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LIMINAIRE
L’étrange mystère des espaces qui nous entourent


Au-dessus du fleuve la lumière retient le regard, le soleil joue son rôle. Sur les rides de l’eau. L’air immobile ombre les arbres bleus. D’où il est aucun seuil ne s’ouvre – un miroir inverse la scène. La présence ne se peut brider : la traverser, c’est la contraindre, saisir combien près l’on sera. Cette impression de finitude, cette épiphanie du regard qui embrasse. Si petit au bout de la route derrière moi. Il faut répéter le mot le répéter. Dans la couleur du jour la couleur de la nuit mêlées.

Apprendre à regarder nos pensées et celles des autres comme des objets extérieurs. Trouver le trajet nécessite de longues flâneries au bord. Tout près devant soi alors qu’on croyait l’avoir perdu. Rien ne bougeait. Les domiciles au loin se recouvraient de teintes vives. La structure de nouveau se met en place, et se rejoue à l’identique. Les lignes forment une marge. Le croisement de ces lignes et de ces courbes sous un ciel pur. Le désir et le plaisir renouvelé d’écrire et de rebondir. A la fois rupture et début. Occuper l’espace. Regrouper les données, le temps en marche. Apprendre à lire entre les lignes. Apprendre à glisser entre les lignes. Mais ce trajet est paradoxalement toujours le même et jamais le même. Mon corps m’échappe. Sa chute sans fin. Je me demande comment remplir les cases vides. Non pas raconter ma vie, mais comprendre, comprendre grâce à ma vie. Le jeu de la présence de soi au monde. Des grands nuages blancs. Et puis un trou noir de silence. Plus tard : se relever.

Nous entrons en contact avec l’étrange mystère des espaces qui nous entourent. À aucun moment nous ne doutons de ce que nous ressentons, pourtant rien n’y est moins changeant et mobile que nulle part ailleurs. C’est un endroit qui se transforme à mesure qu’on y avance. Sa métamorphose ne l’empêche pas de craindre d’être un jour ou l’autre démasqué. Avec le temps cela devient de plus en plus improbable. Nous voulons être distraits et attentifs. Une manière de considérer la vie. Disparition et conséquences. La lumière des images qui défilent.



Apprendre à regarder nos pensées
Publié le 21 juillet 2017
- Dans la rubrique DÉRIVES
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