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Intervention artistique sur les murs de Toulouse


L’artiste Paolo Cirio qui s’attaque à Google Street View à travers sa série Street Ghosts qui reproduit des silhouettes capturées par la caméra intrusive de Google et les reproduit en taille réelle sur les murs des rues de Londres, Berlin ou encore New York, est l’invité des Empreintes numériques qui lui consacre une exposition.

Mercredi 8 avril, l’artiste a sillonné les rues ensoleillées de Toulouse pour installer dans l’espace public ces silhouettes spectrales en basse définition aux visages floutés, dans un circuit partant du Centre Bellegarde pour rejoindre la place du Capitole.

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Street Ghost de Paolo Cirio rue des Trois Renards, à Toulouse

Ces silhouettes éphémères, aux contours informes, aux couleurs délavées, pixélisées, imprimées sur un papier épais, sont découpées sur place par l’artiste, apparitions surgies de la mémoire versatile de nos archives digitales, avant de disparaître sans doute dans quelques jours, après nous avoir durablement impressionné, marqué, pour nous hanter dans le monde réel.



Ces figures évanescentes, silhouettes numériques, extraites du net, prennent vie sur les murs de Toulouse, à l’endroit même où elles ont été enregistrées, quelques mois, quelques années auparavant.



« Comme ces images accessibles sont celles d’individus prises sans leur autorisation, je renverse l’acte. J’ai pris les images des individus sans l’autorisation de Google et je les ai posté sur les murs publics. Une manière de recontextualiser non seulement ces données numériques mais aussi de mettre en scène un conflit, celui qui oppose intérêts publics et privés dans la lutte pour le contrôle de notre intimité et de nos habitudes. Ces corps humains fantomatiques sont les victimes de la guerre de l’information dans la ville, un enregistrement éphémères des dommages collatéraux de la bataille entre les multinationales, les gouvernements les civils et les algorithmes », déclare l’artiste sur son site.
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Paolo Cirio au travail rue du Taur à Toulouse

Ces interventions de Paolo Cirio dénoncent le stockage illimité que Google impose à nos vies, de nos corps, jusqu’à créer des fantômes. Des fantômes pour l’artiste car tués selon lui par la caméra de Google, ces figures continuent de vivre numériquement dans les archives de l’entreprise.

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Paolo Cirio photographie son installation après collage rue du Taur à Toulouse


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