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Séance 268

Proposition d’écriture :

Écrire sur un pays en tentant de saisir ce qui peut l’être, en essayant de capter une autre vision de l’homme, en contournant l’écueil d’un regard trop occidental sans cependant le nier. Le passé sert le présent reflète ce parcours, ce détour sur quelques aspects extrême-orientaux, à travers des textes en vers ou en prose qui, avec ou sans exotisme, tentent de donner sens à un imaginaire avec ses signes et ses sonorités.

Gu Wei Jin Yong (Le passé sert le présent), Jean-Marc Baillieu, Le Bleu du ciel, 2004.

Présentation du texte :

« J’écris, j’impose un ordre (des choses) à qui me lira. »

Jean-Marc Baillieu se définit comme un chercheur en écriture, attentif à l’ensemble du processus de création tout en restant curieux du monde en ses composantes politique, économique et sociale.

« L’érudition de Jean-Marc Baillieu n’a rien à voir avec une élection, écrit Éric Houser, ni avec le pouvoir d’un professeur ou d’un sachant. C’est une arme (politique) contre la culture (dominante). »

« Déjà Wang Chong au début de notre ère remarquait (Lunheng, 38.5) que si l’homme aime regarder les portraits peints de personnages illustres du passé, il vaut peut-être mieux les approcher à travers leurs paroles et leurs actes con signés dans des textes qui en disent plus que la seule représentation picturale. »

Extraits :

« Message

Nuage

Nage

OU

contemplant le mot cuivre

en buvant du vin avec un ami (qui m’interroge) OU lavé et parfumé buvant seul sous la lune en pensant à une beauté rencontrée en chemin (air ancien) OU seul à jouir de l’épanouissement d’un fleuve au bord des fleurs OU partant à l’aube en forêt d’automne ayant quitté tôt le village comme à l’heure d’une séparation
OU ombre n’aie pas peur OU écouter les vagues au soleil de l’étang j’aime cette heure lorsque la main se souvient OU au rivage épars des objets restes du vacarme d’un ouragan OU plus proche l’un de l’autre calmement en ce lieu l’eau coule soleil se couche OU ni herbe ni brume bref est le jour qui a taché la natte ? OU voyage en montagne à l’horizon le mot OU embarcadère sous les étoiles OU printemps captif
d’une nuit sans lune OU bonne pluie de printemps rivière près d’un village épelant le mot cuivre OU écrit nocturne d’un voyageur officier-recruteur parfois OU talus de magnolias cascades de chants d’oiseaux digue aux cormorans OU (son) parfum dissimulé titillant ma narine OU chez un vieil ami OU pêchant la nuit avec un compagnon OU neige sur la rivière passe courbant l’échine un vieux pécheur.

Gu Wei Jin Yong (Le passé sert le présent), Jean-Marc Baillieu, Le Bleu du ciel, 2004, p. 21.

Présentation de l’auteur :

Jean-Marc Baillieu est né en 1955. Il vit à Dieppe (Seine-Maritime). Poète, essayiste, critique, il publie régulièrement en revue. Il a notamment publié : Poudre de riz sonore et Gu Wei Jin Yong aux éditions Le Bleu du ciel en 2001 et 2004. L’éparpillement des sites. (éd. Spectres Familiers, 2000). Ma résille (éd. CIPM/Spectres Familiers) et Arras (éd. Contre-Pied, 1999). D’autres recueils ont paru résultant parfois d’un travail en collaboration (plasticiens, musicien, danseuses).

Liens :

Fiche de présentation de Jean-Marc Baillieu sur le site du cipM

Bibliographie sur le site Poézibao de Florence Trocmé

Présentation de Jean-Marc Baillieu sur le site du Printemps des poètes


LIMINAIRE le 25/06/2019 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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