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Plan-séquence à travers Paris


Le metteur en scène français Claude Lelouch réalise en 1976 un court-métrage C’était un rendez vous où un homme traverse Paris en voiture très tôt un matin d’été pour retrouver une jeune femme à Montmartre.



Le film montre, pendant un peu plus de 8 minutes, une traversée de Paris à grande vitesse, réalisée en un seul plan-séquence filmé depuis l’avant d’une voiture, au petit matin (5h) d’août 1976. L’image est accompagnée d’une bande-son composée de bruitages : bruit du moteur, changements de vitesse et crissement de pneus. La voiture n’est jamais montrée : si l’on en juge la position relative des autres voitures, la caméra est attachée au pare-choc avant.

Claude Lelouch a refait le parcours en 2006 pour mettre fin à toutes les questions que se posaient les internautes sur le film (quel voiture, quel pilote ?...) à travers un making off.



« Je venais d’achever le tournage de Si c’était à refaire déclare Claude Lelouch sur son site. Quand un film se t"ermine", on effectue les rendus. J’ai donc demandé à mon régisseur quel métrage de pellicule il nous restait. Après inventaire, nous avions pas mal de chutes, entre 3000 et 4000 mètres au total. Beaucoup de petits rouleaux de 30 ou 50 mètres, mais aussi un magasin de 300 mètres, qu’il était prévu de rendre. Moi, j’avais envie de faire un court métrage que nous aurions placé en première partie du film. Depuis longtemps je voulais raconter l’histoire d’un type en retard à un rendez vous qui commet plein d’infractions pour arriver à l’heure. Pour moi, être à l’heure est une obsession. Je suis capable de prendre des risques inouïs pour ne pas être en retard. J’ai suggéré à mon opérateur Jacques Lefrançois, l’idée d’un plan-séquence, la caméra accompagnant un type qui a rendez-vous à Montmartre avec une fille. Comme il est à la bourre, il traverse Paris à toute allure, en grillant les stops et les feux rouges. »

Parcours du véhicule sur la carte de Paris

 

 

 

 

 

 

 

Le Mashup du film reprend ce principe, en mixant le film et une carte disponible sur Google Maps (malheureusement le film n’est plus disponible en ligne), on pouvait visualiser en temps réel le film et la position précise de la voiture à chaque instant. Ce qui n’était pas sans rappeler tout à la fois les jeux vidéos de courses automobiles et les films anciens auquel rend hommage un plan comme celui d’Indiana Jones où par une animation on peut visualiser le parcours de l’avion matérialisé par un trait rouge qui se déplace sur une carte.

C'était un rendez-vous, de Diederick Overbeke sur Street View

 

 

 

 

 

 

À voir également l’animation réalisée sur Streetview par le photographe Diederick Overbeke à partir de 1500 captures d’écran qui a reçu le Photo Academy Award dans la categorie multimédia en 2011.

C'était un rendez-vous, de Diederick Overbeke sur Street View

 

 

 

 

 

 

Un ouvrage a été édité autour de ce travail, publié par Suzan Geldhoff & Karin Krijgsman.



La dernière image de son parcours qui se termine à Montmartre, est située juste devant la Basilique du Sacré-Choeur. La même image qu’une étudiante de mon atelier sur Google Street View à Sciences Po a trouvé en ligne ce matin.

Baiser du Sacré-Choeur sur Google Street View

 

 

 

 

 

 

 

 

2 commentaires
  • C’était aussi le début d’un autre 11 octobre 2012 15:20, par PCH

    C’est d’ailleurs ce plan séquence qui est utilisé pour le début du film qui marque le « jubilé » du cinéaste, j’en avais pris une photo lorsque je l’ai vu, ce film (je crois que le titre est « d’un film à l’autre ») au cinéma des cinéastes, l’année dernière : http://www.pendantleweekend.net/201... « sans trucage ni accéléré » je n’en mettrais pas ma main à couper (mais s’il le dit... ce qu’il y a de sûr, c’est que c’est du cinéma, en tout cas...)

    Voir en ligne : http://pendantleweekend.net

    • C’était aussi le début d’un autre 12 octobre 2012 10:27, par Pierre Ménard


      « Sans trucage ni accéléré » c’est pour impressionner et d’ailleurs ça dessert un peu le film je trouve, lui donnant un petit côté publicitaire « sans colorant ni conservateur » qu’on retrouve dans certains films de Claude Lelouch. Et puis, bien sûr que c’est truqué, il suffit d’écouter la bande son, le moteur qu’on entend n’est pas celui de la voiture qu’on voit rouler !...

      Voir en ligne : Liminaire

C’était un rendez-vous
Publié le 10 octobre 2012
- Dans la rubrique AU LIEU DE SE SOUVENIR
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