| Accueil
LIMINAIRE


Proposition d’écriture :

Quelque chose s’est passé, infime, un tremblement. Écrire de très courts poèmes, comme une archéologie de ce qui a été. Une forme d’arrêt à l’origine de la venue des mots. L’infinitif d’un verbe est une action sur place, sans dégagement a priori : action retenue, un minéral, un os dans sa concentration de gestes.

Abîmer de jour, Stéphanie Ferrat, La Lettre Volée, 2007.

Présentation du texte :

Abîmer de jour est chargé de toute l’essence du recueil, comme si notre vie consistait à marquer, à inciser le mouvement même de la vie. Stéphanie Ferrat travaille une langue courte, sèche, qui vient affirmer le poids, l’inertie du réel qui avance, à la cadence de notre propre pas. L’auteur, dans ce recueil, ouvre un espace poétique inédit, dans sa manière de clouer en début de poème (et au centre même de celui-ci) des verbes à l’infinitif. Comme si elle posait, par ces verbes non conjugués, l’action dans le définitif, réduite au corps restant. L’infinitif d’un verbe est une action sur place, sans dégagement a priori : action retenue, un minéral, un os dans sa concentration de gestes. Et c’est bien d’ossements dont il est question ici, de vie, de mort, de cette attitude face au monde qui n’en finit pas de surprendre ; et dont on ne cesse de chercher le sens. Une forme d’arrêt semble être à l’origine de la venue des mots. Quelque chose s’est passé, infime, un tremblement. Les poèmes, comme une archéologie de ce qui a été. Présence du corps donné ; non par débris, mais par morceaux ; renvoyant à une forme d’unité impossible, celle du corps, celle du poème, de l’écriture.

Extraits :

« bander

ombre

sous les chênes éblouis

ne plus parcourir la fatigue

attachée à ses courbes

*

trembler

de rien

incertaine

fil détaché

musique retirée

déjà

les plaintes

existaient

*

décider

du bout

lit

oiseau

sentier de nuit

*

ne pas savoir

de moi

du jour

le plus trouble

*

toucher

si ce n’est

aller au bout

demander

de quel feu

de quels regrets

*

calmer

voix fortes des chambres

murs de papiers

peu de choses pourtant »

Abîmer de jour, Stéphanie Ferrat, La Lettre Volée, 2007.

Auteur :

Stéphanie Ferrat, née en 1972, s’occupe avec Cécile Gambini d’une petite maison d’édition, Pavupapri, qui publie des livres objets. Par ailleurs, elle anime avec Jean-Pierre Sintive (fondateur des éditions Unes) la galerie Remarque, à Trans-en-Provence, qui expose Dado, Jean Degottex, Daniel Nadaud, Jan Voss, etc. Elle publie régulièrement dans des revues comme Canopée, N4728, Le Nouveau Recueil, L’Animal. Plasticienne, elle a accompagné avec des encres un livre de Jean-Pierre Sintive, Entrer (1998). Plusieurs ouvrages : Viande, Arci-lab, 2001. Jours d’apohyses, Pré carré, 2002. Long sur elle, avec des images de Eni Lindenbaur, Propos 2, 2002. Couvrir la bouche, Le Dé bleu, 2004. Corps seulement, Remarque, 2005. Abîmer de jour, La Lettre volée, 2007. Les Mains prononcées, L’Arbre à paroles, 2009. Caisson, La Lettre volée, 2009, chronique de Ludovic Degroote. Réceptacle, Fissile, 2009. Elle a aussi réalisé une trentaine de livres à tirages limités imprimés en typographie ou manuscrits accompagnés d’œuvres originales.

Liens :

Présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur La Lettre Volée

Pavupapri, maison d’édition de livres-objets, dirigée par Stéphanie Ferrat et Cécile Gambini

Critique de l’ouvrage Caisson par Ludovic Degroote sur le site de Poezibao

Extrait de Réceptacle de Stéphanie Ferrat paru aux éditions Fissile

Poemes de Stephanie Ferrat

2 commentaires
Stéphanie Ferrat : Abîmer de jour
Publié le 10 avril 2010
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Temps Mémoire Ateliers d’écriture Langage Fragment Traces






© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter