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Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris : la ville à l’écoute #5 & #6


Une série de douze ateliers d’écriture durant le deuxième semestre des étudiants en première année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’une pièce sonore sous la forme d’un récit urbain (entre audioguide, audiolivre et dérive urbaine situationniste).

Les objectifs pédagogiques et les contenus des ateliers artistiques sont définis en adéquation avec le projet éducatif de Sciences Po : développer l’imagination créative, le sens de l’observation, l’analyse critique, la capacité à s’exprimer en public et à argumenter ; l’aptitude à la prise de responsabilités et à l’autonomie, la faculté à susciter une pensée originale et décentrée et le sens du collectif.

Chantier rue Eugène Varlin, Paris 10, février 2013

 

 

 

 

 

 

 

Ces enseignements invitent les élèves à s’interroger sur les arts en tant que moyens d’étude, d’approfondissement et de représentation des enjeux contemporains. Ils cherchent, en outre, à stimuler la sensibilité, les facultés de communication et l’acuité intellectuelle de nos étudiants, lesquels sont encouragés à libérer leur imaginaire, à explorer leurs capacités d’expression écrites, orales, sensorielles, corporelles, la connaissance d’eux-mêmes et de l’autre.

Le but de cet atelier est de sensibiliser les élèves à l’écriture créative et de les amener progressivement de la sensibilisation vers la création d’un texte dans sa dimension sonore. Pour cela, ils découvriront un ensemble d’auteurs contemporains utilisant le son dans leur écriture ou la diffusion de leurs textes, et ils apprendront également à créer, enregistrer et manipuler des sons, bruits de la ville ou lectures de textes écrits en cours, à élaborer le scénario d’une pièce sonore collective sous la forme d’un récit urbain (entre audioguide et dérive urbaine situationniste).

Chantier rue Eugène Varlin, Paris 10, février 2013

 

 

 

 

 

 

 

« Aux commencements – il faudrait nommer le lieu pour faire exister le temps, pour que le temps lui-même puisse se produire : le lieu se faire, et le commencement, commencer enfin. Sur la place, personne encore. Est-ce même une place. Sur la place, rien que de la lumière ; on ne la voit pas, il y a trop de lumière. Rien n’existe là que le moment avant le lieu, quand on s’avance sur cette place encore chaude après l’été, déserte évidemment puisque tout a passé. Moi, je me tiens, là, je me tiendrai là, encore, dans la terreur la plus muette lorsqu’il faut avancer dans un lieu qui n’a pas d’autre nom que la place qu’il occupe. Je m’avance. Il faut malgré tout avancer, comme on avance un mot après l’autre espérant qu’au hasard un mot parmi les autres saura mieux que tous, trouver le nom du lieu : dans la terreur de ce hasard, j’avance aussi. Les hasards se multiplient à chaque mot, et la terreur. Le lieu ne change pas de place. Il se tient sous le pas qui le prononce, à mesure. Tout cela est avant, je me dis : tout cela se passe avant, oui. Je m’avance alors. »

Arnaud Maïsetti [1]

Après avoir écrits des textes aux formes variées, à partir de différentes consignes d’écriture sur le thème de la ville avec les étudiants, nous allons commencer la phase d’écriture collective à partir des textes produits en ateliers, dans les deux prochaines séances.

Dans un premier temps (séance du 18/02/13) nous allons travailler sur une proposition d’écriture en temps réel sur le même support (via Google Drive), à partir du précédent atelier consacré à l’écriture de textes détournant la forme de l’audioguide. Les élèves vont devoir écrire un texte mélangeant les deux premiers ateliers (parcours dans la ville raconté à la deuxième personne du singulier à partir des livres Un homme qui dort de Georges Perec et Zones ignorées de Virginie Gautier) en essayant de former le texte le plus homogène possible.

Dans un second temps (séance du 25/02/13), nous allons retravailler l’ensemble des textes écrits depuis le début de l’atelier, en y insérant ponctuellement les autres fragments de textes écrits lors des ateliers, afin de rédiger collectivement le texte de notre audioguide dont nous enregistrerons la lecture pendant les vacances.

Chantier rue Eugène Varlin, Paris 10, février 2013

 

 

 

 

 

 

 

Entre les séances d’écriture, les étudiants travaillent sur la création de capsules miniatures réalisées à partir d’une sélection de documents sonores issus de la collection de l’Encyclopédie de la parole, sur le mode plaisant de la dérive et de l’association d’idées, pour former une promenade en zig-zag à travers ses différentes entrées.

Voici la première capsule créée par Camille Neyton :



Proposition d’écriture :

À partir d’un texte préexistant, dans lequel on a sélectionné un ensemble de mots, de phrases, de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier, dans une approche issue d’une démarche heuristique qu’on appelle sérendipité, faire affleurer des histoires en filigrane, morceaux d’un roman, récits à demi-mot, microfictions, nouvelles en devenir. Une succession d’instantanés qui scintillent, en vrac. Composer le travail d’une réparation unifiante, inventer des liaisons nouvelles, entre ces mots choisis dans ce corpus dont on s’est imposé le rythme de prises et l’ampleur du tamis. Les tableaux fissurés se refont ailleurs. Et les scènes enfuies le sont dans le mouvement qui les tisse.

Le spectre des armatures, Pierre Ménard, Le Quartanier, 2007.

Le spectre des armatures est un défaut d’aspect de la peau d’un béton dû à la présence d’armatures trop proches de la surface, ou à leur mise en vibration. Ce phénomène se traduit par le dessin visible des armatures sous le béton. Dans l’évidence et le vif de l’éclat ou de l’épars, Le spectre des armatures est le travail d’une réparation unifiante, de liaisons nouvelles. Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution. Des fragments mobiles, une armature apparaît. Toute une série de signes, d’allusions disparates. Des histoires affleurent, filigranées, morceaux d’un roman, récits à demi-mot, microfictions, nouvelles en devenir. Une succession d’instantanés scintillent, en vrac. Les tableaux fissurés se refont ailleurs. Et les scènes enfuies le sont dans le mouvement qui les tisse.


[1] Arnaud Maïsetti, affronter #1 | prémices



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