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LIMINAIRE
Les lignes de désir


Mieux envelopper, marcher. Sans devanture et sans relief il va falloir se projeter. Comment dire, dedans ? Ce n’est pas comme dans l’attention flottante, le monde continue de se produire, les bruits agacent, les odeurs ondulent. On ne peut pas tous intervenir à chaque instant. Pendant ce temps, les corps en suspens, autour de nous tout continue à fonctionner à même allure, rythme inchangé. L’attente diffère le moment qui s’est arrêté. C’est d’ailleurs ce qui se dit dans le même temps. Un penchant pour la perspective. Les vitres décloisonnent l’espace. Mais je ne ressens pas la transparence comme une attaque. La proximité efface la peau. Le contact est un oubli de tout ce qui nous entoure, tout ce qui, à portée de mains, est désirable. Il suffit d’un geste, d’un mouvement, d’un pas en avant. Puis le mouvement, l’ondulation fait le reste, l’agence tendrement. Des boucles, des recommencements, des ondes. Toujours plus s’enfoncer dans l’inconnu, le noir de nos envies, sans espoir de retour.

Marseille

 

 

 

 

 

 

 

 

J’avance vers toi, vers vous. Je ne sais déjà plus comment il faut dire. Ce n’est pas si vieux, si lointain pourtant. Je te regarde, t’observe. Je vous vois en contre-jour. L’air autour de nous, et l’envie de disparaître, de s’effacer. Degrés plutôt que progrès. J’avance à pas lents, ralentis par l’émotion, Longtemps nous restons face à face, jusqu’au bout. Les allées et venues, les ombres nous effleurent. On va voir si ça tient. Devenir le polyvalent, ce dont on ne se rend pas compte lorsqu’on est un polyvalent. Un jour fixe mais sans la régularité. Dans le sens de, fabriquer ? On avait envisagé de trouver quelqu’un qui pourrait nous forger une ligne de conduite, nous indiquer le chemin à suivre, de peur de se perdre. La ligne continue, concaténée. Tout droit, continuer tout droit. Mais nous repartons en sens inverse. La diversion du moment change toutes les semaines. Un temps intermédiaire reste un temps de tous les instants. Oui, certainement. C’est l’heure. De la fin d’être différé.

Marseille

 

 

 

 

 

 

 

 

Attention flottante
Publié le 3 août 2010
- Dans la rubrique DÉRIVES
Lumière Temps Regard Couple Fenêtre Dérive Jour Corps Sens Monde Les lignes de désir






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