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LIMINAIRE
Séance 213



Proposition d’écriture :

Prononcer ou écrire un éloge est un exercice noble, même s’il est parfois académique. On se place d’emblée dans une heureuse posture d’approbation. S’y promener dans un univers « aux contours incertains, mais que la gaieté continûment inspire ». La douceur est légèreté et élégance : « La douceur suppose toujours une affirmation, une joie. »

Petit éloge de la douceur, Stéphane Audeguy, Gallimard, Collection "Folio2E", 2007.

Présentation du texte :

Sous forme d’un abécédaire, l’auteur évoque les sucreries, les caresses, mais aussi le penalty de Panenka, le cinéma pornographique ou la chanson française.

« J’entends déjà ricaner les cyniques, les habiles, les réalistes, tous les petits malins à qui on ne la fait pas, et qui vont dire : la douceur, combien de divisions ? S’il faut défendre la douceur, c’est contre ces faibles-là, parce qu’ils sont les plus nombreux, et partant les plus forts. Mais comment la défendrons-nous ? On n’imagine pas un Manifeste, ni même un Traité de la douceur : trop de bruit, trop de gestes. L’éloge ici convient, qui fera un livre aux contours incertains, mais que la gaieté continûment inspire ; je ne sache pas qu’elle exclue la fermeté, ou la force. »

Extrait :

« mineur

Je me souviens vaguement de Gilles Deleuze disant un jour quelque part que la majorité, c’est ce qui exclut tout le monde. Je pourrais vérifier, c’est dans son Abécédaire peut-être ; mais j’ai la flemme ; s’il ne l’a pas dit, il aurait pu ; et cela me suffit.

nuages

Les nuages sont impensables. Incommensurables. On peut raisonnablement estimer qu’il ne s’en est pas trouvé deux pour être identiques depuis la formation de l’atmosphère terrestre. En ce sens, ils sont une parfaite image du monde.

poésie

N’importe quel individu qui, chaque jour de sa vie, consacrerait ne serait-ce que vingt minutes à lire de la poésie, c’est-à-dire à la pratiquer, s’en trouverait profondément changé, et libéré. D’où l’intérêt de notre société à détourner qui que ce soit de cette activité.

préludes

La beauté du prélude, chez les plus grands auteurs (Fauré, Debussy), est que justement il ne prélude à rien, se suffit à lui-même : c’est une forme brève, qui ne s’impose pas à l’oreille, mais propose ses finesses, ses hésitations, ses nuances, inépuisablement. Comme le nocturne le prélude est essai, expérience, jeu intellectuel et sensible. »

Petit éloge de la douceur, Stéphane Audeguy, Gallimard, Collection "Folio2E", 2007.

Présentation de l’auteur :

Enseignant l’histoire du cinéma et des des arts, Stéphane Audeguy se lance en 2005 dans l’écriture avec un premier ouvrage, La Théorie des nuages suivi de ’Fils unique’, consacré à Jean-Jacques Rousseau, pour lequel il remporte le prix des Deux Magots en 2007 et de Petit éloge de la douceur publié par Gallimard.

Liens :

Article sur le livre paru sur le blog Lignes de fuite

Article sur le livre paru sur le site Non Fiction

Stéphane Audeguy : Petit éloge de la douceur
Publié le 30 novembre 2007
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Ateliers d’écriture Langage Rire Bonheur Sensation






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