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Séance 64

Proposition d’écriture :

Décrire un lieu anodin, une scène banale, les silences de ces lieux ou de ces moments qu’on a tendance à ne plus voir, à l’aide de notations très précises et en même temps distantes, de touches tour à tour enjouées ou mélancoliques, avec une attention pudique pour ce que l’on évoque.

Pris dans les choses (1985-2002), Gérard Noiret, Obsidiane, collection "Les solitudes", 2003.

Présentation du texte :

Gérard Noiret écrit tous les jours dans des carnets. Tous les deux ou trois ans, il relit ses carnets. Il rature. Il souligne, il extrait ce qui a surgi dans ses notes. La lecture de ses relectures est déterminante pour lui. Ce recueil "Pris dans les choses" revient sur plus de dix-sept ans d’une quête obstinée dans ces poèmes arrachés au quotidien. Les poèmes de "Pris dans les choses" ont tous été publiés en revue et confrontés à la scène avant d’être imprimés en livre.

Gérard Noiret regarde le monde, témoin attentif qui ne cherche pas à le transfigurer mais à en restituer l’essence, dans une confrontation entre le poids du quotidien et les aspirations de tout individu. "Développés soit à partir d’une sensation signifiante, écrit-il, soit en fonction de surgissements, stabilisés au bout d’une rumination et de reprises constantes, ces objets de langage manifestent une obstination transversale au projet de fresque."

Extraits :

D’UNE CANTATE On prend le ticket, les pneus crissent La hauteur du plafond interroge On se demande à quoi pouvait Servir Bach Avant L’invention des parkings souterrains

Pris dans les choses (1985-2002), Gérard Noiret, Obsidiane, collection "Les solitudes", 2003, p.12.

FRANKENSTEIN

La soixantaine passée, on les croise

promenant leur gentil bâtard

un chien blanc et noir qu’ils appareillent

avec des roues de poussette.

A les voir soucieux, on imagine

le maître au secret de l’appentis,

perfectionnant des heures la prothèse,

répondant par monosyllabes,

insensible à l’ampoule qui exagère

l’ombre des plants de tomate.

Pris dans les choses (1985-2002), Gérard Noiret, Obsidiane, collection "Les solitudes", 2003, p.61.

Présentation de l’auteur :

Né en 1948, il vit et travaille en banlieue parisienne. Il a publié : Le Pain aux alouettes, Temps actuels, 1982 ; Chatila, Actes Sud, 1986 - Le Commun des mortels, Actes Sud, 1990 - Chroniques d’inquiétude, Actes Sud, 1994 - Toutes voix confondues, Maurice Nadeau, 1998 - Polyptique de la dame à la glycine, Actes Sud, 2000.

Liens :

Critique de Marc Blanchet parue dans "Le Matricule des anges"

Un extrait du livre de Gérard Noiret


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