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LIMINAIRE
Séance 143



Proposition d’écriture :

On prononce assez rarement les noms scientifiques des plantes, les laissant ainsi dans une distance qui les sépare des langues parlées couramment et les maintiennent dans une irréductible altérité. Ecrire un poème sur le thème du jardin, en réfléchissant à l’impact de ces noms qui peuvent constituer une « sortie » du poème en y insérant la voix de l’autre, pour aborder dans le même geste la question de la « fin du poème ».

Héliotropes, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2005.

Présentation du texte :

Le muwashshah, connu en Occident sous la dénomination de « poésie strophique », constitue une innovation littéraire de l’occident musulman médiéval. Il a opéré à cette époque une rupture avec la poésie arabe classique. Le muwashshah innove en passant outre les limites de la composition poétique basée sur le décompte syllabique. En effet, le muwashshah déborde le cadre strictement formel de l’unicité du mètre et de la rime, pour toucher l’expression par la légèreté du ton dans une langue vernaculaire et parfois même, l’emploi de mots empruntés à la langue de la population indigène, le roman, dans les kharja, une sorte d’envoi, c’est-à-dire, les vers finaux des poèmes. Et c’est également la question que pose l’œuvre de Ryoko Sekiguchi. Comment sortir d’un poème ? Comment un poème peut-il parvenir à sa fin ? Cette « sortie » du poème est dans le cas présent résolue par l’insertion de la voix d’un autre, d’une voix autre, pour aborder dans le même geste la question de la « fin du poème ». Le thème du jardin déploie une réflexion sur les noms scientifiques des plantes.

« Et écrire un poème, selon Ryoko Sekiguchi, n’est-ce pas une tentative de réfléchir quelle vie ou quel corps convient à tel mot, sans se contenter de donner une vie préfabriquée d’avance aux autres mots, et de trouver coûte que coûte, une forme qui ouvre à chaque fois la possibilité d’une vie nouvelle ? »

Extrait :

« Il s’agissait d’une mesure prise dans le but d’apaiser si peu que ce fût ce qui allait déborder et se déverser, et cependant, tout le monde savait que rien ne pourrait empêcher ce déferlement. A une saison qui ne néglige pas de quartiers qui tour à tour se teignent en vert, était distribué à chacun le morceau de papier jaune clair sur lequel se détachaient les mots Jardim botânico ou Jardim tropical, les oiseaux ne lisent pas, sa porte de derrière ouverte rejoignait directement un autre jardin botanique. »

Héliotropes, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2005.

Présentation de l’auteur :

Née en 1970 à Tokyo. Elle publie en japonais depuis 1988, et vit à Paris depuis 1997. Elle est traduite en français depuis 1999, et écrit en français depuis 2003. Ryoko Sekiguchi a publié Calque (P.O.L, 2001), Cassiopée Pecca (CIPM, 2001), Héliotropes (P.O.L, 2005), Deux marchés, de nouveau (P.O.L, 2005). A paraître en 2006 : Série Grenade (Al Dante/Comptoirs de la nouvelle B.S).

Liens :

Présentation du livre par Pierre Le Pilloüer sur Sitaudis

Présentation du livre sur le site de POL son éditeur

Traduire les noms propres, un texte Ryoko Sekiguchi sur le site de la revue Vacarme

Fiche de présentation de Ryoko Sekiguchi sur le site du cipM

Ryoko Sekiguchi : Héliotropes
Publié le 28 juillet 2006
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Ateliers d’écriture Langage Frontière Passage Poésie Paysage






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