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Séance 165

Proposition d’écriture :

Écrire un texte composé de propositions philosophiques qui fait abstraction des substantifs en privilégiant, de façon exclusive, les modes impersonnels du verbe (infinitif, mais aussi gérondif et participes). Tenter l’expérience de la déconjugaison par laquelle le verbe, laissé intact, se déclinerait exclusivement à l’infinif.

Croire devoir penser, Emmanuel Fournier, Éditions de l’Éclat, Collection Premiers secours, 1996.

Présentation du texte :

Croire devoir penser a paru en 1996. Le livre est composé de propositions philosophiques, rédigées à l’infinitif : dans une langue « déconjuguée », qui fait abstraction des substantifs en privilégiant, de façon exclusive, les modes impersonnels du verbe (infinitif, mais aussi gérondif et participes). L’un des atouts majeurs de la langue infinitive est, selon les propos de l’auteur, « de contourner les questions du sujet, de l’objet ou de l’être, qui bloquent la réflexion philosophique ; ce faisant, elle permet de réenvisager nos questions de vie d’un point de vue plus dégagé ».

« Penser sans le savoir. Marcher sans le savoir. Ni savoir comment faire pour marcher ou penser. S’étonner de manquer de savoir. » D’ordinaire, le langage répond aux interrogations par des énoncés articulés autour de verbes soumis à la conjugaison, rattachant ainsi l’homme à ses questions sans pour autant lui répondre. Emmanuel Fournier tente l’expérience de la déconjugaison, par laquelle le verbe, laissé intact, se déclinerait exclusivement à infinitif.

Extrait :

« 22. Manquer de finir de penser, faute de nommer

607. Penser pour s’être laissé taire. Penser pour avoir questionné et n’avoir pas su se faire répondre. Penser pour avoir dû cesser de questionner. Penser pour avoir dû abandonner afin de continuer de vivre.

645. Cesser de questionner faute de savoir pourquoi continuer ou faute de le pouvoir, ou pour l’avoir décidé, etc. Puis cesser de penser ainsi.

901. Recommencer à idéaliser en pensant. Et à se dispenser de penser. Au lieu d’achever de penser.

115. Échapper à s’enfermer. Sauter. Ouvrir de-ci de-là. Inachever pour laisser à recommencer. Laisser pouvoir arriver. Et recommencer par peur d’avoir réussi.

113. Préférer penser n’en avoir pas fini, pour aimer penser continuer et recommencer. Philosopher, non pour savoir comment penser, mais comme s’engager à continuer de penser.

501. Se soigner en pensant, sans croire devoir en finir, faute d’éclaircir ici sans embrouiller ailleurs.

199. Penser dessus penser, toujours en s’éloignant »

Texte intégral à lire en ligne sur le site des Éditions de l’Éclat

Croire devoir penser, Emmanuel Fournier, Éditions de l’Éclat, Collection Premiers secours, 1996.

Présentation de l’auteur :

Né en 1959 à Albi, dans le Tarn. Il vit à Paris depuis 1973. Emmanuel Fournier est philosophe. Il est notamment l’auteur de deux ouvrages publiés aux Éditions de l’Éclat : Croire devoir penser (1996), et L’Infinitif des pensées, (2000). Il est également l’auteur d’un diptyque : Dénuer Dessiner Désirer : 36 Morceaux et Mer à faire paru chez Éric Pesty Éditeur, en 2005. Parallèlement à ce travail d’écriture, inséparable de son questionnement, Emmanuel Fournier est un artiste qui utilise le dessin comme mode d’interrogation. Outre plusieurs expositions, deux livres « écrits en dessin », parus chez l’auteur à 20 exemplaires, ont précédé la publication des textes aux Éditions de l’Éclat : Sur la lecture (1989) et La même chose (1993).

Liens :

Texte intégral sur le site des Éditions de l’Éclat

Page de présentation de l’auteur sur le site de son éditeur Éric Pesty

Présentation du diptyque de Fournier sur Sitaudis

Présentation du diptyque de Fournier sur Remue.net


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