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LIMINAIRE
Séance 253



Proposition d’écriture :

Tension vers la poésie, s’enfoncer dans le paysage, avec des textes courts, passerelles entre peinture et promenade. Sensations sur les saisons, le temps qui passe, le travail des jours et des nuits, la marche dans la campagne, la création, la pensée. Écrire ensuite une lettre pour un ami et lui raconter ce que l’on vient de vivre, ces heures creuses.

Les heures creuses, Véronique Gentil, Pierre Mainard, 2007.

Présentation du texte :

« La nuit tombe, les noirs sont bleus. Ils convient l’œil appliqué ; toutes sortes de formes-qu’elles soient pierre, arbre ou chien.

Par-dessus la terre bleue des champs chauves, des ailes claquent entre les branches, un corbeau seul s’en va. Son cri creuse l’espace d’un sillon sonore. S’enfoncer dans l’obscurité donne plutôt que marcher l’impression d’une nage. »

Ces phrases descriptives presque contemplatives sont tirées des Heures creuses de Véronique Gentil publiées chez Pierre Maynard éditeur.

« Véronique Gentil, écrit Dominique Aussenac, peintre, nous entraîne sur ses terres de la Vienne, traversées par la Charente. Les paysages se fondent en un mystérieux précipité, victimes d’un étrange et sensuel corps à corps. L’œil les réduit, la main les apaise, le pied les distend. Quelque chose de métabolique s’opère, d’atemporel. " Dans mes heures creuses les choses se font et se défont. Elles ne sont pas un vide à remplir, elles sont au contraire pleines d’une substance à démêler, à me rendre mobile. »

Extraits :

« Le jour commence et je m’éveille, encore détachée de l’énervement et du combat des hommes. indifférente à la réflexion qui sépare de tout. J’écoute les rumeurs discrètes des oiseaux assourdies par les volets fermés. certains matins d’hiver, tous les bruits sont pâles dans l’air humide. ma chienne s’ébroue chaque jour à la même heure, mais ignore la durée.

Le réveil est une opposition entre une reconnaissance immédiate et un état d’incertitude. c’est pourquoi certains matins me contrarient.

Un souvenir unique et obsédant étouffe mon cœur. »

« Quand le rêve ne vient même plus en renfort et qu’il reste une terre vide et asséchée et aride il faut quand même dire oui (accorder une valeur à la vie n’est peut-être rien d’autre qu’un instinct). C’est sur cette terre-là que je vis et à cette terre-là que je puise.

Dans mes heures creuses les choses se font et se défont. Elles ne sont pas un vide à remplir d’une substance à démêler, à me rendre mobile. »

Les heures creuses, Véronique Gentil, Pierre Mainard, 2007.

Présentation de l’auteur :

Véronique Gentil a publiée son premier texte chez Pierre Maynard éditeur. Elle est peintre, écrivain, poète. Sa première exposition a eu lieu à la Galerie des Tanneries à Nérac, en juillet 2008.

Liens :

Article paru dans le Matricule des Anges

Présentation d’une exposition de Véronique Gentil dans le journal La Dépêche

Lecture de la page 48 du livre par Pierre Ménard sur le site de lectures versatiles

Véronique Gentil : Les heures creuses
Publié le 5 septembre 2008
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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