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LIMINAIRE
Vidéo d’une lecture croisée avec Cécile Portier


J’ai été invité à participer à la journée professionnelle conçue par Guénaël Boutouillet pour le CRL Pays de Loire, qui s’est déroulée le 15 décembre 2011, dans les locaux de la Bibliothèque universitaire Saint-Serge, à Angers.

Les grandes lignes de mon intervention lors de cette journée se trouvent réunies dans cet article présentant mon travail : À l’ère du web, la forme d’un livre change plus vite hélas que le cœur d’un mortel...

Capture d'écran de Google Street View

 

 

 

 

 

 

 

Nos modes de lecture changent, notre écriture évolue avec le web. Il nous faut articuler livre et internet de manière neuve. Inventer de nouvelles formes éditoriales pour faire reculer les frontières du livre. Ainsi l’œuvre n’est jamais la même lorsqu’elle s’inscrit dans des formes distinctes. À chaque fois, elle porte une signification différente. Il faut expérimenter en dehors de nos zones de confort, exploiter les outils et médias du web pour développer de nouvelles manières d’écrire, de raconter des histoires, de représenter le monde, ce qui ne peut que démultiplier ce qui définit au fond le livre, la part de l’imaginaire, le travail de la langue.

Le passage du désir, Paris

 

 

 

 

 

 

 

À l’issue de cette journée, plusieurs auteurs de Publie.net étaient réunis pour une soirée de lectures et de performances littérature et numérique, avec Joachim Séné Pierre Ménard & Cécile Portier, François Bon (qui a lu Daniel Bourrion), Antoine Emaz.

Voici les textes que nous avons écrits et lus ce soir-là, Cécile Portier et moi, à la soirée Publie.net, avec un montage de captures d’images provenant de Google Street View : Le Passage du désir.



Peu de temps avant de mettre en ligne cette vidéo que Cécile a présentée fin mars aux Sondes de la Chartreuse, dans le cadre de Etant donné, son projet artistique sur la mise en données du réel et de nos vies, notamment par les traces que nous laissons sur les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les technologies de géolocalisation, j’ai découvert cette vidéo de Jon Rafman, artiste qui travaille depuis quelques sur Google Street View : The Nine Eyes of Google Street View, dont on peut voir également une sélection sur son blog : 9eyes.

Capture d'écran de Google Street View

 

 

 

 

 

 

 

You, The world and I, est une courte fiction qui raconte l’histoire d’un homme qui voyage autour du globe virtuel dans les endroits qu’il a visité avec la femme qu’il aimait, espérant trouver des images d’elles saisies de manière aléatoire par la voiture de Google.



Un trou noir dans Google Street View

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme je l’écrivais en novembre 2010 dans Pourquoi vouloir voir le monde en vrai ? se promener dans Google Street View c’est raviver une série d’images insolites des paysages intérieurs du temps. »

« En immersion dans l’image, l’avancée est lente, renforçant si besoin l’impression onirique d’une marche nocturne en plein jour (un projet de Google Street View nocturne serait-il envisageable dans nos villes où la nuit profonde n’existe plus depuis l’apparition de l’électricité ?). Au détour d’une rue, un détail attire notre attention, un passant dans une posture étrange, une silhouette que l’on croit reconnaître fugitivement, la beauté d’un paysage, une déformation de l’image provoquée par la prise de vue en mouvement à 360° ou celle d’un visage le transformant soudain en monstre, l’apparition de fantôme (être à peine enregistré par la photographie dont il ne reste qu’une vague trace, un lieu inconnu, un endroit qui n’existe plus (ou plus comme on l’a connu (chantier de construction, déviation, no man’s land, lieux détruits par une catastrophe naturelle ou un accident, rayés de la carte du jour au lendemain (de son image)), un endroit qui a changé dans l’image et la mémoire qu’on en avait. Comme dans le récit singulier de La jetée de Chris Marker, qui représente une face de la réalité. Les souvenirs que l’on a d’un moment de sa vie sont partiels, tronqués et lorsqu’on regarde un album photo, les souvenirs viennent dans le désordre avec des « sauts dans le temps. » »

3 commentaires
  • Le Passage du désir 30 mars 2012 07:15

    Quel joli titre. Pourquoi un tel nom à cet endroit ?

  • Le Passage du désir 30 mars 2012 09:30, par amira

    extrait de l’explication sur Wiki (j’adore) : « l’ouverture de la rue Neuve de la Fidélité[2], elle-même ayant été la transformation de l’impasse de la Fidélité qui débouchait à peu près au milieu du passage du Désir, sans le diviser. » !



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