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LIMINAIRE
Les lignes de désir


Les lignes de désir, récit à lecture aléatoire, résulte de la contrainte d’une écriture en ligne, réalisée directement sur Internet, en 2010 et 2011.

Associant dans une construction par affinités de timbres, échos, contrepoints, par tensions, intensités des textes écrits à partir d’ateliers d’écriture sur la ville, de descriptions de la ville par le biais de diptyques photographiques déclencheurs de l’écriture, de réflexions sur les lignes de désir et la sérendipité, de faits divers et d’inventaires urbains, de récits de promenades géolocalisés, dérives et chemins de traverses, des micro-fictions et d’un journal de travail en fragments sur Twitter, le dispositif a pour but de permettre progressivement la création d’une fiction à lecture et circulation aléatoire. Le récit n’est pas celui d’un voyage, mais de récits brefs au sein d’un récit, le voyage permettant cette enchâssement d’histoires, coupures, recoupes, pauses qui font éclater la continuité du récit, à partir de l’expérience quotidienne de la ville, dans la rumeur du monde qui nous entoure, le flux incessant des rues, des passants, les trajets et leurs traces.

Ce texte se compose d’une suite de monologues qui se font échos parfois dialoguent ou s’interrompent, écriture mosaïque, micros-fictions, ressassement de mots en mouvement dans le sens d’une marche en avant, dans le bruissement, la rumeur de la ville, son quotidien, non pas le spectaculaire de l’actualité mais ce qu’on ne voit pas puisqu’on y est immergé.

« Le rythme, écrit Paul Valéry, c’est quand le successif a quelque chose du simultané. »

Le rythme fait se répondre, se mêler les éléments discontinus, hétérogènes, donc successifs de ces monologues, dans le présent de l’écriture, qui les rend, en quelque sorte simultanés. Multiples voies et voix possibles d’un monologue en dialogue de sourd, pour restaurer ce Soi malmené, effrangé par la vie, menacé par sa fin.

Un livre devient un autre livre à chaque fois que nous le lisons. Un livre se réinvente à chaque lecture. Une ville c’est pareille invention, à chaque vision, voyage, chaque parcours la transforme. La trace du parcours, en soi, trajet imaginaire de la ville en mouvements infimes. Le livre est une étape du processus de création, c’est un autre objet que le site.

Ce projet d’édition est protéiforme. J’imagine un texte dont la publication ne retiendrait qu’une sélection aléatoire dans l’ensemble des fragments écrits (et à chaque nouvelle impression, une nouvelle version créant ainsi autant de versions collectors de ce récit), mais aussi une version sous forme de cartes à jouer (tirage limité façon livre d’artiste), un site (avec des promenades sonores (ambiance ville lecture de fragments du texte et création musicale), des diaporamas de trajets à rejouer à travers la ville), une application iPhone/iPad (permettant une écoute mobile de ces parcours poétiques) et des performances .

Du lundi 31 mai au jeudi 3 juin 2010, une version du texte Les lignes de désir (extrait du texte en cours d’écriture) a été diffusé dans l’émission de Thomas Baumgartner, Les Passagers de la Nuit, séquence 2 voix 5 minutes, en quatre épisodes, par Rebecca Stella et Olivier Claverie (comédiens). Réalisation d’Anne-Pascale Desvignes.

1 commentaire
  • Récit à lecture aléatoire 24 juin 2010 15:36, par maryse hache

    après le dormeur de ville et à l’ombre je lis train-train quotidien / aime beaucoup et le titre du récit Les lignes du désir dont ce sont des fragments et les dits fragments, et les images, ces diptyques photographiques déclencheurs

    aime aussi la contrainte à soi-même imposée / le va et vient entre désir du titre et contrainte me rappelle que oui le désir exerce sur nous des lignes de contrainte auxquelles nous donnons souvent notre assentiment, et cela circule dans des dérives et chemins de traverse aléatoires

    ainsi me semble aller souvent la vie et peut-être est-ce cet écho de vie que j’entends dans la proposition de lexture (tiens, si je laissais ce lapsus pas calami) et circulation aléatoire / aime cet aléatoire à qui donner hospitalité

    remercie, et comme lire fait écrire, remercie aussi pour le tremplin

    Voir en ligne : http://www.semenoir.typepad.fr

Récit à lecture aléatoire
Publié le 17 mai 2010
- Dans la rubrique DÉRIVES
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