causantes, dans l’allée des jardins, puis débouchent sur
l’avenue coupe d’un dos d’âne pour ralentissement de rigueur
/  votre empesé m’obsède, savez vous ? ce revêche du ton, resserrement 
des mots autour d’eux-mêmes jusqu’au fil inaudible, je m’y cogne
/ ces
larges avenues amputes de leur vitesse par des renflements successifs,
artères vides de sang dans lesquelles bourdonnent le gris des insectes
La tête comme avenue grouillante

de loin, on les diraient aimantes, gestes suspendus, ralentis, dont
l’élan se brise à mi-course subitement stoppé se termine en absence
cependant que leurs visages semblent si proches /
vos cils me frôlent /
comme vos mots s’émoussent avant qu’ils ne m’abordent / lèvres mobiles
d’un film muet, je mettrai d’autres mots dans votre bouche souple
d’un aller sans retour /
je ne réponds de rien.

flanc sur champ
Par Jivezi
Publié le 13 mai 2005
- Dans la rubrique ENTRE LES LIGNES
Langage Corps Visage






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