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LIMINAIRE
Drone & Rodolphe Gissinger


Musique composée par Rodolphe Gissinger et Philippe Zulaica excepté le morceau n°04 composé par Aurore Dudevant et Philippe Zulaica.

sur l’écran souvent le film je ne le vois plus distrait par le son, les bruits me portent loin de l’image je ne vois plus rien à l’écran que la bande originale. le contraire est vrai souvent. une bande son c’est un film sans image. profonde mélancolie teinte de douceur, de fragilité. tension. fonds sonores vacillants, violons violents. le ton est donné. clarinette, piano. le mouvement cyclique la forme lumineuse double bobine, ne vaudrait-il pas mieux parler ici de la douceur du piano ? une mélodie triste, des bourdonnements mortuaires. c’est lourd, c’est étouffant. toujours avec ce ton grave, mais donnant une impression de panique, on ne sait plus à l’on est, léger informe, comme si tout s’écroulait autour de nous. dans la chute.

anomalie : on avance lentement dans le noir progression incertaine, puis c’est au tour des violons de nous raconter l’histoire. une variation au déroulement prévisible sur la guerre des sexes ou un film de guerre exotique pataud ou une adroite série b d’horreur mais un homme se fait licencier par son patron votre colonne vertébrale tremble, tel est l’histoire de cet album à écouter sans retenue. il n’y a pas d’histoire et vous en êtes le héros. seulement cinq morceaux. toujours aussi beau, aussi spécial, aussi long aussi progressif.



kino : lointain souvenir de cinéma, la fatigue est plus forte, combat inégal, je m’endors pendant le film, ce que j’entends dans mon sommeil, fil continu avec le récit sur l’écran, pourtant quand j’ouvre les yeux nouveau, présent dans un autre endroit, ailleurs tout à coup. Les morceaux sont de vraies histoires avec plusieurs actes et donc plusieurs thèmes. Les choses sont noires. leur couleur.



contact : dans le piano nous entrons directement, tête la première l’intérieur même de ses sons métalliques. Cage saccagée. le bruit écoutons-le le délié l’emporte feuilles de papier pliées et collées. violents tons.



correct : dans son ensemble, cet album est doux, mélodies mélancoliques, peut-être plus accessibles. cela ne veut rien dire. comme vous pouvez le voir sur ces images la vie continue à Bagdad. on entre dans une pièce différente à chaque fois, sans jamais savoir à l’on est. ils deviennent interactifs, on s’y abrite, on s’y enveloppe, les matériaux changent, translucides, légers, la question demeure encore sans réponse, car la légèreté doit demeurer absolue.



fraulein : je la vois danser, elle court sur le plateau nu, ses pas dans sa course forment un rond, un cercle de plus en plus large, ses bras ballants le long du corps, de plus en plus vite, elle tourne, elle tourne, jusqu’à puisement des stocks d’émotions, elle se couche, je ferme les yeux dans la chute.



Texte écrit en 2005 à la sortie de cet album.

1 commentaire
  • Décorum 13 février 2011 15:23

    Et aujourd’hui, s’il fallait réécrire ?

Décorum
Publié le 12 février 2011
- Dans la rubrique ENTRE LES LIGNES
Sons Silence Écho Souffle Musique Fragment Jeu






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